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Guerre des chefs de la police à Vanuatu: nouveaux rebondissements



Joshua Bong
Joshua Bong
PORT-VILA, jeudi 4 octobre 2012 (Flash d’Océanie) – La Commission des Services de la Police de Vanuatu, qui a entériné le week-end dernier la reconduction de M. Joshua Bong au poste de chef des forces de l’ordre, après trois mois de mise à pied, a fait l’objet mercredi d’un sérieux remaniement de la part du Président de Vanuatu.
Mercredi, le Président entrait à nouveau en scène pour annoncer des changements significatifs dans la composition de cet organe chargé de superviser le fonctionnement de la police nationale.
Le Président Tony Ata, qui aurait présenté sa démission du fait de son intention de se présenter aux toutes prochaines législatives, a été remplacé par un autre ancien chef de la police, dont le nom n’est pas précisé.
Deux autres membres de cette même commission, Willie Ben Karie (Vice-président) et Harry Collins (membre) ont été limogés et remplacés par Herve Hopkins et Solomon Wari, rapporte la radio nationale, qui ajoute que ce remaniement a été confirmé par le ministre de tutelle George Wells.
Willie Ben Karie, depuis, parle d’atteinte à l’indépendance de la Commission et affirme qu’il n’a pas encore vu la lettre concernant son limogeage.
Il a déclaré se réserver le droit de donner suite, y compris devant la justice, après avoir consulté un avocat.

Ce remaniement intervient peu après la prise de position de la Commission, en faveur de M. Bong.
Cette Commission a déclaré en milieu de semaine, en forme de concession, qu’elle effectuerait une nouvelle évaluation des performances de l’intéressé, lundi 8 octobre 2012.
Cette Commission, depuis sa décision de reconduire M. Bong dans ses fonctions, se trouve en confrontation directe avec le ministre de tutelle (Intérieur), George Wells, qui lui demandait depuis trois jours de revenir sur cette nomination.
M. Wells maintient qu’un autre officier de police, Arthur Caulton, qui assurait l’intérim de M. Bong depuis fin juin 2012, devrait continuer à assurer cet intérim en attendant une nouvelle nomination au poste de numéro un de la police nationale.
M. Bong, alors que sa période de suspension de trois mois (aux motifs d’incompétence) était sur le point d’arriver à son terme, ainsi que la durée son contrat, le 30 septembre 2012, a ordonné l’arrestation de M. Caulton, ainsi que de deux autres responsables : le Président de la Commission des Services de Police Tony Arthur et le commandant de la division du Sud Vanuatu (y compris l’île de Tanna), Pierre Carlot.
Il les faisant ensuite comparaître devant la justice en les accusant de mutinerie et d’incitation à la mutinerie.
Le même jour, la Commission des Services de la Police se réunissait en urgence, un dimanche, et décidait de reconduire M. Bong dans ses fonctions pour une durée supplémentaire de cinq ans.
Les trois suspects ont été remis en liberté sous caution le lendemain.
D’ici à la réunion de la Commission, lundi 8 octobre 2012, c’est le statut quo qui prévaut : M. Bong reste en place.
En attendant, la décision de cette Commission de reconduire M. Bong n’a toujours pas été entérinée par le Président de la République, Iolu Abbil, qui a quitté précipitamment la capitale pour se rendre sur son île natale de Tanna, où il se trouverait toujours.
M. Bong, entre-temps, a appelé la population au calme en assurant que la police continuerait à assurer ses fonctions.
Il a aussi, sur les ondes de la radio nationale dimanche, démenti toute intention d’arrêter le Président Abbil alors que celui-ci avait quitté Port-Vila samedi, après l’arrestation des trois officiers supérieurs.

Les élections législatives sont prévues pour avoir lieu à Vanuatu le 30 octobre 2012.

Dès fin juin 2012, le gouvernement de l’archipel s’inquiétait de la probabilité d’éventuelles tensions au sein de sa police, à la suite d’une décision présidentielle intervenue peu avant de mettre à pied le chef des forces de l’ordre, Joshua Bong, dans le but affiché de mettre fin à un conflit qui l’opposait à celui qui assurait son intérim, Arthur Caulton.
Mi-juin 2012, le Président de Vanuatu, Iolu Abbil, avait dû intervenir afin de contenir les tensions entre les deux hommes.
Quelques jours auparavant, M. Bong avait saisi la Cour Suprême, qui avait statué en sa faveur.

Mais le verdict présidentiel de juin 2012, contre M. Bong, semble avoir laissé des traces.
Dès après cette intervention présidentielle de juin, Georges Wells, ministre de l’intérieur, en charge de la police nationale, ne cachait pas son intention de surveiller de très près l’évolution de la situation en commençant par ordonner une enquête en internes sur des bruits de « mutinerie » au sein des forces de l’ordre.
M. Wells, qui parlait alors de faits « graves » et « lourds de conséquences » s’ils sont avérés, avait ordonné à l’intérimaire Arthur Caulton de se charger de cette enquête.
Ces préoccupations faisaient suite à des « avertissements » qui auraient été formulés par plusieurs officiers hauts placés et qui seraient opposés à une série de mutations aux postes clés au sein des rangs supérieurs de la police.

M. Bong avait été une première fois mis à pied par la commission des services de la police, organe qui tient lieu de comité de discipline pour la police nationale vanuatuane.
La commission avait alors évoqué un manque de compétence et avait mis l’officier en « congés forcés », au titre de ses droits à faire valoir sur ses congés annuels.
Depuis, c’est son adjoint Arthur Caulton, qui avait assuré son intérim et avait très rapidement acquis une haute visibilité médiatique, partiellement en raison d’une nouvelle évasion en masse de prisonniers dans la capitale et qui a eu pour conséquence une vague de criminalité et l’assassinat à leur domicile d’un couple de Néerlandais en retraite, à Port-Vila.
Après la décision de la Cour Suprême, M. Bong avait tenté de reprendre son poste, mais M. Caulton avait refusé de lui céder la place.
M. Bong avait alors estimé qu’il s’agissait d’une « incitation à la mutinerie » et avait porté plainte.

En 2002, une tentative de mise en œuvre de réformes drastiques et d’intégration de la police aux Forces Mobiles de Vanuatu (les VMF, force paramilitaire) avait causé de graves tensions au sein des forces de l’ordre, conduisant au bord d’un affrontement direct entre camps opposés.

pad

Rédigé par PAD le Jeudi 4 Octobre 2012 à 05:42 | Lu 669 fois




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