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Egis-CDC annonce 26 milliards pour "l'aéroport du futur"


 
Tahiti, le 1er octobre 2021 – Le groupement Egis-Caisse des dépôts et consignations, qui a remporté il y a deux semaines le marché de la gestion de l'aéroport de Tahiti-Faa'a pour les 40 prochaines années, a rencontré le Pays cette semaine pour lui présenter son projet et un premier investissement de 14,3 milliards de Fcfp, sur 26 milliards prévus, pour "réaliser l’Aéroport du futur".
 
Deux semaines après avoir décroché le marché de la gestion de l'aéroport de Tahiti-Faa'a pour les 40 prochaines années, les représentant du groupement réunissant la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et Egis Airport Operation sont arrivés mercredi en Polynésie française pour rencontrer le gouvernement polynésien. Parmi eux, deux anciens directeurs de la société Aéroport de Tahiti ces dernières années : Frédéric Mor, actuellement directeur général d'Egis Airport Operation, et Eric Dumas, directeur général des aéroports belges d’Egis. Egalement du voyage, le directeur Pacifique et outre-mer de la Banque des Territoire –l'une des directions de la CDC– Hervé Tonnaire a accompagné les deux représentants d'Egis pour une réunion jeudi matin avec le gouvernement polynésien.
 
L'objectif de la réunion était de présenter le projet porté par Egis-CDC au Pays, qui sera actionnaire à 49% de la future société qui prendra la place d'Aéroport de Tahiti au 1er juin 2022. Le reste de l'actionnariat étant réparti à 30% pour la banque des territoires et 21% par Egis. Cette dernière société Egis étant aujourd'hui elle-même une entreprise d'ingénierie française détenue à 75% par la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique française exerçant des activités pour le compte de l'Etat.
 
A ce sujet, l'actionnariat d'Egis est actuellement en pleine mutation, puisque 40 à 44% des parts de la CDC doivent être rachetés par la société financière française : Tikehau Capital. Ça ne s'invente pas… Une société de gestion d'actifs fondée en 2004 et qui n'a de lien avec l'atoll des Tuamotu que les attaches personnelles de l'un de ses fondateurs, Antoine Flamarion. Dans l'entourage d'Egis, on assure néanmoins que ce rachat ne signifie en rien un "désengagement" de la CDC d'Egis, qui reste une "filiale stratégique" pour l'institution publique, mais que l'opération doit permettre à Egis de doper son développement à l'international.
 
Premier investissement de 14,3 milliards
 
Jeudi, le groupement Egis-CDC a donc présenté au Pays ses projets pour l'aéroport : "transformer la porte d’entrée aérienne de la Polynésie française et réaliser l’Aéroport du futur". Un investissement de 26 milliards Fcfp est annoncé, dont 14 milliards Fcfp au cours des cinq premières années de la concession. L'appel d'offres pour cette première tranche de 14,3 milliards de Fcfp, très précisément, a été publié vendredi matin. Il prévoit plusieurs travaux parmi lesquels "la création d'un nouveau canal de drainage au Nord-Est des aires de stationnement de l'aérodrome, la création d'une nouvelle voie de circulation entre la zone militaire et la piste principale, la création de trois postes gros porteurs en béton hydraulique, la démolition de bâtiments administratifs de l'Etat, l'extension et le réaménagement de l'aérogare et des parcs de stationnement automobile, l'extension et la création d'un réseau d'adduction en eau potable et eaux usées, y compris la station d'épuration".
 
Tout un programme, évoqué également depuis Paris par le ministre de l'Aménagement, Jean-Christophe Bouissou, qui rencontrait dans le même temps jeudi le Directeur général de l'aviation civile (DGAC), Damien Cazé. L'occasion pour le ministre d'évoquer les futurs "postes de stationnement avec passerelles qui faciliteront l’accès des passagers aux avions" dans le projet Egis-CDC, et d'indiquer que ledit projet fera l’objet d’un "examen technique approfondi des services du Pays", avec des négociations attendues dans les prochaines semaines pour "examiner les conditions d’association, tant au niveau juridique qu’au niveau financier". Selon nos informations, le gouvernement –qui s'était déjà "étonné" de ne pas avoir été davantage informé de l'état de la procédure d'appel d'offres pour l'aéroport de Tahiti-Faa'a– a notamment tiqué sur la hauteur du montant du capital social à apporter à la future société de gestion de l'aéroport.
 
Enfin, reste une dernière question en suspens. Celle du recours annoncé par la Chambre de commerce (CCISM), candidat déçu du marché de l'aéroport. Recours qui n'avait toujours pas été déposé vendredi au tribunal administratif de Papeete. Mais dont la simple évocation rappelle d'assez mauvais souvenirs aux actuels concessionnaires.
 
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Dimanche 3 Octobre 2021 à 17:25 | Lu 1772 fois