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Immigration : Les camps de Manus et de Nauru sur le banc des accusés



Immigration : Les camps de Manus et de Nauru sur le banc des accusés
WELLINGTON, lundi 11 février 2013 (Flash d’Océanie) – Julia Gillard, Première ministre australienne, a obtenu de son homologue néo-zélandais John Key, ce week-end, un accord par lequel Wellington accueillera un total de 150 personnes réputées immigrées clandestines et qui jusqu’ici étaient destinées aux camps océaniens de Nauru et de l’île papoue de Manus.
Cet accord, présenté comme s’inscrivant dans une logique de « traitement régional » des personnes interceptées en situation d’immigration clandestine vers l’Australie, est intervenu lors des pourparlers entre les deux chefs de gouvernements, en fin de semaine dernière, dans la ville néo-zélandaise de Queenstown (île du Sud du pays).
Il concernerait aussi des personnes déjà hébergées dans des camps de rétention sur le sol australien, et en souffrance d’un traitement de leur demande d’asile.
Ce quota annuel de 150 personnes en quête de placements serait pris sur le quota annuel existant de 750, fixé par le gouvernement néo-zélandais.
Cet accord, du point de vue de Wellington, est à considérer comme la contribution de la Nouvelle-Zélande à la démarche « régionale » de l’Australie.
« L’Australie s’attaque à l’énorme défi que représente l’immigration illégale par voie maritime et ce pays est en pointe en matière d’effort contre le trafic d’êtres humains dans notre région », a voulu souligner M. Key lors d’une conférence de presse conjointe des deux dirigeants.
La politique dure de l’Australie en matière de lutte contre l’immigration clandestine a été remise en vigueur par le gouvernement travailliste de Mme Gillard, en réponse aux recommandations rendues par un panel d’experts en août 2012.
Les camps extraterritoriaux de Manus et de Nauru avaient été activés une première fois lors du mandat d’un précédent Premier ministre australien, le conservateur John Howard, fin 2001.
Ils étaient censés héberger des clandestins en provenance du Moyen Orient et du Sri-Lanka, interceptés le plus souvent au large des côtes Nord-ouest de l’Australie, tout près de l’Indonésie, où un réseau de passeurs organise le transit sur des bateaux de fortune.
Cette politique de « Pacific Solution » avait été dans un premier temps abandonnée lors de l’arrivée au pouvoir des travaillistes à l’issue des législatives australiennes de novembre 2007.

Cette « solution Pacifique » (Pacific Solution) au problème de lutte contre l’immigration clandestine en Australie a été critiquée de manière persistante par des organismes internationaux tels que le Haut-commissariat des Nations aux Réfugiés, qui a, à plusieurs reprises, rappelé l’Australie à ses obligations en matière de respect des conventions internationales dont ce pays est signataire.
Cette seconde version de cette réponse met l’accent sur le caractère dissuasif de ces mesures, censées ôter l’envie aux candidats à l’immigration clandestine d’utiliser ce genre de filière.
Ces organismes reprochent aussi à l’Australie, en mettant en place ce genre de réponse, de tenter de transférer ses responsabilités vers des pays tiers.
Ils dénoncent aussi les conditions de vie dans ces camps, qui ont fait l’objet de plusieurs incidents (grèves de la faim, automutilations, tentatives de suicide, rixes entre détenus), constatés notamment par plusieurs missions d’ONG internationales au cours des dernières semaines.
Début février 2013, une infirmière australienne, de retour du camp de Nauru, n’hésitait pas à qualifier cette installation de « camp de concentration » où, au cours de son séjour, elle affirme avoir été témoin de plusieurs tentatives de suicide de la part des pensionnaires.
Cette infirmière expérimentée, Marianne Evers, s’était engagée à travailler à Nauru durant six semaines.
Elle a démissionné après trois semaines de travail, peu avant Noël 2012.
« Là-bas, il n’y a absolument rien à faire. Pas d’arbres, pas d’herbe, pas tellement d’oiseaux non plus. Et il y a cette chaleur, dans des tentes sans climatisation », confiait-elle début février à la radio nationale publique.
« C’est juste du désespoir à l’état pur, J’ai vu des gens ramper sur le sol comme des animaux en implorant qu’on les laisse mourir. (…) Pendant mon séjour, j’ai vu des gens se pendre (…) Ce genre d’images, ça ne vous quitte pas comme ça », a-t-elle déclaré.

Le Haut-commissariat des Nations-Unies aux Réfugiés, début février 2013, dans un nouveau rapport consécutif à une nouvelle visite sur place courant janvier 2013, s’en prenait une nouvelle fois au camp de Manus, où il dénonçait des conditions « inadéquates » pour que des mineurs y soient envoyés et accusait l’Australie de « très gravement violer » ses obligations internationales en matière de traités relatifs aux droits de la personne humaine.
Parmi les recommandations figurant dans ce nouveau rapport : la mise en place urgente de nouvelles procédures afin de réduire les délais d’attente pour ces pensionnaires en souffrance.
Un précédent rapport de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés
http://www.unhcr.fr/cgi-bin/texis/vtx/search?page=search&docid=50cf4658c&query=nauru
, mi-décembre 2012, dénonçait aussi les « insuffisances » de ce genre de dispositif à Nauru.
Le rapport (en anglais) peut être consulté ici : http://unhcr.org.au/unhcr/images/2012-12-14%20nauru%20monitoring%20report%20final.pdf

Le nouveau ministre australien de l’immigration et de la citoyenneté, Brendan O’Connor, a promis début février 2013 qu’il se rendrait prochainement sur l’île de Nauru et à Manus afin de se rendre compte de visu de la situation.

Les camps de Manus et de Nauru sur le banc des accusés

Fin janvier 2013, le camp papou de l’île de Manus semble se trouver au centre d’une bataille juridique, après le lancement d’une action en justice de la part du chef de l’opposition de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Ce dernier, Belden Namah, a déposé via ses avocats ce recours, avec comme clé de voûte de son argumentaire le point de vue selon lequel ce « centre de traitement », qui fonctionne déjà depuis octobre 2012 et accueille plus de deux cents demandeurs d’asile (pour un objectif de près de 500, en vitesse de croisière), est contraire à la Constitution papoue en privant les pensionnaires de leur liberté.
Selon les éléments d’argumentaire des plaignants, les personnes détenues sur ce camp de l’île de Manus n’ont enfreint aucune loi papoue et par conséquent, le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée (signataire d’un accord avec le gouvernement australien) devrait faire cesser immédiatement son fonctionnement.
Le gouvernement papou, pour sa part, a fait savoir son point de vue, selon lequel ces clandestins, en quittant leur pays, savaient pertinemment à quelle réponse ils s’exposaient éventuellement et avaient de fait « consenti » à se retrouver dans ces camps (l’autre, en Océanie, est celui de l’île de Nauru).
Cette action en justice a été accueillie favorablement par plusieurs groupes et organisations non gouvernementales spécialisés dans la défense des droits des réfugiés, y compris en Australie.
Le tribunal national, saisi de l’affaire, n’a pas encore fixé de date pour le début des audiences et pourrait même se déclare incompétent en renvoyant cette affaire devant la Cour Suprême, instance d’ordinaire chargée d’entendre ce genre de cas constitutionnels.

pad

Rédigé par () le Lundi 11 Février 2013 à 06:29 | Lu 624 fois




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