Nathalie Heirani Salmon-Hudry et Aline Flore, présidente de l’association Conseil des femmes, ont reçu leur Trophée du cœur.
Tahiti, le 11 mars 2026 - Honneur aux femmes en cette semaine qui suit la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Huit femmes qui ont marqué l’actualité de ces dernières années par leurs actions solidaires ou par leur parcours prodigieux ont reçu, ce mercredi, leur Trophée du cœur. Il s’agit d’Aline Flore, Janet Leou-Boissin, Lucie Tetaronia Tiffenat, Yvette Tapea Teimauri, Nathalie Heirani Salmon-Hudry, Ina Utia, Martine Tehiva Temarohirani et Muriel Merceron.
Le Conseil des femmes existe depuis 44 ans et décerne les Trophées du cœur sur le critère d’une vie de dévouement et un engagement dans les domaines de la solidarité, de la famille, de la santé, de l’éducation ou encore de la protection des plus fragiles. La cérémonie, qui s’est déroulée ce mercredi, fait suite à la remise de distinctions aux Poerava 2026 organisée par l’Union des femmes francophones d’Océanie (UFFO) ce lundi 9 mars.
Aline Flore, présidente de l’association organisatrice, a été la première à recevoir sa distinction, très émue par ce prestige. Née à Huahine au sein d’une famille de six enfants, elle a toujours vécu à Papeete. En retraite depuis 2001 de l’enseignement, elle s’est engagée pleinement dans la vie associative. Membre de l’association Te Vahine Porinetia, elle œuvre pour l’émancipation des femmes et le maintien des liens culturels au sein de la communauté chinoise en Polynésie. Elle a aussi participé à la création d’un centre culturel et d’accueil de jour pour les personnes âgées.
Celle qui a pour slogan “les femmes engagées font grandir la solidarité” a tenu à comparer l’engagement associatif au tifaifai, où chaque pièce contribue à créer un ensemble harmonieux.
Elle a un souhait plus que tout : que les jeunes prennent le relais, surtout pour soutenir le milieu associatif. “C’est dans les associations que l’on mène le combat.” Elle a aussi exprimé son souhait de voir les familles rester soudées. “J’espère du fond du cœur que les familles s’écoutent et qu’elles se réunissent encore plus.”
“Ce que mon cœur m’a dit de faire”
La cérémonie s’est poursuivie avec l’appel des autres lauréates. Janet Leou-Boissin a été distingué pour un parcours qui force le respect. “J’ai saisi ce que mon cœur m’a dit de faire toute ma vie”, confie-t-elle. Elle a notamment aidé de nombreux compatriotes à surmonter des démarches administratives grâce à sa maîtrise de plusieurs langues, dont le chinois. Pour cette entrepreneuse styliste, la transmission du savoir est essentielle. À 20 ans, elle ouvrait sa première boutique et, en 2011, elle fondait l’association Vahine a Rohi, Femme en avant. À travers cette structure, elle a donné des cours de couture dans les quartiers et dans les îles afin de redonner confiance aux femmes et parfois leur permettre de créer leur propre activité.
Le Conseil des femmes existe depuis 44 ans et décerne les Trophées du cœur sur le critère d’une vie de dévouement et un engagement dans les domaines de la solidarité, de la famille, de la santé, de l’éducation ou encore de la protection des plus fragiles. La cérémonie, qui s’est déroulée ce mercredi, fait suite à la remise de distinctions aux Poerava 2026 organisée par l’Union des femmes francophones d’Océanie (UFFO) ce lundi 9 mars.
Aline Flore, présidente de l’association organisatrice, a été la première à recevoir sa distinction, très émue par ce prestige. Née à Huahine au sein d’une famille de six enfants, elle a toujours vécu à Papeete. En retraite depuis 2001 de l’enseignement, elle s’est engagée pleinement dans la vie associative. Membre de l’association Te Vahine Porinetia, elle œuvre pour l’émancipation des femmes et le maintien des liens culturels au sein de la communauté chinoise en Polynésie. Elle a aussi participé à la création d’un centre culturel et d’accueil de jour pour les personnes âgées.
Celle qui a pour slogan “les femmes engagées font grandir la solidarité” a tenu à comparer l’engagement associatif au tifaifai, où chaque pièce contribue à créer un ensemble harmonieux.
Elle a un souhait plus que tout : que les jeunes prennent le relais, surtout pour soutenir le milieu associatif. “C’est dans les associations que l’on mène le combat.” Elle a aussi exprimé son souhait de voir les familles rester soudées. “J’espère du fond du cœur que les familles s’écoutent et qu’elles se réunissent encore plus.”
“Ce que mon cœur m’a dit de faire”
La cérémonie s’est poursuivie avec l’appel des autres lauréates. Janet Leou-Boissin a été distingué pour un parcours qui force le respect. “J’ai saisi ce que mon cœur m’a dit de faire toute ma vie”, confie-t-elle. Elle a notamment aidé de nombreux compatriotes à surmonter des démarches administratives grâce à sa maîtrise de plusieurs langues, dont le chinois. Pour cette entrepreneuse styliste, la transmission du savoir est essentielle. À 20 ans, elle ouvrait sa première boutique et, en 2011, elle fondait l’association Vahine a Rohi, Femme en avant. À travers cette structure, elle a donné des cours de couture dans les quartiers et dans les îles afin de redonner confiance aux femmes et parfois leur permettre de créer leur propre activité.
Pour remettre les trophées, plusieurs élus et personnalités étaient présents, dont la nouvelle ministre de l’Éducation Samantha Bonet-Tirao, la ministre des Solidarités Minarii Chantal Galenon Taupua et la ministre de la Fonction publique Vannina Crolas, qui s’étaient libérées après le conseil des ministres.
“Je suis là, j’existe”, a commencé Nathalie Heirani Salmon-Hudry, née infirme moteur cérébral, lorsqu’elle a reçu son trophée. Aujourd’hui engagée au sein du gouvernement de la Polynésie française en tant que déléguée interministérielle au handicap et à l’inclusion, elle a porté un message d’espoir qui a ému le public. À travers sa devise, “viser la lune, vous atteindrez les étoiles”, elle a tenu à adresser un message “à toutes les Nathalie qui attendent un regard ou un message dans la rue de ne pas abandonner”.
À l’évocation de son nom, certains membres du public ont redoublé d’attention. Il faut dire que Yvette Tapea Temauri a marqué les esprits. Celle qui approche des 80 ans a porté la voix des femmes polynésiennes dans de nombreuses instances régionales et internationales du Pacifique. Elle est devenue en 1966 directrice du centre territorial d’information des droits des femmes et des familles. Depuis 2010, elle est membre de l’Académie tahitienne, a été présidente de la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire pendant sept ans et siège aujourd’hui au Conseil économique, social, environnemental et culturel de la Polynésie française (Cesec). Lors de son discours, elle a rappelé qu’“une famille, c’est un papa et une maman et la place de l’homme ne doit pas être oubliée”.
“Le combat n’est pas fini et il doit être poursuivi”
Lucie Tetaronia Tiffenat a également été mise sur le devant de la scène. Originaire de Raivavae, elle occupe une place reconnue dans le paysage social de Polynésie. Syndicaliste et militante, membre de la confédération Otahi, elle défend depuis 40 ans les droits des femmes en Polynésie. “Ça m’est tombé dessus”, rigole-t-elle. Elle rappelle toutefois que s’il y a du mieux, “le travail est loin d’être terminé”.
“L’éducation des femmes est la clé de leur liberté.” La citation de Martine Tehiva Temarohirani résonne fort. Ancienne présidente d’association de parents d’élèves et membre du Conseil des femmes depuis près de quarante ans, elle est aujourd’hui membre du Cesec et présidente de l’association Tahiti i te Rima.
Ina Utia a également reçu son trophée. C’est à travers le métier de l’artisanat qu’elle s’est distinguée, œuvrant à la promotion, à la structuration et à la transmission des savoir-faire artisanaux traditionnels.
Enfin, alors qu’Olympe de Gouges réclamait déjà l’égalité dans le travail pour les femmes au XVIIIe siècle, la question reste encore d’actualité aujourd’hui. Les femmes gagnent toujours près de 20 % de moins que les hommes. Une réalité dont a conscience Muriel Merceron qui se bat au quotidien pour l'égalité des sexes dans les entreprises. “C’est important qu’il y ait des visages féminins dans des métiers de taille”, appuie l’avocate au barreau de Papeete depuis plus de vingt ans, installée dans son propre cabinet depuis 2008. Elle est également présidente de l’association Femmes Chefs d’entreprise de Polynésie française, un réseau international qui œuvre pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin, encourager le leadership des femmes et créer des espaces de solidarité entre dirigeantes. Elle est aussi membre du Conseil de l’Ordre du barreau de Papeete.
“Le combat n’est pas fini et il doit être poursuivi”, a martelé Aline Flore avant de conclure sur une idée : pourquoi ne pas organiser ces remises de trophées dans les îles qu’elle qualifie d’“isolées” ? Une manière, selon elle, de continuer à faire vivre la solidarité et l’engagement féminin dans toute la Polynésie.
“Je suis là, j’existe”, a commencé Nathalie Heirani Salmon-Hudry, née infirme moteur cérébral, lorsqu’elle a reçu son trophée. Aujourd’hui engagée au sein du gouvernement de la Polynésie française en tant que déléguée interministérielle au handicap et à l’inclusion, elle a porté un message d’espoir qui a ému le public. À travers sa devise, “viser la lune, vous atteindrez les étoiles”, elle a tenu à adresser un message “à toutes les Nathalie qui attendent un regard ou un message dans la rue de ne pas abandonner”.
À l’évocation de son nom, certains membres du public ont redoublé d’attention. Il faut dire que Yvette Tapea Temauri a marqué les esprits. Celle qui approche des 80 ans a porté la voix des femmes polynésiennes dans de nombreuses instances régionales et internationales du Pacifique. Elle est devenue en 1966 directrice du centre territorial d’information des droits des femmes et des familles. Depuis 2010, elle est membre de l’Académie tahitienne, a été présidente de la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire pendant sept ans et siège aujourd’hui au Conseil économique, social, environnemental et culturel de la Polynésie française (Cesec). Lors de son discours, elle a rappelé qu’“une famille, c’est un papa et une maman et la place de l’homme ne doit pas être oubliée”.
“Le combat n’est pas fini et il doit être poursuivi”
Lucie Tetaronia Tiffenat a également été mise sur le devant de la scène. Originaire de Raivavae, elle occupe une place reconnue dans le paysage social de Polynésie. Syndicaliste et militante, membre de la confédération Otahi, elle défend depuis 40 ans les droits des femmes en Polynésie. “Ça m’est tombé dessus”, rigole-t-elle. Elle rappelle toutefois que s’il y a du mieux, “le travail est loin d’être terminé”.
“L’éducation des femmes est la clé de leur liberté.” La citation de Martine Tehiva Temarohirani résonne fort. Ancienne présidente d’association de parents d’élèves et membre du Conseil des femmes depuis près de quarante ans, elle est aujourd’hui membre du Cesec et présidente de l’association Tahiti i te Rima.
Ina Utia a également reçu son trophée. C’est à travers le métier de l’artisanat qu’elle s’est distinguée, œuvrant à la promotion, à la structuration et à la transmission des savoir-faire artisanaux traditionnels.
Enfin, alors qu’Olympe de Gouges réclamait déjà l’égalité dans le travail pour les femmes au XVIIIe siècle, la question reste encore d’actualité aujourd’hui. Les femmes gagnent toujours près de 20 % de moins que les hommes. Une réalité dont a conscience Muriel Merceron qui se bat au quotidien pour l'égalité des sexes dans les entreprises. “C’est important qu’il y ait des visages féminins dans des métiers de taille”, appuie l’avocate au barreau de Papeete depuis plus de vingt ans, installée dans son propre cabinet depuis 2008. Elle est également présidente de l’association Femmes Chefs d’entreprise de Polynésie française, un réseau international qui œuvre pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin, encourager le leadership des femmes et créer des espaces de solidarité entre dirigeantes. Elle est aussi membre du Conseil de l’Ordre du barreau de Papeete.
“Le combat n’est pas fini et il doit être poursuivi”, a martelé Aline Flore avant de conclure sur une idée : pourquoi ne pas organiser ces remises de trophées dans les îles qu’elle qualifie d’“isolées” ? Une manière, selon elle, de continuer à faire vivre la solidarité et l’engagement féminin dans toute la Polynésie.






























