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Fin du délai de réflexion pour l'IVG : des réactions aux antipodes



Paris, France | | vendredi 20/03/2015 -"Avancée" pour les féministes, décision "grave" pour l’Église: la fin annoncée du délai de réflexion imposée aux femmes souhaitant une interruption volontaire de grossesse (IVG) a suscité vendredi des réactions antagonistes.

"La suppression du délai de réflexion est une avancée que nous réclamions depuis longtemps", a rappelé Isabelle Fride du Planning familial 75.

"C'était un frein supplémentaire (à l'avortement) et un facteur de culpabilisation. La majorité des femmes ont déjà réfléchi quand elles consultent la première fois", a-t-elle ajouté.

Actuellement, deux consultations médicales sont obligatoires avant une IVG, avec un délai de réflexion d'une semaine entre les deux (réduit à 48 heures en cas d'urgence). Les députés ont supprimé ce délai en amendant en commission le projet de loi Santé dans la nuit de mercredi à jeudi.

"Les femmes qui décident d’avorter savent ce qu’elles font. Ce délai qu'on leur imposait était infantilisant", a commenté Claire Serre-Combe, porte-parole du collectif "Osez le féminisme!" qui soutient "à 100%" la réforme.

"Je ne savais pas que permettre aux femmes un minimum de recul était infantilisant", a rétorqué Mgr Guy de Kerimel, ancien président du groupe de travail sur l'avortement à la Conférence des évêques de France.

Pour lui, "ce qui est grave, c'est d'empêcher de prendre le temps de la réflexion": "Vous avez sept jours pour vous rétracter quand vous achetez quelque chose à distance, onze pour signer un crédit: est-ce à dire que le petit être dans le ventre de sa mère est moins que cela?", a plaidé l'évêque de Grenoble.

Un argument également développé par la députée FN, Marion Maréchal-Le Pen qui a twitté: "Quand on achète un micro-ondes sur internet, on a sept jours pour se rétracter. Mais pour avorter plus besoin."

"Comme si le degré de réflexion d'une femme qui prend la décision d'interrompre une grossesse, était comparable à celui d'un consommateur qui revient sur un achat d'une cinquantaine d'euros !" ont répliqué les Effrontées.

Pour ces féministes, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen véhicule une vision "passéiste, soumise à une idéologie patriarcale qui continue à priver les femmes du choix du nombre d'enfants qu'elles auront ou de la temporalité pour les avoir."

Si elles se réjouissaient de l'abandon du délai de réflexion, les associations féministes regrettaient le retrait d'un amendement sur la clause de conscience.

Une députée avait proposé de supprimer la clause qui permet aux médecins de refuser de pratiquer une IVG, au motif qu'elle est redondante avec la clause de conscience s'appliquant à tout acte médical.

La ministre de la Santé Marisol Touraine avait émis "un avis résolument défavorable" à cet amendement, jugeant qu'il ne fallait pas "ranimer de débat éminemment symbolique dans un contexte de tensions sur un certain nombre de sujets de société".

Le sujet reviendra pourtant rapidement sur la table, lors de l'examen du projet de loi dans l'hémicycle du 31 mars au 10 avril.

Environ 210.000 interruptions volontaires de grossesse sont pratiquées chaque année en France, un chiffre stable.

Rédigé par () le Lundi 23 Mars 2015 à 05:11 | Lu 594 fois




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