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Jeunesse et emploi à Mahaena


Les jeunes les plus motivés ont fait le déplacement (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Les jeunes les plus motivés ont fait le déplacement (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 28 mai 2026 - Mobilisation timide, ce jeudi matin, au forum des métiers de Maheana organisé par la mairie avec le soutien de la paroisse voisine. Service de l'emploi, CFPA, Adie et forces de sécurité, une dizaine d’entités étaient pourtant représentées pour répondre aux questions des jeunes en quête d’opportunités professionnelles. Prochain objectif pour l’équipe organisatrice : parvenir à mobiliser aussi des entreprises privées.
 

Ce jeudi matin était placé sous le signe de l’emploi à Mahaena. La salle paroissiale protestante située en face de la mairie a ouvert ses portes au public dans le cadre d’un forum des métiers organisé par la commune, où la précédente initiative remonterait à trois ans. “Le constat est clair : il y a un besoin pour nos jeunes”, souligne Tiare Vahine, sixième adjointe au maire en charge de l’emploi. “Je pense qu’on doit être à 40 % de personnes en recherche d’emploi. Les administrés défilent à la mairie pour demander du travail”. Les plus motivés ont fait le déplacement pour profiter de la présence du Service de l’emploi et d’autres interlocuteurs.
 

Plusieurs voies


La totalité des forces de sécurité étaient représentées : la police nationale, la gendarmerie, l’administration pénitentiaire, l’armée de Terre, l’armée de l’Air et la Marine nationale. “Notre but, c’est d’informer les jeunes sur nos métiers, nos formations et les modalités de candidature. On propose plus de 50 métiers dans la santé, la mécanique, l’opération aérienne, la restauration, l’informatique, etc. On a des contrats de quatre ans pour les personnes non diplômées et de neuf ans à partir du baccalauréat. On fait environ 150 signatures par an”, indique la caporale Tiare du centre d’information et de recrutement de l’armée de l’Air, avec des perspectives de carrière dans l’Hexagone et la possibilité de valoriser ses acquis par la suite dans le civil.
 
La formation était également à l’honneur à travers le Centre de formation professionnelle pour adultes (CFPA), qui assurera prochainement des permanences au Fare Ora de Mahaena. “Nos formations qualifiantes permettent d’obtenir un titre professionnel reconnu localement ou par l’État. Nous avons plus d’une quarantaine de formations dans des domaines variés. Les avantages sont la prise en charge de la formation, une indemnité mensuelle selon l’assiduité et une aide financière pour aider à venir en formation. Nous avons un taux de réussite de 80 % et un taux d’insertion équivalent. Les stagiaires qui sortent de formation qualifiante passent aussi le permis de conduire”, résume Ietonia Jordan, secrétaire d’orientation professionnelle. “C’est dans des forums comme celui-ci qu’on trouve notre vivier de candidats. Venir à leur contact, ça leur facilite la tâche et le bouche-à-oreille fonctionne bien. Même si je ne reçois que quelques personnes, c’est déjà bien si on réussit à les insérer plus tard.”

​Mobiliser les entreprises


Quant aux entrepreneurs en devenir, ils pouvaient se tourner vers l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie). “Sur Hitia’a o te Ra, les profils des porteurs de projet concernent généralement des activités de service, comme l’entretien des espaces verts, le ménage à domicile, les auxiliaires de vie et un peu de restauration, mais aussi le secteur primaire avec l’agriculture, la pêche et l’artisanat. C’est une zone assez calme, mais il y a un potentiel de développement”, estime Temanaoui Lo-Yat, conseiller en micro-crédit.
 
La diaconnesse de la paroisse a profité de cette occasion pour encourager les jeunes à profiter de ce type d’événement. “Il ne faut pas avoir honte. C’est une chance pour Mahaena et Hitia’a o te Ra de recevoir toutes ces personnes chez nous. Si on pouvait avoir des entreprises privées la prochaine fois, ce serait un vrai plus, je pense”, conclut Terauata Neuffer, en prévision d’une prochaine édition.
 

La parole aux jeunes

Manava, 18 ans, de Hitia’a, et Matahi, 24 ans, de Mahaena : “On a sauté sur l’occasion”
Manava : “Je suis en terminale et je passe le bac cette année. Je suis venu me renseigner pour affiner mon orientation. Même si les vœux sont terminés, je veux avoir le maximum d’opportunités.”
Matahi : “J’ai mon bac, mais j’ai quitté mon travail. Dès que j’ai entendu qu’il y avait ce forum, j’ai sauté sur l’occasion. C’est la première fois que je vois ça ici : c’est une bonne chose pour les jeunes. Personnellement, ce qui m’intéresse le plus, c’est l’armée de Terre pour devenir conducteur poids lourd. Même s’il faut partir, c’est un mal pour un bien. Il ne faut pas hésiter.”
 
Émeraude, 32 ans, de Tiarei : “Je cherche une formation”
“Je suis venue en bus. Je suis à la recherche d’une formation pour me reconvertir. J’ai travaillé en cuisine, mais j’ai envie d’aller vers le commerce ou le secrétariat. Je pense me tourner vers le CFPA de Pirae : j’attends les inscriptions à la prochaine session. C’est une formation rémunérée, donc c’est vraiment intéressant vu que je suis déjà maman de trois enfants. Une fois diplômée, je pourrai postuler aux offres d’emploi. Sans ça, c’est vraiment difficile.”
 
Raya, 19 ans, de Mahaena : “Voir autre chose”
“J’ai vu les publications et les affiches de la mairie. Je cherche un travail pour gagner ma vie. J’ai quitté l’école en terminale sans passer mon bac. Je suis venue avec ma grande sœur pour voir ce qui pourrait me correspondre. Dans l’armée, il y a du service en restauration, comme j’ai fait pendant ma scolarité, et j’ai découvert d’autres métiers intéressants. C’est motivant ! J’ai envie de voir autre chose et je n’ai pas vraiment peur de partir, au contraire : c’est l’aventure. Je suis prête à passer à la prochaine étape”.


Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Jeudi 28 Mai 2026 à 15:43 | Lu 419 fois