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Forum post-bac : premiers choix et grandes hésitations sous le chapiteau


Du 29 au 31 janvier, plus de 1 800 lycéens participent au Forum post-bac 2026, organisé par le ministère de l’Éducation et la DGEE.
Du 29 au 31 janvier, plus de 1 800 lycéens participent au Forum post-bac 2026, organisé par le ministère de l’Éducation et la DGEE.
Tahiti, le 29 janvier 2026 - Sous le chapiteau de la présidence, à Papeete, près de 1 800 lycéens sont attendus pendant trois jours pour le Forum post-bac 2026. Entre projets déjà bien tracés et grandes hésitations, les élèves viennent chercher des réponses concrètes… et dessiner les premières lignes de leur avenir.
 
Ce jeudi à 9 heures, le grand chapiteau de la présidence accueillait déjà plusieurs groupes de lycéens, notamment venus du lycée de Papara.
 
Au fil de la matinée, les arrivées se sont succédé pour cette première journée du Forum post-bac 2026, organisé par le ministère de l’Éducation et la Direction générale de l’éducation et des enseignements (DGEE). Dans les allées, deux profils se dessinent clairement : ceux qui savent déjà exactement ce qu’ils veulent faire, parfois depuis le collège, et ceux qui viennent “voir ce qui existe”. Certains stands attirent plus que d’autres. Gendarmerie et police sont rapidement prises d’assaut, tandis que l’hôtellerie-restauration démarre plus timidement.
 
Beaucoup de jeunes évoquent l’envie de partir en métropole ou à l’étranger, tout en cherchant souvent à commencer leur parcours au Fenua. Entre projets bien construits et hésitations assumées, le forum joue pleinement son rôle : permettre aux lycéens de poser leurs questions, de comparer les options et de commencer à se projeter. Un moment clé, à quelques mois du bac, où l’avenir prend peu à peu forme.
 
Pendant trois jours, près de 1 800 élèves sont attendus pour rencontrer une centaine d’exposants et découvrir quelque 90 formations, du BTS aux licences universitaires, en passant par les écoles de commerce, les filières professionnelles ou les études à l’étranger.
 

On sait déjà ce qu’on veut faire.” Raiani et Tinomoe, 16 ans, sont en terminale et avancent avec des idées claires. Toutes les deux s’orientent vers une licence santé. “Moi, j’aimerais devenir médecin”, explique l’une. L’autre hésite encore. Les jeunes femmes savent qu’il leur faudra commencer leurs études en Polynésie avant de partir poursuivre leur cursus en métropole. “On est surtout venues pour avoir plus de détails sur le parcours.” Autour d’elles, beaucoup d’amis savent déjà ce qu’ils veulent faire. Pour ces élèves, le forum sert surtout à confirmer un choix déjà mûri.

Pour Hanihei, 17 ans, le forum est une étape importante. Venue chercher des informations sur une licence Sciences de la vie et les bourses, elle espère devenir prof. “C’est vraiment bien organisé, on trouve toutes les infos au même endroit”, résume-t-elle. À ses côtés, Maury, également élève à Papara, hésite encore. Il s’intéresse aux écoles de commerce et envisage un départ hors du territoire. Même constat pour Eliezer, 17 ans, attiré par la gestion d’entreprise : “Il y a plein de possibilités, je cherche encore mais je voudrais quitter Tahiti”.

Tous les lycéens ne rêvent pas forcément de quitter la Polynésie. Thirani se projette déjà dans la gendarmerie. “Ce qui m’attire, c’est l’action, le port de l’uniforme et le fait de pouvoir bouger”, explique-t-il, après s’être renseigné sur les concours, très sélectifs. Son objectif : s’engager tout en gardant un lien fort avec le territoire. À ses côtés, Helija envisage plutôt une orientation dans le commerce ou le tourisme, via un BTS ou le lycée hôtelier. Si elle n’exclut pas de partir un jour, elle regarde d’abord les formations accessibles localement. Une autre façon de construire son avenir, sans forcément tourner le dos au Fenua.

Gendarmerie : informer sans vendre du rêve
 
Ce jeudi matin, le stand de la gendarmerie fait partie des plus fréquentés. “Sur tous les forums, on est très sollicités”, confirme l’adjudant Anthony Doucet, chef du centre de recrutement. Les questions reviennent inlassablement : faut-il un diplôme ? Comment se déroule le concours ? Faut-il partir en métropole pour se former ? “Notre rôle est de coller à la réalité, pour éviter que les jeunes aient de mauvaises surprises”, explique-t-il. S’ils doivent généralement partir en métropole, la volonté est de mettre en place, à terme, une formation locale dédiée pour les futurs gendarmes adjoints volontaires, avec l’objectif de favoriser ensuite une affectation en Polynésie. Femmes et hommes se présentent en nombre équivalent. Mais la sélection reste exigeante. “Il y a beaucoup de candidats, mais peu d’élus. On oriente chacun selon son profil. L’idée n’est pas de recruter à tout va, mais d’apporter la bonne information pour que les jeunes puissent faire un choix éclairé.

Hôtellerie-restauration : un secteur qui peine à attirer
 
Ambiance plus calme du côté du lycée hôtelier. “On est assez étonnés, il y a peu de passage pour l’instant”, observe Vaiana Mihuraa, professeure d’hôtellerie-restauration. Une situation paradoxale alors que le tourisme a créé plus de 700 emplois en 2025. Selon l’enseignante, l’image de métiers exigeants – horaires lourds, travail physique, rémunérations jugées peu attractives – peut freiner certains lycéens. Ceux qui s’arrêtent au stand viennent surtout chercher des informations sur l’accès au BTS tourisme. Pourtant, l’enseignante souligne une nouveauté : le certificat de spécialisation employé barman est désormais ouvert à tous les bacheliers, et plus seulement aux élèves issus de filières hôtelières. Une ouverture qui vise à élargir le recrutement, dans un secteur toujours en demande de main-d’œuvre.
 

Rédigé par Darianna Myszka le Jeudi 29 Janvier 2026 à 13:33 | Lu 343 fois