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L'ILM veut aider les États du Pacifique à développer leur recherche scientifique


Le programme “Brick Pacific” a pour objectif d'aider les États insulaires du Pacifique à développer un cadre pour la recherche scientifique, notamment concernant la génétique des populations. Crédit photo : Thibault Segalard.
Le programme “Brick Pacific” a pour objectif d'aider les États insulaires du Pacifique à développer un cadre pour la recherche scientifique, notamment concernant la génétique des populations. Crédit photo : Thibault Segalard.
Tahiti, le 9 avril 2024 – L'Institut Louis Malardé (ILM) a rassemblé, ce mardi, de nombreux représentants de pays insulaires du Pacifique, dans le cadre du programme “Brick Pacific”. Ce projet a pour objectif d'aider et d'accompagner les autres États d'Océanie dans la création et le développement d'un cadre pour la recherche scientifique, notamment sur la génétique des populations.
 
Après plus d'un an de recherche, l'Institut Louis Malardé (ILM) a coordonné, ce mardi, les ateliers “Brick Pacific”. Cet événement fait donc suite à des séries de missions scientifiques de la part de l'Institut, qui avaient pour objectif de faire un état des lieux des cadres mis en place pour la recherche dans de nombreux États insulaires du Pacifique. “On a pu identifier le fonctionnement de chaque pays et leur structuration autour de la recherche, surtout celle impliquant la génétique des populations locales”, nous explique la directrice du laboratoire de recherche sur les maladies infectieuses de l'ILM, Van Mai Cao-Lormeau. “Aujourd'hui, c'est donc le lancement de la phase atelier du projet et de nombreux pays voisins ont été invités.” Ainsi, des représentants des Îles Cook, Salomon, Fidji, Kiribati, Nouvelle-Calédonie, Samoa ou encore Wallis-et-Futuna étaient là ce mardi pour le lancement de cette deuxième phase du projet. Des ateliers, donc, qui ont pour vocation d'établir des cadres de recherche scientifique spécifiques pour ces collectivités mais aussi de les impliquer dans des partenariats régionaux, notamment centrés sur les aspects génétiques des populations. “Il y a beaucoup de différences en termes de structure sur la recherche. Il y a de grands pays, comme les Samoa et Fidji, qui ont un système de santé structuré et des programmes scientifiques qui bénéficient de recherche académique, notamment avec l'université de Fidji. Dans d'autres, plus petits, il n'y a pas de cadre réglementaire. Certains schémas transposés depuis d'autres pays plus grands sont parfois menés, mais ils ne sont souvent pas adaptés et ne prennent pas en compte les données culturelles locales”, explique la virologue.
 
Le bénéfice, donc, attendu de ce rassemblement qui va durer trois jours, est d'inspirer les représentants des pays présents et de les aider en leur donnant des modèles de recherches plus conformes à leur situation locale et à leur population. “On veut travailler avec eux, pour les aider. On va les accompagner même après les ateliers.”
 
Manque de données génétiques dans le Pacifique
 
Mais alors, quel est l'intérêt pour ces pays de développer la recherche scientifique sur leur territoire ? Tout d'abord, parce qu’elle permet de développer des compétences et des connaissances utiles pour améliorer la santé publique locale, comme pour la prise en charge de maladies infectieuses ou émergentes. Ces données permettront également d'améliorer la base de savoir sur la génétique des populations. “On a déjà commencé à s'intéresser à ça avec un programme qu'on a lancé”, assure Van Mai Cao-Lormeau. “On manque encore cruellement de données sur cette partie génétique. Et ce sont elles qui vont nous permettre de compléter des théories existantes sur le peuplement de la région.”

Rédigé par Thibault Segalard le Mardi 9 Avril 2024 à 17:50 | Lu 2037 fois