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L'économie réadaptée au Covid



Tahiti, le 1er septembre 2020 – Le plan de relance "Cap 2025" du Pays a été présenté mardi matin à la présidence avec quelques annonces de mesures nouvelles ou réajustées, mais surtout un plan économique de long terme pour la Polynésie française réadapté au contexte et aux conséquences du Covid-19.
 
Le gouvernement au grand complet était réuni mardi matin à la présidence pour la présentation du plan de relance baptisé "Cap 2025" par le vice-président Teva Rohfritsch. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, le président du Pays a évoqué l'actualité du moment pour "regretter" d'une part que la finalisation de ce plan de relance "arrive au moment d'un rebond épidémique" et d'autre part "que les partenaires sociaux viennent, aujourd’hui, perturber l’ambiance sociale à un moment où notre Pays a besoin d’unité et de confiance". Cette introduction étant faite, le président du Pays a d'abord longuement fait l'historique de la situation sanitaire et économique et des premières mesures de crise prises ces derniers mois. Il a ensuite indiqué que "l'esprit" qui avait présidé à l'élaboration de ce plan de relance s'articulait autour de deux idées : "Soutenir l’économie et l’emploi, pour limiter les effets négatifs de la crise sanitaire et ainsi créer les conditions favorables à une reprise rapide de l’activité" et "renforcer la solidarité envers tous ceux qui souffrent afin de préserver les équilibres sociaux".
 
Rédigé dans un nouveau contexte de crise sanitaire et économique en Polynésie, ce plan ambitionne de "servir à bâtir un autre modèle économique" avec trois échéances pour la "reconstruction post-catastrophe" : Cap 2025 pour "relancer l'activité économique" ; Horizon 2030 pour "investir dans la transition énergétique et plus largement dans les activités bas carbone pour un nouveau régime de croissance" et Objectif 2040 pour "se protéger des risques climatiques naturels ou sanitaires qui impacteront nos sociétés".
 
Nouvelles mesures et nouvelles priorités
 
Concrètement, ce plan de relance propose quelques mesures nouvelles ou "réajustées". On notera notamment que le Diese est rehaussé à 70% du salaire jusqu'à deux Smig au maximum et que le Deseti est augmenté de 50 000 à 70 000 Fcfp pour 2020 et 2021. Quelques dispositifs proposés par le Medef ont été retenus comme le plan Jeunes en entreprises, Mon Plan A ou le dispositif 1ère expérience. Trois jours de congés supplémentaires sont offerts pour les agents de l'administration à condition qu'ils les passent dans les îles. L'allocation logement sera augmentée pour les locataires OPH ayant perdu leur emploi. Le secteur de la perliculture est également accompagné avec la création d'une centrale d'achats de perles bas de gamme pour reconditionnement et valorisation en entreprises franches (exemptées de fiscalité).
 
Mais la plupart des 216 mesures contenues dans le plan sont des projets déjà existants réadaptés au contexte du Covid. "On ne peut plus vivre comme avant. Et on ne va pas jeter tout ce qui était prêt", a expliqué Teva Rohfritsch. "Par contre, on a priorisé. Et il y a des nouvelles choses aussi qui n'étaient pas imaginées avant le Covid. Il y a des projets qui étaient prêts et d'autres qui sont réorientés." Pêle-mêle, les cotisations des salariés aidés devront être "compensées partiellement", un plan de sécurité alimentaire et de résilience agricole est annoncé, le schéma directeur de développement de la pêche hauturière devra être actualisé ou encore des dispositifs supplémentaires dédiés aux très petites entreprises via l'Adie et Initiative Polynésie sont prévus…
 
Le plan de relance fixe également certaines orientations stratégiques déjà évoquées ces derniers mois, comme la négociation de la future convention santé/solidarité (dans l'attente, une prolongation de la participation de l'État au régime de solidarité de 1,4 milliard sera sollicitée), l'ouverture du capital d'Air Tahiti Nui à la Caisse des dépôts et consignation, l'AFD ou la Banque publique d'investissement, l'accélération du déploiement de la fibre pour les particuliers, le soutien par la défiscalisation aux projets du Village Tahitien ou encore l'accompagnement du projet aquacole de Hao…
 
L'État mis à contribution pour 119 milliards d'investissements
 
Le vice-président a indiqué que toutes les mesures de fonctionnement, qui représentent 20,7 milliards de Fcfp, devront être financées par des recettes budgétaires grâce au redémarrage de l'économie. Le premier prêt garanti par l'État ayant "exceptionnellement" permis de financer le fonctionnement, mais les emprunts futurs devant strictement être réservés à l'investissement.
 
Côté investissement justement, le gouvernement a compilé pour 119 milliards de Fcfp de projets déjà dans les tuyaux, qui ont été soumis à Paris pour bénéficier de l'enveloppe dédiée à la Polynésie française dans le cadre du plan de relance national. "On apprendra dans les jours qui viennent quelle part pourra nous être consacrée", indique Teva Rohfritsch. "On espère qu'un certain nombre de ces projets seront inscrits au plan de relance national. On a essayé d'être exhaustif. Une autre partie pourra être inscrite aux contrats de convergence, qui prendra la suite du contrat de projet. Et enfin, on sait également qu'il y a des fonds dégagés dans le cadre du plan de relance européen. On va faire feu de tout bois."
 

Teva Rohfritsch, vice-président du Pays : "Il y a des projets qui étaient prêts et d'autres qui sont réorientés"

Ce plan de relance présenté aujourd'hui présente certaines nouvelles mesures et en compile d'autres déjà annoncées ?
 
"Cela fait un moment qu'on travaille sur ces questions de relance, de réactivation économique. Certaines mesures ont déjà été mises en œuvre. Il y a eu le plan de sauvegarde économique. Le 23 juillet dernier, le collectif budgétaire de près de 34 milliards est venu amorcer les dispositifs d'amortisseurs sociaux et puis les premières mesures de soutien aux entreprises, aux salariés, au pouvoir d'achat, aux personnes en situation d'urgence. On a continué de financer tous les besoins sanitaires. Et maintenant, ce plan de relance vient -sur les 5 ans qui viennent- donner une perspective avec ces 216 mesures, une approche par filière, une approche stratégique et une approche d'investissements publics aussi. Le souhait, c'est d'avoir 119 milliards de Fcfp d'investissements publics additionnels pour que le moteur public puisse prendre le relai du moteur privé qui, en ce moment, est en difficulté."
 
Le gouvernement a également appelé à l'unité derrière ce plan ?
 
"Ce plan de relance ne vaut rien si on n'est pas tous ensemble. Il est important qu'on soit tous réunis. On peut tous philosopher sur ce qu'il fallait faire ou ne pas faire. Une chose est certaine, je crois avoir essayé de démontrer ce matin qu'on ne peut pas simplement isoler le tourisme et ceux qui sont en difficulté aujourd'hui en disant que le reste de l'économie va vivre. C'est pas possible. On est dans une approche systémique. Il y a un effet domino. Et quand on perd une activité aussi importante, c'est toute la société polynésienne qui est fragilisée. Quand on parle d'économie, ce sont 20 000 familles aujourd'hui qui sont fragilisées On ne peut pas ignorer ces 20 000 familles en ne pensant qu'aux 40 000 autres actifs, pour ne parler que des salariés, qui eux ont une situation préservée. Les comptes sociaux, la CPS, le budget du Pays et l'intervention publique sont menacés également."
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 1 Septembre 2020 à 19:24 | Lu 4305 fois





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