Mauvaise surprise ce mardi pour les habitants de la côte Est, qui ont subi les embouteillages en raison du mouvement de grève du service de l'équipement. (Photo : Garance Colbert)
Tahiti, le 1er juillet 2025 - Alors que la grève menée par la Fraap vient tout juste d'être qualifiée d'illicite par le juge des référés, ses répercussions ont d'ores et déjà impacté la population locale de Tahiti et des îles. Embouteillage, rupture des approvisionnements inter-îles, annulation des réservations touristiques, des dommages collatéraux nombreux qui pourraient bien se poursuivre malgré tout si aucun accord n'est trouvé entre les différents partis ces prochains jours.
“Nous sommes pris en otage”, s'est offusquée Imelda Tetuanui, résidente de la côte est de Tahiti, qui a eu la mauvaise surprise de tomber dans les embouteillages ce mardi matin alors qu'elle se rendait au travail. “J'habite à Ahonu et j'ai mis pas moins de deux heures pour arriver à Papeete, soit pour effectuer seulement 13 km. En temps normal, la circulation est déjà très dense sur ce trajet, mais là, toutes les voitures étaient à l'arrêt !” Et pour cause, au niveau de la commune de Arue, les blocs de béton permettant d'alterner la circulation au moment des heures de pointe n'ont pas été déplacés en raison de la grève menée par la Fédération de rassemblement des agents de l’administration publique (Fraap) qui s'est étendue au service de l'équipement. “Ce matin, ce ne sont pas seulement les adultes qui ont été pénalisés, mais également les enfants qui sont tous arrivés très en retard à l'école”, a tenu à souligner Imelda, tout en précisant que “nous avons tous des contraintes d'ordre personnel ou familial. Je trouve que cette pratique est une prise en otage de la population !”
Le Heiva pris entre deux feux
Un sentiment partagé par les troupes de danse traditionnelle, affectées à la fois par le mouvement de grève des agents de la Maison de la culture mais aussi par celui des pompiers de l'aviation civile. “La grève impacte l'approvisionnement en matériaux pour les grands costumes traditionnels, ainsi que le costume végétal”, explique Tiare Trompette, cheffe de la prestigieuse troupe Hei Tahiti. “Certaines commandes s'annulent parce qu'il n'y a pas de vols et du coup, on essaie de faire rapatrier des tiare tahiti par bateau par exemple. Et depuis hier, j'ai dû hélas prendre la décision de modifier le costume végétal pour faire avec ce que l'on a de disponible sur Tahiti.”
Un choix périlleux compte tenu de l'effort requis. “On ne dort plus car il faut tout revoir, c'est la catastrophe. Les danseurs sont tout aussi inquiets car nous n'avons pas de visibilité. Depuis 48 heures, c'est un peu pénible car je n'ai pas de réponse à leur donner quant à l'annulation ou pas du Heiva. Et puis surtout, ils sont fatigués car on leur demande de modifier des choses alors que tout était organisé et bien ficelé depuis le début.” Pour rappel, un groupe de cette envergure rassemble plus de 200 artistes et implique une cinquantaine de personnes dédiées à la seule confection des costumes. Et pour ceux qui ont débuté l'aventure dès le début, les répétitions ont commencé au mois de novembre dernier. Exténuée mais jamais résignée, la cheffe de troupe confie : “Nous sommes très fatigués mais on garde bon espoir de pouvoir danser jeudi. On prie les tupuna et les bonnes étoiles dans le ciel.”
Les îles en colère
Autres victimes de la grève des pompiers aéroportuaires, et pas des moindres, les résidents des différents archipels et les touristes, empêchés de rentrer chez eux ou de quitter certaines îles. À Mataiva, Edgard Tetua, gérant de la pension Mataiva Village, dénonce : “Nous avions des arrivées prévues dimanche, mais avec la grève, nous avons perdu cette clientèle. Évidemment, les clients présents à la pension ont eux aussi été embêtés par tout ça. Heureusement, par souci d'un minimum de service à assurer, Air Tahiti a pu programmer un vol retour pour une soixantaine de personnes aujourd'hui. En revanche, si la situation ne s'améliore pas, le vol du jeudi sera sans doute annulé et peut-être même celui de dimanche prochain. Le souci, pour nous, c'est que les clients vont inéluctablement annuler leurs réservations. Beaucoup d'entre eux ont profité de congés annuels pour pouvoir venir et donc si l'île n'est pas desservie, ils n'hésiteront pas à changer leur programme de vacances et leur destination. 60 % de nos clients préfèrent annuler que de reporter leur réservation. À titre personnel, je suis vraiment déçu de cette situation. Ce n'est pas la première fois que nous subissons cette grève des pompiers de l'aviation civile. Et tout ça, non seulement ça pénalise le tourisme, mais également le fonctionnement de l'île.”
Et le gérant de la pension va plus loin et témoigne : “Nous étions censés avoir un vol scolaire samedi, afin de ramener nos enfants depuis Rangiroa. Mais avec la grève, ils sont restés coincés là-bas jusqu'à hier (lundi 30 juin, NDLR). Il a donc été décidé de les ramener par bateau, sauf qu'il a fallu les faire partir de là-bas à 6 heures du matin pour qu'ils arrivent ici à 19 h 30 ! Ils ont pris des risques pour d'abord desservir les îles de Makatea et Tikehau, avant d'arriver ici.” Une anecdote qui fait écho à plusieurs témoignages circulant sur les réseaux sociaux, où les habitants des îles les plus éloignées ont dû s'aventurer en haute mer pour rejoindre leur famille.
Et si ce mardi, le juge des référés a jugé illicite la grève générale menée par la Fraap, celle-ci a néanmoins toujours la possibilité de déposer un nouveau préavis, dans les règles cette fois, et peut également faire appel de cette décision sous 15 jours.
“Nous sommes pris en otage”, s'est offusquée Imelda Tetuanui, résidente de la côte est de Tahiti, qui a eu la mauvaise surprise de tomber dans les embouteillages ce mardi matin alors qu'elle se rendait au travail. “J'habite à Ahonu et j'ai mis pas moins de deux heures pour arriver à Papeete, soit pour effectuer seulement 13 km. En temps normal, la circulation est déjà très dense sur ce trajet, mais là, toutes les voitures étaient à l'arrêt !” Et pour cause, au niveau de la commune de Arue, les blocs de béton permettant d'alterner la circulation au moment des heures de pointe n'ont pas été déplacés en raison de la grève menée par la Fédération de rassemblement des agents de l’administration publique (Fraap) qui s'est étendue au service de l'équipement. “Ce matin, ce ne sont pas seulement les adultes qui ont été pénalisés, mais également les enfants qui sont tous arrivés très en retard à l'école”, a tenu à souligner Imelda, tout en précisant que “nous avons tous des contraintes d'ordre personnel ou familial. Je trouve que cette pratique est une prise en otage de la population !”
Le Heiva pris entre deux feux
Un sentiment partagé par les troupes de danse traditionnelle, affectées à la fois par le mouvement de grève des agents de la Maison de la culture mais aussi par celui des pompiers de l'aviation civile. “La grève impacte l'approvisionnement en matériaux pour les grands costumes traditionnels, ainsi que le costume végétal”, explique Tiare Trompette, cheffe de la prestigieuse troupe Hei Tahiti. “Certaines commandes s'annulent parce qu'il n'y a pas de vols et du coup, on essaie de faire rapatrier des tiare tahiti par bateau par exemple. Et depuis hier, j'ai dû hélas prendre la décision de modifier le costume végétal pour faire avec ce que l'on a de disponible sur Tahiti.”
Un choix périlleux compte tenu de l'effort requis. “On ne dort plus car il faut tout revoir, c'est la catastrophe. Les danseurs sont tout aussi inquiets car nous n'avons pas de visibilité. Depuis 48 heures, c'est un peu pénible car je n'ai pas de réponse à leur donner quant à l'annulation ou pas du Heiva. Et puis surtout, ils sont fatigués car on leur demande de modifier des choses alors que tout était organisé et bien ficelé depuis le début.” Pour rappel, un groupe de cette envergure rassemble plus de 200 artistes et implique une cinquantaine de personnes dédiées à la seule confection des costumes. Et pour ceux qui ont débuté l'aventure dès le début, les répétitions ont commencé au mois de novembre dernier. Exténuée mais jamais résignée, la cheffe de troupe confie : “Nous sommes très fatigués mais on garde bon espoir de pouvoir danser jeudi. On prie les tupuna et les bonnes étoiles dans le ciel.”
Les îles en colère
Autres victimes de la grève des pompiers aéroportuaires, et pas des moindres, les résidents des différents archipels et les touristes, empêchés de rentrer chez eux ou de quitter certaines îles. À Mataiva, Edgard Tetua, gérant de la pension Mataiva Village, dénonce : “Nous avions des arrivées prévues dimanche, mais avec la grève, nous avons perdu cette clientèle. Évidemment, les clients présents à la pension ont eux aussi été embêtés par tout ça. Heureusement, par souci d'un minimum de service à assurer, Air Tahiti a pu programmer un vol retour pour une soixantaine de personnes aujourd'hui. En revanche, si la situation ne s'améliore pas, le vol du jeudi sera sans doute annulé et peut-être même celui de dimanche prochain. Le souci, pour nous, c'est que les clients vont inéluctablement annuler leurs réservations. Beaucoup d'entre eux ont profité de congés annuels pour pouvoir venir et donc si l'île n'est pas desservie, ils n'hésiteront pas à changer leur programme de vacances et leur destination. 60 % de nos clients préfèrent annuler que de reporter leur réservation. À titre personnel, je suis vraiment déçu de cette situation. Ce n'est pas la première fois que nous subissons cette grève des pompiers de l'aviation civile. Et tout ça, non seulement ça pénalise le tourisme, mais également le fonctionnement de l'île.”
Et le gérant de la pension va plus loin et témoigne : “Nous étions censés avoir un vol scolaire samedi, afin de ramener nos enfants depuis Rangiroa. Mais avec la grève, ils sont restés coincés là-bas jusqu'à hier (lundi 30 juin, NDLR). Il a donc été décidé de les ramener par bateau, sauf qu'il a fallu les faire partir de là-bas à 6 heures du matin pour qu'ils arrivent ici à 19 h 30 ! Ils ont pris des risques pour d'abord desservir les îles de Makatea et Tikehau, avant d'arriver ici.” Une anecdote qui fait écho à plusieurs témoignages circulant sur les réseaux sociaux, où les habitants des îles les plus éloignées ont dû s'aventurer en haute mer pour rejoindre leur famille.
Et si ce mardi, le juge des référés a jugé illicite la grève générale menée par la Fraap, celle-ci a néanmoins toujours la possibilité de déposer un nouveau préavis, dans les règles cette fois, et peut également faire appel de cette décision sous 15 jours.




























