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Éducation à la sexualité : l’association familiale catholique tire la sonnette d’alarme


Éducation à la sexualité : l’association familiale catholique tire la sonnette d’alarme
Tahiti, le 16 juillet 2025 - L’association familiale catholique de Polynésie (AFCP) a lancé, dans un communiqué, un appel à la population et aux élus du Fenua pour dénoncer la possible introduction du programme national Evars (Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle) dans les écoles locales.  
 
Dans un communiqué transmis à la presse, l’association familiale catholique de Polynésie (AFCP) s’inquiète de la mise en place dans les écoles du Fenua du dispositif Evars (Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle) qui, selon elle, risquerait, “sous couvert de prévention, de bouleverser profondément l’esprit de nos enfants, dès la maternelle”, en introduisant des contenus qu’elle juge contraires aux valeurs familiales polynésiennes. L’AFCP évoque une “confusion identitaire”, une “banalisation de comportements non désirés”et, surtout, une atteinte au rôle éducatif des parents. “Selon nous, pour éviter les dérives, c’est aux parents de faire l’éducation de leurs enfants à ce sujet”, estime François Fremine, vice-président de l’association. 
 
Pourtant, le programme Evars, tel que présenté officiellement par le gouvernement français, poursuit des objectifs très encadrés : prévenir les violences sexuelles, favoriser le respect du consentement, lutter contre les stéréotypes de genre et promouvoir des relations affectives saines. Il ne s’agit pas, comme le craint notamment l’association, d’enseigner la sexualité explicite dès la maternelle, mais d’adapter les contenus à chaque âge. 
 
Par exemple, à l’école primaire, l’accent est mis sur le respect de soi et des autres, la gestion des émotions ou encore l’apprentissage du consentement à travers des situations de la vie quotidienne.
 
Ce programme, validé par le Conseil supérieur de l’éducation en janvier 2025, a été conçu avec des professionnels de santé, des enseignants et des associations agréées. Il prévoit également une formation spécifique des enseignants et une information préalable des familles. En ce sens, il ne vise pas à se substituer aux parents, mais à compléter leur rôle dans un cadre scolaire sécurisé.
 
À ce jour, contacté par Tahiti infos, le ministère de l’Éducation de Polynésie française n’a pas confirmé l’introduction d’Evars dans les établissements du territoire. La question reste donc ouverte, mais suscite déjà un débat entre préservation des valeurs locales et nécessité de mieux protéger les jeunes face aux violences et aux dérives du numérique.
 

Rédigé par Darianna Myszka le Mercredi 16 Juillet 2025 à 16:31 | Lu 3165 fois