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L'infirmière qui avait importé 3,5 kilos d'ice condamnée à sept ans ferme


Tahiti, le 19 août 2025 - Une infirmière âgée de 54 ans poursuivie pour avoir importé 3,5 kilos d'ice a été condamnée mardi par le tribunal correctionnel à sept ans de prison ferme. Ses quatre autre coprévenus, qui avaient revendu la drogue, ont quant à eux écopé de peines comprises entre trois et quatre ans de prison ferme, toutes assorties d'un mandat de dépôt.

 
Ice, mensonges et vieilles dentelles.” C'est par ces mots que le procureur de la République a qualifié, mardi, l'affaire de trafic de méthamphétamines jugée devant le tribunal correctionnel. Cinq prévenus, dont une infirmière et une ancienne aide-soignante, étaient en effet poursuivis pour avoir, chacun à leur niveau, participé à un trafic d'ice ayant permis l'importation, puis la revente sur le territoire, de 3,5 kilos d'ice.

 
L'affaire, déjà médiatisée à l'époque, avait débuté en octobre 2019 lorsque les douanes avaient saisi un colis contenant 2,7 kilos d'ice dissimulés dans des boîtes de lait pour bébé. Une infirmière de 54 ans, qui s'était fait envoyer le colis lors d'un voyage aux États-Unis, avait alors été interpellée. Les investigations avaient permis d'établir que l'intéressée, jusque-là inconnue de la justice, avait effectué trois voyages en Californie. Outre les 2,7 kilos interceptés par les douanes, elle avait également réussi à ramener 800 grammes d'ice simplement disposés dans sa valise.

 
Dans le cadre de l'enquête, les gendarmes avaient par ailleurs identifié plusieurs personnes comme ayant revendu la drogue à Tahiti, dont une ancienne aide-soignante qui avait confié cette tâche à ses deux fils, ainsi que trois autres hommes. Chez l'un d'entre eux, déjà condamné pour avoir importé de l'ice dans des pièces automobiles, les enquêteurs avaient saisi pas moins de 13 millions de francs en numéraire.

 
Aversion pour la drogue”

 
Six ans après les faits, le procès de ces cinq prévenus s'est donc ouvert mardi devant le tribunal correctionnel. L'infirmière – placée sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette affaire après avoir effectué 32 mois de détention provisoire –, comparaissait détenue puisqu'elle a, depuis, de nouveau été impliquée dans une affaire de trafic d'ice faisant actuellement l'objet d'une information judiciaire.

 
À la barre, la quinquagénaire a invoqué une période de “burn out” en niant parfois des faits qu'elle avait pourtant reconnus par le passé. Rappelant qu'elle avait changé de version à plusieurs reprises, le président du tribunal s'est étonné que quelqu'un “qui clame son aversion pour la drogue” se retrouve dans une telle situation, ajoutant que “venant d'une infirmière, nous sommes tous surpris”.

 
Avant d'aborder le fond de l'affaire, le procureur de la République a concédé lors de ses réquisitions que les faits étaient relativement anciens, car “même si ce n'est pas satisfaisant, c'est la réalité de ce dossier”, et que plus les faits sont anciens, “plus la peine perd de son sens”. Il a ensuite évoqué le cas de l'infirmière qui, “même si elle tente de botter en touche et de minimiser sa responsabilité”, était “à l'origine de ce trafic”. Sept ans de prison ferme ont été requis contre la quinquagénaire. Des peines de deux à trois ans de prison ferme ont été demandées pour les quatre autres prévenus. Le représentant du ministère public a justifié le quantum des peines requises, des peines qui “doivent être dissuasives” sans quoi, on “n'arrivera pas” à endiguer l'invasion de l'ice sur le territoire.

 
Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a condamné l'infirmière à sept ans de prison ferme et les quatre autres prévenus à des peines comprises entre trois et quatre ans de prison ferme assorties d'un mandat de dépôt. Il a également condamné l'infirmière et l'ancienne aide-soignante à payer une amende douanière de 300 millions de francs. Les prévenus ont dix jours pour faire appel de cette décision.

 


Rédigé par Garance Colbert le Mardi 19 Août 2025 à 16:46 | Lu 5924 fois