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L'opposition veut sa consultation à Temae


Christiane Kelley et Maire Bopp Du Pont.
Christiane Kelley et Maire Bopp Du Pont.
Tahiti, le 29 septembre 2022 - Quatre élus de l'île soeur et la fédération Tahei ia Moorea dénoncent le mutisme du tāvana Evans Haumani, qui refuse de mettre en place la consultation citoyenne prévue par le Code général des collectivités territoriales pour l'avenir de la plage Tooatea à Temae.

Quatre élus de la minorité de Moorea-Maiao – Christiane Kelley, Maire Bopp Du Pont, Julien Tuariihionoa, Jean Tehuritua – et le président de la fédération Tahei ia Moorea, Rahiti Buchin, accompagnés de quelques-uns des membres son organisation ont organisé une conférence de presse mercredi après-midi à la gare maritime de Papeete. L'objectif était de dénoncer le silence du maire de l'île sœur, Evans Haumani, face à leur demande d'organisation d'une “consultation citoyenne” sur l'avenir de la plage de Tooatea à Temae. Une procédure pourtant prévue par l'article L1112-16 du CGCT lorsque les demandeurs obtiennent la signature en ce sens d'un cinquième des électeurs de la commune. Une formalité effectuée, mais un sujet que le tāvana Evans Haumani refuse toujours d'inscrire à l'ordre du jour du conseil municipal.

“Nous souhaitons que cette plage de Tooatea reste publique’”, insistent les demandeurs qui affirment ne pas être dupes des intentions du maire. “Il ne veut pas sauvegarder cette emprise pour "X" raisons, nous le comprenons au travers de ses réponses évasives”, affirme Christiane Kelley. Pour les pétitionnaires, cette consultation citoyenne serait pourtant “une démarche neutre et objective”. Christiane Kelley le rappelle d'ailleurs, cette procédure n'est que consultative et la décision finale revient au tāvana et à son conseil municipal.

Le PGA inquiète

La révision, dans quelques semaines, du Plan général d'aménagement (PGA) est également une inquiétude pour ces derniers. Effectivement le PGA de 2013 précise que 32 479 mètres carré ont été définis comme “emplacements réservés aux installations d'intérêt général, jardins publics, dont le bénéficiaire est la commune de Moorea-Maiao”. Les élus et la fédération sont inquiets. Et ils s'interrogent déjà sur la position que prendra le maire Evans Haumani. “Depuis un an, nous l'interpellons sur l'avenir de cette emprise communale (…). Nous espérons qu'il ne va pas lever cette emprise.” Et là encore, les réponses “très évasives” du tāvana de l'île sœur ne sont pas de bon augure estiment les élus de la minorité.

L'élue Christiane Kelley regrette que les anciens dirigeants de la commune ne se soient pas positionnés sur ces sujets pour “préserver ce domaine” par manque d'argent. Aujourd'hui, le prix du foncier est devenu totalement inaccessible pour la puissance publique communale… Elle rappelle en effet qu'en 2017, les trois hectares de la plage de Tooatea avaient été évalues à 657 millions de Fcfp, soit 20 000 Fcfp le mètre carré. Et qu'en 2016, une société immobilière de la place avait mis en vente les 54 hectares du domaine Enany à Temae à près de 4,5 milliards de Fcfp.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Jeudi 29 Septembre 2022 à 08:59 | Lu 920 fois