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L’Aremiti 5 lance la ligne de l’Apetahi express sur la route des Raromatai



Tahiti, le 27 mars 2021 - En attendant l’arrivée d’un navire taillé pour traverser le mara'amu, c’est l’Aremiti 5 qui a inauguré vendredi matin le premier voyage de la nouvelle ligne du groupe Degage : l’Apetahi express. Si seulement 150 à 200 personnes ont pris cette première rotation, le week-end de Pâques affiche déjà complet. 

 « Je suis contente, c’est fini les vols pour moi ! » Tupura’a, 56 ans, prend l’avion depuis 20 ans pour rejoindre, l’espace d’un week-end, son mari affecté à Bora Bora. « Je vais pouvoir aller le voir plus souvent, nos enfants à Papeete aussi pourront venir ». Pas question donc de manquer le départ de l’Aremiti 5 vendredi matin pour le voyage inaugural de l’Apetahi express du Groupe Degage, vers les Raromatai. Départ à 6h30, direction Bora Bora, avec une escale à Huahine et une autre à Raiatea.

Une première rotation qui a vu 150 à 200 personnes monter à bord. Pas de quoi remplir ce navire d’environ 500 places. En revanche les réservations affichent presque complet pour le week-end de Pâques. Preuve selon le patron du groupe, Tuanua Degage, d’une forte attente pour une alternative de desserte vers les îles sous le vent. « On n’est jamais sûr de rien, mais les études de marché montrent que la demande est au rendez-vous si on propose des coûts abordables ».

A 16 200 Fcfp l’aller-retour pour Bora Bora et la possibilité de transporter 46 kilos de bagages au lieu de 23, l’Apetahi express propose une alternative 50% moins cher que l’aérien. Le groupe vise ainsi 80 000 passagers (hors inter-îles), sur un marché potentiel de près de 610 000 passagers, incluant résidents et touristes. « Il n’y a pas photo, commente Yolande. C’est deux fois moins cher que l’avion ». A ce prix-là, elle compte elle aussi visiter plus souvent ses proches de Taha’a. « L’aller se passe plutôt bien, c’est plus le retour que j’appréhende » confie la passagère, pour avoir connu le Ono Ono et le Raromatai Ferry dans les années 90.

« On est en phase de test »

Le groupe Degage s’était lui aussi aventuré par le passé sur la traversé, avec l'Aremiti 3 en 2004 et l'Aremiti 4 en 2010. Dans le même temps le King Tamatoa de Bill Ravel s'était lancé dans la course aux Raromatai, avant de suspendre ses rotations seulement trois mois plus tard. Des lignes qui n’ont pas résisté bien longtemps aux ardeurs de cette route réputée compliquée du fait du mara’amu et d’une houle de face sur le retour, entre Raiatea et Tahiti. « Il y a toujours eu des ambitions pour les Raromatai, c’est d’ailleurs notre quatrième navire sur cette ligne. Mais l’Apetahi express nous l’avons muri depuis trois ans » rappelle Tuanua Degage.  

Plus haut et plus long, l’Aremiti 5 « a fait ses preuves sur Moorea » estime le patron du groupe. Reconditionné pendant cinq mois, il devrait tenir la mer avec sa vitesse et sa coupe selon le responsable. « On a réduit la capacité d’environ 200 sièges pour avoir plus de place et être plus léger afin de maintenir 30 nœuds sur la ligne » précise ce dernier. Au passage les stabilisateurs, les moteurs et les groupes électrogènes ont été révisés. Et ce n’est pas fini puisque la société a également prévu de rénover les sièges et le parquet pour plus de confort.

Pour autant, l’Aremiti 5 n’a pas vocation à desservir la ligne indéfiniment. « On est en phase de test en perspective de l’arrivée du nouveau navire » rappelle le responsable. Le groupe a déposé une demande de défiscalisation en début d’année pour le financement d’un navire sur mesure. « Si on l’obtient on pourra signer le contrat de construction d’ici la fin de l’année, pour espérer une réception du nouveau bâtiment en 2023 » poursuit Tuanua Degage.

« Taillé pour traverser le ma’aramu », il prendra le nom de la société éponyme : Apetahi express. « Il sera de conception complètement différente que les bateaux qui desservent Moorea et il sera certainement construit au Vietnam » confie Tuanua Degage. Plus grand d’environ 10 mètres que l’Aremiti 5, soit 65 mètres, il sera aussi plus rapide, avec une vitesse de croisière de 36 nœuds. De quoi rallier Huahine en 2h30, contre 3h30 pour l’Aremiti 5. Coût de l’investissement : environ 3 milliards de Fcfp.

« On l’attendait depuis longtemps »

A l’issue de 3h30 de navigation plutôt paisible, le navire entre à 10 heures dans la petite baie d'Avamoa. Sur le quai du port de Fare, un comité d’accueil célèbre au son des to’ere l’arrivée du navire. « Le voyage s’est très bien passé, mais l’Apetahi express, lui, sera vraiment dimensionné pour ce trajet » et « notamment pour le chemin du retour » afin d’offrir « un niveau supérieur en termes de vitesse, de stabilité et de confort » souligne Gérard Siu, vice-président du cluster maritime.

De quoi pérenniser la ligne, ce que personne jusqu’ici n’a encore réussi à faire. « Parmi les projets structurants figurait le lancement d’une ligne passagers pérenne vers les Raromatai, pour permettre un vrai échange en faveur du développement économique dans les îles, pour les touristes, c’était une infrastructure nécessaire » assure le vice-président du cluster maritime. « D’un point de vue humain, ça va aussi permettre aux familles de se retrouver plus souvent. »

1h30 plus tard, le navire est accueilli au port d’Uturoa à Raiatea. « On l’attendait depuis longtemps » reconnaît Doris Hart, adjointe au maire, notamment dans une perspective de « reprise économique ». « Ça va permettre de faciliter les échanges ou les achats surtout en période de fête, mais aussi de retisser des liens. » Si la reprise de ces rotations hebdomadaires est accueillie à bras ouvert, la crainte de voir débarquer trop de pêcheurs est toujours présente à en croire le maire, Matahi Brotherson. « Il faut être vigilant avec ça, mais apparemment l’Aremity ne prend pas de remorque ». Ni de voiture d’ailleurs. A raison de trois rotations hebdomadaires, l’Apetahi express s’adresse aux passagers et au fret pour une capacité de 16 tonnes.
 


Jean-Christophe Bouissou, ministre du Transport : "Nous soutenons fermement ce projet"

Une desserte des Raromatai était nécessaire pour la Polynésie ?
"C’est d’abord un projet qui figure dans le schéma directeur du transport maritime élaboré par le gouvernement en 2015 et c’est un souhait de la population depuis de très nombreuses années. Il y a eu plusieurs tentatives par le passé. Cette nouvelle tentative est sérieuse parce que nous avons affaire à des gens de la mer, connus pour leur investissement sur Moorea. Il y a une attente forte pour tout un marché de Polynésiens qui n’ont pas la possibilité de payer trois ou quatre fois par mois un billet d’avion pour les îles Sous-le-Vent. Le bateau c’est deux fois moins cher que le transport aérien. Pour le développement économique des Raromatai, oui c’était nécessaire et au gouvernement, nous soutenons fermement ce projet."

Vous êtes confiant dans la pérennité de cette nouvelle ligne ?
"Je crois savoir que les prochaines rotations sont déjà bookées, et au travers des études de marché on pense que cette compagnie pourra prendre jusqu’à 20% du trafic, y compris aérien, sur les Raromatai, mais elle pourra également susciter l’intérêt de ceux qui ne peuvent pas voyager pour des questions de cherté tarifaire."

Faut-il craindre une mise en difficulté de l’aérien du fait de ce nouveau concurrent ?
"Non, nous sommes dans des perspectives de développement économique et de reprise à l'horizon du mois de mai, en espérant qu’aucun nouveau virus ne fasse son apparition. Mais restons positif. Notre souhait c’est l’ouverture de certains archipels, y compris sur le plan international. Vous savez que nous avons en projet la réalisation d’un aéroport international de dégagement sur Rangiroa et sur Nuku Hiva. Ce qui participe à cette volonté d’augmenter substantiellement le nombre de visiteurs et d’aider nos familles, c’est-à-dire permettre aux gens de voyager. Si tout ce plan se met en œuvre, il y aura de la place pour tout le monde."

Rédigé par Esther Cunéo le Samedi 27 Mars 2021 à 11:46 | Lu 2946 fois






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