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La Main de Leïla, l’amour sur fond de tensions et de tabous sociaux



PAPEETE, le 6 novembre 2018 - La Compagnie du Caméléon propose La Main de Leïla. Une histoire de l’histoire qui fait écho aux quatre coins du monde. La pièce de théâtre, aux allures de séance cinématographique, raconte une histoire d’amour sur fond d’interdits sociaux et de répression sociale.

La pièce de théâtre La Main de Leïla se déroule en Algérie. Mais sa portée est universelle. Elle raconte l’histoire d’amour de Samir et Leïla. "Pour avoir joué dans de nombreux endroits, à Paris mais aussi au Maroc par exemple, on se rend compte que tous les spectateurs sont touchés, quelle que soit leur origine", assure Azize Kabouche, acteur de la pièce.

"Aïda et Kamel, acteurs mais également auteurs, parlent d’amour, ils analysent la société algérienne, abordent des sujets sociaux de manière à ce que chacun s’y retrouve. C’est le petit miracle de cette pièce", constate-t-il.

Un spectacle accessible

Pour Guillaume Gay de la Compagnie du Caméléon, "c’est un voyage. La justesse et le réalisme de l’interprétation font qu’on est complètement plongé dedans". Il ajoute avoir fait venir ce spectacle pour le fond, "très nourrissant", et pour la forme. "Très exigent artistiquement, il reste accessible, populaire dans le bon sens du terme. Il rassemble tout le monde d’un point de vue culturel et générationnel."

La Main de Leïla commence en 1987, à Sidi Fares, un petit village proche d’Alger. Dans un garage secrètement transformé en salle de spectacle, Samir (Kamel Isker), rejoue secrètement les plus grands baisers du cinéma que l’État censure.

Il a baptisé son espace le Haram Cinéma. En arabe, le terme harām ayant deux sens possibles : illégal, illicite, interdit ou sacré. Samir a fixé deux règles dans son espace, d’une part son identité doit rester secrète et d’autre part les femmes ne peuvent y entrer.

Mais un jour, Leïla (Aïda Asgharzadeh), fille d’un colonel, "strict, bien établi, plutôt riche", se rend au Haram Cinéma où elle découvre la mythique histoire de Casablanca. "Elle a son petit caractère et ses petites interrogations", précise Aïda Asgharzadeh.

Un an plus tard, Samir et Leïla s’aiment d’un amour inconditionnel. Mais leur histoire est interdite. Ils se retrouvent sur la terrasse de Leïla, la nuit quand tout le monde dort rêvant d’un avenir commun tandis que tout autour d’eux la colère monte. Les Algériens s’apprêtent à descendre dans la rue.

Des manifestations réprimées

"En octobre 1988, de grandes manifestations ont eu lieu en Algérie", précise Kamel Isker, lui-même d’origine algérienne. "Les gens, tout âge confondu, ont protesté contre la pénurie alimentaire, le partie unique, le chômage..." Ils ont aussi, sans doute, essayé de faire exploser les carcans d’une société codifiée à l’extrême. Pour répondre à la colère des citoyens, l’armée est intervenue, avec violence. C’était il y a tout juste trente ans. Mais les peines restent vives, au point que les Algériens n’aient pas eu "leur printemps arabe" au début des années 2010.

Aïda Asgharzadeh, d’origine iranienne, rapporte : "En Iran non plus il n’y a pas eu de mouvement à l’époque du Printemps arabe. Ce pays, comme l’Algérie, a connu de violentes représailles après un premier mouvement populaire il y a quelques années. Avec Kamel nous voulions écrire une pièce ensemble et cette situation nous a inspiré."

La Main de Leïla est finalement née en 2016. "Nous l’avons présentée à Avignon." Depuis, la pièce voyage. Elle a été présentée 180 fois. "C’est une pièce qui, malgré certains passages difficiles, reste solaire, poétique. Elle est cinématographique aussi", résume Aïda Asgharzadeh.

Tout est très visuel dans La Main de Leïla. "On passe d’un lieu à l’autre très rapidement, il y a de très nombreux personnages. Azize par exemple en interprète sept à lui tout seul. On a aussi des flashs back, une voix off. Et puis, il y a ce parallèle avec le film Casablanca." Kamel Isker glisse au passage que son personnage, Samir, "est le fils d’un projectionniste qui a gardé les bobines des films non censurés".

La pièce qui, pour Guillaume Gay, est "un tourbillon joyeux", ne manquera pas de résonner en Polynésie. Car, même si le Pays n’a pas la même histoire que l’Algérie, il partage toutefois des éléments du passé dans sa relation avec la France.


Pratique

La Main de Leïla, nominé aux Molières 2018 en catégorie meilleur auteur et révélation féminine.
Du 9 au 25 novembre, les vendredi et samedi à 19h30, dimanche à 17 heures au Petit théâtre de la Maison de la culture.
Tarif : à partir de 2 500 Fcfp, en vente dans les Carrefour (Arue, Faa’a, Punaauia), Radio 1 et en ligne .
Pass famille à 10 000 Fcfp

La Main de Leïla d'Aïda Asgharzadeh et Kamel Isker. Mise en scène Régis Vallée.
  • La Main de Leïla d'Aïda Asgharzadeh et Kamel Isker. Mise en scène Régis Vallée.
  • La Main de Leïla d'Aïda Asgharzadeh et Kamel Isker. Mise en scène Régis Vallée.
  • La Main de Leïla d'Aïda Asgharzadeh et Kamel Isker. Mise en scène Régis Vallée.

Contact

Facebook : la Compagnie du Caméléon Tahiti
Mail : www.cameleon.pf
Tél. : 87 31 40 40



Rédigé par Delphine Barrais le Mardi 6 Novembre 2018 à 13:20 | Lu 588 fois






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