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"Epidémie" d'absences chez les témoins au procès Chossat, le repenti" corse



Aix-en-Provence, France | AFP | lundi 28/10/2019 - Le procès de Claude Chossat, "repenti" autoproclamé et ex-homme de main de Francis Mariani au sein du gang corse de la Brise de Mer, a débuté lundi par "une épidémie" de certificats médicaux pour excuser l'absence de témoins à Aix-en-Provence. 

"Nous avons une épidémie actuellement en Corse", a ironisé le président de la course d'assises des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Tournier, lundi après-midi, devant la litanie des absences pour raisons médicales parmi les 29 témoins de l'accusation.
Le président Tournier a également souligné avec malice le décès de mort naturelle d'un autre acteur de ce dossier, "chose suffisamment rare pour être soulignée".
Claude Chossat, 42 ans, qui comparaît libre, est accusé d'assassinat en bande organisée et d'association de malfaiteurs. C'est lui qui aurait abattu Richard Casanova, alias "Charles" ou "le menteur", le 23 avril 2008, sur le parking d'une concession Volkswagen de Porto-Vecchio (Corse du Sud).
"Connu comme une figure du banditisme corse et continental, considéré comme (un) +intouchable+ en tant que membre de la Brise de Mer", Casanova serait un des membres fondateurs de ce gang né en Haute-Corse dans les années 70 selon les enquêteurs.
Claude Chossat, dont l'ADN a été retrouvé sur le pas de tir ayant servi au meurtre, a toujours nié être le tueur. Selon lui c'est Francis Mariani qui aurait abattu Casanova. Mais Francis Mariani est décédé depuis, tué en janvier 2009 dans l'explosion d'un hangar.
Toujours selon l'accusé, ce n'est pas Casanova qui était la cible initiale: en espionnant le gérant de cette concession automobile, Mariani voulait seulement repérer Jean-Luc Germani, le frère de la compagne de Casanova, qu'il soupçonnait de vouloir l'assassiner. Et Mariani aurait abattu Casanova sur un coup de tête.
Avant l'ouverture des débats, Me Pierre Bruno, avocat des parties civiles et notamment des parents de Richard Casanova et de son ancienne compagne, présents lundi à l'audience, a dénoncé cette image de "repenti" dont voudrait bénéficier Claude Chossat: "On n'a pas droit à ce statut quand on est impliqué dans des meurtres de sang", a-t-il insisté, qualifiant l'accusé de "manipulateur".
Me Edouard Martial, défenseur de M. Chossat, a lui demandé une "évolution de la loi" sur cette question, "si on veut mettre fin à l'omerta".
"L'envoyer en prison, ce serait l'envoyer se faire tuer", a déclaré de son côté Sandrine Chossat, l'épouse de l'accusé, affirmant vivre dans la peur: "J'ai toujours un sac prêt pour partir, quand je n'ai pas de nouvelles de Claude pendant une demi-heure je m'inquiète".  
Avec Claude Chossat, un second accusé comparaît à Aix, pour deux semaines, jusqu'au 8 novembre: David Taddei, 45 ans, aurait fourni tout un lot d'armes à Francis Mariani, dont un fusil M16 de calibre 223, le calibre en cause. Il nie cette accusation.

le Lundi 28 Octobre 2019 à 05:31 | Lu 269 fois




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