Tahiti, le 8 février 2026 - Malgré les incertitudes qui pèsent sur certaines dessertes aériennes éloignées, le Salon du tourisme confirme une dynamique bien réelle autour des destinations les plus accessibles, en particulier celles bénéficiant de liaisons régulières.
Du côté de Tahiti, une tendance déjà présente l’an dernier se poursuit, celle de Teahupo’o, portée par la visibilité mondiale lors des Jeux olympiques de 2024. Une exposition qui se traduit par une hausse des demandes comme chez Tahiti BnB, les premières retombées sont visibles ou plusieurs sollicitations ont été enregistrées dès vendredi matin, jour de l’ouverture du salon.
En tête : Raiatea, Huahine et Rangiroa, suivies de Tikehau. Des destinations desservies par plusieurs vols hebdomadaires, facilitant les courts séjours comme les circuits inter-îles.
Maupiti confirme également sa montée en puissance depuis un an. “Le lagon est très préservé. Quand c’est exclusif le public aime”, confirme Coralie Burns, responsable développement du groupe Tautea, armateur du Tauati Ferry.
Au-delà des destinations, les formes de voyage évoluent. L’envie de se retrouver en groupe ou en famille s’impose comme une tendance forte. “Il y a le souhait de faire découvrir la nature intérieure de Tahiti, les gens cherchent à se reconnecter. Le bien-être prime. Même les locaux ont besoin de retrouver leur propre héritage”, explique Apaura Walker de chez Safari Islander. Comme ce jeune couple de Pirae, venu se renseigner au salon pour savoir s’il est possible de partir depuis la Poste pour un tour de l’île en 4x4.
Du côté des hébergements, la tendance se confirme : les pensions de famille sont de plus en plus demandées, préférées aux hôtels. Une touriste, en vacances de longue durée et de retour de Moorea, témoigne : “C’est facile, j’ai eu aucun mal à trouver”.
Sur le volet aérien, Air Moana affiche clairement ses ambitions. Pour Marania Boixière, directrice générale adjointe en charge de l’expérience client, la période actuelle est propice à l’anticipation. “Pendant cette période creuse, on se projette et on fait évoluer la stratégie.” La compagnie aérienne interinsulaire attend l’arrivée d’un quatrième avion en mars, avec l’objectif de renforcer certaines liaisons, d’élargir la grille tarifaire et d’introduire de nouveaux services, comme le choix des sièges payants lors de l’enregistrement, tout en maintenant des prix qui se veulent compétitifs face à la concurrence.
Des réservations freinées par l’incertitude des vols après juin
Au Salon, l’enthousiasme des visiteurs se heurte, pour certains professionnels, à une réalité bien plus inquiétante : l’incertitude sur les dessertes aériennes à partir de juillet.
À Amaru, sur l’île de Rimatara, Fare Manini est une petite pension de famille qui fonctionne essentiellement grâce aux réservations anticipées. Sa gérante est venue au salon avec plusieurs demandes en attente, majoritairement de la part de locaux. Mais dès l’ouverture du salon, elle pointe du doigt un problème, le dernier vol Air Tahiti pour rejoindre son île est actuellement programmé pour le 29 juin. “On n’a jamais eu ça, c’est n’importe quoi. Si les gens n’ont pas d’avion, on sera obligé de les rembourser”, se désole-t-elle. Une situation d’autant plus difficile à gérer que Rimatara ne bénéficie que de deux à trois vols par semaine. Impossible, dans ces conditions, de sécuriser des séjours au-delà de juin.
Pour rappel, les liaisons aériennes opérées par Air Tahiti dans le cadre de la délégation de service public (DSP) vers Manihi, Hao, Raivavae, Rimatara, Rurutu, Ua Pou ou encore Ua Huka arrivent à échéance début juillet, comme pour les 27 autres destinations couvertes par cette convention pour le désenclavement des îles isolées de Polynésie. Sans nouvel accord signé avec le Pays, aucun vol ne peut être programmé au-delà de cette date, pour ces 34 destinations.
Une problématique que confirme Vanessa Siu, cheffe du service marketing à Air Tahiti. Elle rappelle que la compagnie est dans l’attente.




























