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Facebook renforce ses effectifs pour expurger les contenus violents



San Francisco, Etats-Unis | AFP | mercredi 03/05/2017 - Après la diffusion en direct de plusieurs actes violents dont des meurtres, Facebook a annoncé mercredi l'embauche de 3.000 personnes supplémentaires pour filtrer les contenus postés sur le réseau social par près de deux milliards d'utilisateurs.

C'est le patron-fondateur Mark Zuckerberg lui-même qui a annoncé sur sa page personnelle ce renforcement d'ici un an d'une équipe qui emploie actuellement 4.500 personnes.
"Si nous devons bâtir une communauté sûre, il nous faut répondre rapidement (...) que ce soit à quelqu'un qui a besoin d'aide ou pour supprimer une publication", a-t-il écrit.
Cette annonce intervient après plusieurs drames filmés en direct sur Facebook ou dont la vidéo a été mise en ligne après les faits, des publications qui ont choqué les internautes dans le monde entier.
Il y a une semaine, un Thaïlandais de 20 ans a tué son bébé de onze mois avant de se suicider en direct sur Facebook Live.
La semaine précédente, un Américain de 37 ans avait abordé dans la rue un parfait inconnu --un retraité de 74 ans-- et l'avait abattu de sang-froid sans mobile apparent, puis avait publié la vidéo des événements sur Facebook. Surnommé le "meurtrier de Facebook", il s'est suicidé après trois jours de traque.
Le réseau social avait mis plusieurs heures à retirer ces images, s'attirant les foudres des internautes et suscitant des appels à la désactivation de Facebook Live, une fonctionnalité stratégique au développement de l'entreprise.
D'autres actes violents, notamment des viols et des suicides, ont également été diffusés en direct ou non sur Facebook.
M. Zuckerberg a reconnu que le premier réseau social au monde se devait d'assumer son rôle face à cette tendance inquiétante: "Nous avons vu des gens se faire du mal et faire du mal aux autres sur Facebook --que ce soit en direct ou sur des vidéos postées plus tard", a-t-il relevé.
 

- Expurger les murs -

 
"C'est bouleversant, et j'ai réfléchi à la façon dont nous pourrions faire mieux pour notre communauté", a-t-il poursuivi, pour expliquer la décision d'augmenter de deux-tiers le nombre de superviseurs.
Selon lui, ces forces supplémentaires "aideront à mieux supprimer les contenus qui ne sont pas autorisés sur Facebook comme les discours haineux et le trafic d'enfants".
"Et nous continuerons à travailler avec les communautés locales et la police qui sont dans une meilleure position pour aider les personnes qui en ont besoin, qui sont sur le point de se faire du mal ou sont en danger à cause d'autrui".
Le jeune PDG a aussi affirmé que le réseau social créé en 2004 travaillait à des technologies susceptibles d'identifier les contenus violents, et a fait valoir certains succès.
"La semaine dernière, on nous a informés que quelqu'un sur (Facebook) Live envisageait de se suicider", a-t-il raconté. "Nous avons aussitôt contacté les forces de l'ordre, qui ont pu l'empêcher de se faire du mal. Nous n'avons pas eu autant de chances dans d'autres affaires".
Cette initiative destinée à expurger le réseau social de contenus violents ou choquants intervient au moment où il tente une métamorphose, pour passer d'une zone de partage entre proches à une plateforme mondiale d'information et même de diffusion libre d'images personnelles en temps réel.
Facebook a annoncé en avril plusieurs actions visant à assainir les "murs" de ses utilisateurs, notamment pour contrecarrer les efforts de gouvernements et d'autres entités pour diffuser de fausses informations ou manipuler des discussions pour des raisons politiques.
Outre le piratage ou les escroqueries financières, la société entend ainsi s'attaquer à "des formes plus subtiles et insidieuses d'abus, y compris des tentatives pour manipuler les discours civiques et tromper les gens".
Le groupe a pris des mesures pour lutter contre les "fausses informations", qu'il avait été accusé d'avoir trop laissé circuler durant la campagne présidentielle américaine, favorisant ainsi la victoire du républicain Donald Trump.
Quelques jours plus tôt, il avait lancé une nouvelle arme dans la guerre contre le "porno vengeur" sur ses propres pages ainsi que sur son service de messagerie Messenger et sur la plateforme Instagram.
Lorsque sera signalée la diffusion sans consentement de photos ou vidéos intimes, la firme utilisera une technologie de reconnaissance pour éviter un partage sur d'autres plateformes.

le Jeudi 4 Mai 2017 à 03:30 | Lu 248 fois





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