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L'hibiscus, un trésor sous-exploité dans le viseur d'une start-up locale



Tahiti, le 29 décembre 2020 - Exploiter les innombrables vertus de l'hibiscus, abondant sous nos tropiques, il fallait y penser. Vaitiare Beauvilain et Tehotu Tanata l'ont fait. Baptisé 'Aute (hibiscus en reo maohi), leur projet a donc sans surprise tapé dans l’œil de la French Tech Tremplin. Lauréats du concours d'innovation, ils s'apprêtent à développer un jus et un soda "light".

À l'oreille de la vahine Hinano, la fleur d'hibiscus incarne un symbole de la Polynésie, évoquant plus largement les îles des mers du Sud. Si à Tahiti, on lui accorde des qualités purement décoratives, personne n'avait songé à exploiter ses propriétés nutritives, ni ses vertus cosmétiques. Jusqu'à ce que deux jeunes Polynésiens s'en saisissent, montent un dossier et captent l'attention du jury de la French Tech Tremplin.

"Ils se sont demandés pourquoi personne n'y avait pensé avant" résume Tehotu Tanata, co-fondateur avec Vaitiare Beauvilain du projet baptisé d'abord Tahiti Hibis, avant de revenir à quelque chose de plus authentique : "Aute", signifiant hibiscus en tahitien. C'est aussi le nom de l'une des deux espèces qu'ils ont identifiées pour leur future exploitation. Hibiscus sabdariffa, et l'hibiscus rosa-sinensis qui signifie "rose de Chine", soit la fameuse tiare 'aute, qui est certainement la plus connue et la première espèce arrivée en Polynésie.

Riche en carotène, en vitamines A, C et E, en minéraux, en magnésium, en fer, en zinc, en calcium, en potassium ou en sodium, elle sait presque tout faire. Utilisée dans de nombreuses hybridations, on lui prête des vertus antiseptiques, diurétiques, anti-inflammatoires ou antibactériennes. La racine est utilisée pour calmer la toux et dégager les voies respiratoires. La fleur est également recommandée pour lutter contre l'hypertension et le cholestérol. D'où son autre nom, "aute rā'au", reconnaissable à sa robe rouge éclatante.

Procédé d'extraction à froid

"Il y a tellement de variétés d'hibiscus, qu'on s'est appuyé sur les études déjà existantes" développe Tehotu. Ces deux espèces sont non seulement les plus connues, mais elles sont aussi les plus abondantes. Ainsi, on les trouve à tous les coins de rues et dans presque tous les jardins. "Mais pour les exploiter, on va quand même devoir les cultiver. En parallèle, on compte faire appel aux particuliers et aux petits producteurs pour compléter nos volumes et participer à l'économie du Pays" poursuit Tehotu. Le duo s'est d'ores et déjà rapproché du ministre de l'Agriculture et devrait pouvoir louer un terrain de cinq hectares à Raiatea, à défaut de foncier sur Tahiti.

Mais d'ici l'aboutissement du contrat avec le Pays, ils pourront compter sur leur entourage pour le prêt de terrain. "On va entrer dans la phase de pilotage en janvier, ça va nous permettre de créer une nurserie, de connaître les dates clés et de travailler sur des pieds de qualité, quelque chose de naturel" précise Vaitiare Beauvilain. Inspiré de la permaculture, leur champ ne laissera pas de place aux intrants chimiques. "On veut laisser la nature faire, d'ailleurs on est en contact avec Rautea's garden qui connaît bien la permaculture et les hibiscus, c'est elle qui va nous former" ajoute Tehotu.

Le duo va donc commencer par 900 pieds sur 1 000 mètres carrés, soit 500 grammes de matière première par pied. "On vise la matière séchée pour la transformer en poudre" à l'attention de l'agroalimentaire notamment. La start-up a déjà prévu deux types de boisson : un jus d'hibiscus et une boisson gazeuse. "On essaye de faire un produit de qualité au juste prix, on va faire en sorte de garder au maximum les vertus de la fleur en utilisant un procédé d'extraction à froid" souligne Vaitiare Beauvilain.

Contribuer à la lutte contre l'obésité

C'est qu'en toile de fond, les deux jeunes gens cherchent à contribuer à la lutte contre le diabète, l'obésité et les mauvaises habitudes alimentaires. "Nous avons eu de très bons retours. Sur les prototypes de jus gazéifié, les gens disaient que ça leur faisait penser au Fanta ou au Singapour, en beaucoup moins sucré bien sûr et il ne s'agira que de sucre naturel, comme le sucre de coco", rapporte Tehotu.

Poudre, sirop, infusion, gelée, hibiscus confit, etc. À terme, le duo devrait étendre la gamme avec d'autres produits à destination de la restauration, de l'hôtellerie, ou des cosmétiques. "Ça devient un produit tendance à l'international, glisse Vaitiare. Les grandes marques de cosmétiques cherchent à se procurer des fleurs séchées." C'est qu'à défaut de filière, difficile de se procurer la matière première. De quoi donner à la start-up de belles perspectives à l'export.

Reste le volet touristique. "Il faut savoir que même le purau, c'est un hibiscus, mais ici on ne l'utilise pas, fait remarquer la jeune femme. On imagine un jardin d'hibiscus qui permettrait de faire découvrir les espèces, les hybrides, les concours, avec un petit parcours, etc."

Leur classement à la French Tech et la remise d'un chèque de 5,4 millions de Fcfp leur a sans aucun doute mis le pied à l'étrier. Accompagné par l'incubateur Prism de la CCISM, le duo estime entrer dans la phase opérationnelle d'ici un an. "Il nous faut 100 kilos de fleurs séchées par mois juste pour le jus et le soda" rappelle Tehotu. Avec les nouveaux produits de la gamme, il faudra bien sûr monter en charge de production. Vous reprendrez bien une petite tasse d'hibiscus ?
 

Rédigé par Esther Cunéo le Mardi 29 Décembre 2020 à 18:32 | Lu 10853 fois






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