Tahiti, le 9 septembre 2025 – Les quatorze marins équatoriens interpellés en décembre dernier alors qu'ils venaient de jeter 520 kilos de cocaïne dans la mer à 1300 km de Tahiti ont été jugés mardi par le tribunal correctionnel. Les prévenus, qui ont nié les faits en assurant qu'il avait pêché la drogue par hasard, ont écopé de peines comprises entre six et huit ans de prison ferme. Ils vont tous faire appel.
Le tribunal correctionnel a jugé, mardi, les 14 marins équatoriens qui avaient été interpellés en décembre 2024 sur un navire de pêche battant pavillon espagnol alors qu'ils venaient de jeter onze ballots pleins de cocaïne au large des Australes dans les eaux internationales. Tel que l'a rappelé la présidente du tribunal en début d'audience, c'est à la faveur d'une mission de surveillance que le Bougainville – le bâtiment de soutien et d'assistance outre-mer (BSAOM) de la Marine française – avait repéré un bateau battant pavillon espagnol, le Raymi, qui naviguait à environ 1300 km de Tahiti.
Alors que le bâtiment militaire de surveillance tentait d'arraisonner le Raymi pour l'inspecter, plusieurs marins équatoriens se trouvant sur le navire espagnol avaient jeté onze ballots non reliés qui contenaient un total de 524 kilos de cocaïne. Le bateau de pêche, qui tentait d'accélérer, avait finalement fait l'objet de quatre tirs et les militaires avaient pu monter à son bord et récupérer la marchandise dans l'océan.
Pêche miraculeuse
Après cinq jours passés à bord du Bougainville, les 14 marins avaient finalement été placés en garde à vue dans les locaux de l'office antistupéfiants (Ofast) à Papeete et entendus en garde à vue. Treize des 14 mis en cause avaient livré une version selon laquelle la drogue s'était retrouvée “emmêlée” dans les filets du navire de pêche. Seul l'un des marins avait reconnu que le Raymi était destiné à convoyer de la cocaïne de l'Équateur vers l'Australie avant de se rétracter lors de son audition devant le juge d'instruction chargé de l'information judiciaire ouverte pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants.
Si le procès devait se dérouler sur deux jours, il n'aura finalement duré que quelques heures mercredi. À la barre du tribunal, les 13 marins – le dernier ayant été hospitalisé – ont effectivement décidé de reprendre ce que la présidente a qualifié de “version générale” concertée. Ces pères de famille, mariés pour la plupart, se sont en effet bornés à répéter que la drogue s'était retrouvée sur le bateau au terme d'une pêche miraculeuse. Ce à quoi la magistrate a répondu en revenant sur les “incohérences” de l'affaire. “Vous n'êtes pas d'accords sur les liens de parenté qui vous unissent, ni sur la durée de la campagne de pêche que vous deviez faire, ni même sur les avaries que vous auriez rencontrées.” Elle a par ailleurs rappelé qu'aucun matériel de pêche et pas plus de poissons n'avaient été retrouvés à bord du Raymi.
Un pays “cartellisé”
Lors de son audition, le marin qui avait avoué avant de se rétracter a blâmé les enquêteurs en les accusant de lui avoir “mis la pression” lors de sa garde à vue. L'homme, aidé d'une excellente interprète, tout comme ses coprévenus, a ensuite assuré qu'il avait été “maltraité” et qu'il était presque “inconscient” lors de sa garde à vue. Interrogé à son tour, le capitaine du navire espagnol a, pour sa part, affirmé qu'il n'était “pas mêlé” à tout cela, que “personne ne savait rien” et que l'équipage avait bien pêché du poisson durant la traversée. Il avait simplement dû le rejeter à la mer après un problème de frigos. Les expertises menées sur le navire avaient pourtant établi que les machines fonctionnaient normalement.
Face à l'omerta des prévenus, le procureur de la République a tenu à entamer ses réquisitions par un “rappel contextuel” en expliquant que l'Équateur est un pays situé entre les deux plus gros producteurs de cocaïne d'Amérique latine, la Colombie et le Vénézuéla. Un pays faisant figure de “point névralgique” du trafic qui a connu une “cartellisation de sa société” ces dernières années.
Une “part active de la France”
Le représentant du ministère public a ensuite dénoncé “l'incohérence complète” qui est ressortie des déclarations des prévenus : “Personne n'a été d'accord sur la durée de la campagne et il n'y avait pas de matériel de pêche, ce qui est bien embêtant.” Il a par ailleurs ironisé sur le fait que onze ballots de cocaïne non reliés entre eux puissent se retrouver “dans le même filet” en plein milieu du Pacifique. Avant de requérir neuf ans de prison contre le capitaine du bateau, huit ans contre son second et sept ans contre chacun des autres prévenus, le procureur a insisté sur la “part active” que doit prendre la France dans la lutte contre le narcotrafic.
Alors que les avocats avaient plaidé la relaxe car “on ne sait pas qui a fait quoi” dans ce dossier qui aurait dû, selon certains d'entre eux, faire l'objet de plus amples investigations, le tribunal correctionnel a finalement condamné le capitaine du Raymi à huit ans de prison ferme et son second à sept ans. Les autres prévenus ont quant à eux écopé de six ans de prison ferme. Ils vont tous faire appel.
Le tribunal correctionnel a jugé, mardi, les 14 marins équatoriens qui avaient été interpellés en décembre 2024 sur un navire de pêche battant pavillon espagnol alors qu'ils venaient de jeter onze ballots pleins de cocaïne au large des Australes dans les eaux internationales. Tel que l'a rappelé la présidente du tribunal en début d'audience, c'est à la faveur d'une mission de surveillance que le Bougainville – le bâtiment de soutien et d'assistance outre-mer (BSAOM) de la Marine française – avait repéré un bateau battant pavillon espagnol, le Raymi, qui naviguait à environ 1300 km de Tahiti.
Alors que le bâtiment militaire de surveillance tentait d'arraisonner le Raymi pour l'inspecter, plusieurs marins équatoriens se trouvant sur le navire espagnol avaient jeté onze ballots non reliés qui contenaient un total de 524 kilos de cocaïne. Le bateau de pêche, qui tentait d'accélérer, avait finalement fait l'objet de quatre tirs et les militaires avaient pu monter à son bord et récupérer la marchandise dans l'océan.
Pêche miraculeuse
Après cinq jours passés à bord du Bougainville, les 14 marins avaient finalement été placés en garde à vue dans les locaux de l'office antistupéfiants (Ofast) à Papeete et entendus en garde à vue. Treize des 14 mis en cause avaient livré une version selon laquelle la drogue s'était retrouvée “emmêlée” dans les filets du navire de pêche. Seul l'un des marins avait reconnu que le Raymi était destiné à convoyer de la cocaïne de l'Équateur vers l'Australie avant de se rétracter lors de son audition devant le juge d'instruction chargé de l'information judiciaire ouverte pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants.
Si le procès devait se dérouler sur deux jours, il n'aura finalement duré que quelques heures mercredi. À la barre du tribunal, les 13 marins – le dernier ayant été hospitalisé – ont effectivement décidé de reprendre ce que la présidente a qualifié de “version générale” concertée. Ces pères de famille, mariés pour la plupart, se sont en effet bornés à répéter que la drogue s'était retrouvée sur le bateau au terme d'une pêche miraculeuse. Ce à quoi la magistrate a répondu en revenant sur les “incohérences” de l'affaire. “Vous n'êtes pas d'accords sur les liens de parenté qui vous unissent, ni sur la durée de la campagne de pêche que vous deviez faire, ni même sur les avaries que vous auriez rencontrées.” Elle a par ailleurs rappelé qu'aucun matériel de pêche et pas plus de poissons n'avaient été retrouvés à bord du Raymi.
Un pays “cartellisé”
Lors de son audition, le marin qui avait avoué avant de se rétracter a blâmé les enquêteurs en les accusant de lui avoir “mis la pression” lors de sa garde à vue. L'homme, aidé d'une excellente interprète, tout comme ses coprévenus, a ensuite assuré qu'il avait été “maltraité” et qu'il était presque “inconscient” lors de sa garde à vue. Interrogé à son tour, le capitaine du navire espagnol a, pour sa part, affirmé qu'il n'était “pas mêlé” à tout cela, que “personne ne savait rien” et que l'équipage avait bien pêché du poisson durant la traversée. Il avait simplement dû le rejeter à la mer après un problème de frigos. Les expertises menées sur le navire avaient pourtant établi que les machines fonctionnaient normalement.
Face à l'omerta des prévenus, le procureur de la République a tenu à entamer ses réquisitions par un “rappel contextuel” en expliquant que l'Équateur est un pays situé entre les deux plus gros producteurs de cocaïne d'Amérique latine, la Colombie et le Vénézuéla. Un pays faisant figure de “point névralgique” du trafic qui a connu une “cartellisation de sa société” ces dernières années.
Une “part active de la France”
Le représentant du ministère public a ensuite dénoncé “l'incohérence complète” qui est ressortie des déclarations des prévenus : “Personne n'a été d'accord sur la durée de la campagne et il n'y avait pas de matériel de pêche, ce qui est bien embêtant.” Il a par ailleurs ironisé sur le fait que onze ballots de cocaïne non reliés entre eux puissent se retrouver “dans le même filet” en plein milieu du Pacifique. Avant de requérir neuf ans de prison contre le capitaine du bateau, huit ans contre son second et sept ans contre chacun des autres prévenus, le procureur a insisté sur la “part active” que doit prendre la France dans la lutte contre le narcotrafic.
Alors que les avocats avaient plaidé la relaxe car “on ne sait pas qui a fait quoi” dans ce dossier qui aurait dû, selon certains d'entre eux, faire l'objet de plus amples investigations, le tribunal correctionnel a finalement condamné le capitaine du Raymi à huit ans de prison ferme et son second à sept ans. Les autres prévenus ont quant à eux écopé de six ans de prison ferme. Ils vont tous faire appel.


























