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Edouard Fritch fait des promesses à Hereheretue



Herehetue, le 10 août 2018 - C’était la première fois qu’un membre du gouvernement foulait le sol de Hereheretue, un atoll isolé des Tuamotu. Sans eau courante ni électricité, la cinquantaine d’habitants de la commune se disent oubliés. Le président du Pays a promis de lancer dès que possible les travaux du débarcadère et l’électrification de l’île.

"Ça n’était jamais arrivé. C’est la première fois qu’un membre du gouvernement met les pieds à Herehetue. C’est un moment historique pour l’île" s’enthousiasme Marie-Madeleine Mairihau, la maire déléguée de Hereheretue. Le temps d’une journée la population de l’atoll a été multiplié par deux. Le président Edouard Fritch et plusieurs membres du gouvernement se sont rendus vendredi sur l’atoll des Tuamotu. "Je crois qu’il était nécessaire après les élections de se reconnecter avec la population et surtout les îles les plus oubliées. Je ne le cache pas, j’en suis responsable. Je me suis promis que pour cette mandature nous visiterions ces îles pour nous rendre compte sur le terrain de leurs réels besoins", indique le président du Pays, Edouard Fritch.

Environ 50 habitants, pas d’eau courante, ni d’électricité, mais surtout pas de débarcadère digne de ce nom. Le président du Pays a constaté l’urgence des travaux que réclame la maire déléguée soutenue par Theodore Tuahine, le maire de Hao qui dit avoir "interpellé le président sur deux sujets majeurs, le débarcadère de Hereheretue et l’électrification du village. Ce sont deux urgences."

Le projet du débarcadère est resté dans les tiroirs du gouvernement depuis près de quatre, cinq ans. En effet, l’atoll a pour seul débarcadère un carré de ciment perché sur le récif. Pour l’atteindre, il faut arriver par le large avec une baleinière descendre sur la petite esplanade qui sert de débarcadère et prendre une autre embarcation dans le lagon avec, à marée basse, guère plus de 50 centimètres de profondeur d’eau. Par mauvais temps, l’ile est inaccessible. "C’est parfois dangereux pour nos enfants de prendre le bateau pour aller au collège à Hao. On s’inquiète." D’ailleurs, le président du Pays et son gouvernement ont pu vivre l’expérience par eux-mêmes puisqu’au moment de quitter l’île, le vent et une grosse houle s’étaient levés.

Côté électrification, la population se s’alimente grâce à des générateurs gourmands en gasoil. "Herehetue est une bonne île pour l’hybride. L’énergie photovoltaïque quand il fait beau et le secours d’un groupe électrogène quand il pleut. Ici, le mauvais temps peut durer. Beaucoup sont partis parce qu’ils n’arrivaient pas à payer le gasoil pour l’électricité."

La mairesse espère que ces nouvelles infrastructures feront revenir la population sur l’atoll. "Déjà certains sont revenus quand ils ont appris qu’il y avait une nouvelle école. Alors quand il y aura un vrai débarcadère et l’électricité dans le village, c’est sûr qu’il y en a plus qui vont rentrer."

Le président du Pays et le ministre de l’Équipement estiment que le débarcadère devrait voir le jour d’ici 2019, pour un montant de 400 à 500 millions de francs. Quant à l’électrification, une étude doit être engagée pour savoir ce qu’il est possible de faire.
Ainsi, le président s’est donné comme objectif de se rendre dans les îles "oubliées" qui sont difficilement accessibles afin de faire connaître les besoins de la population mais surtout les urgences à traiter, en termes d’infrastructures.

"Aujourd’hui, il faut réparer cette injustice"

Vous avez fait beaucoup de promesses à Hereheretue par rapport à Anaa…
Non, ce sont beaucoup plus de besoins qu’à Anaa. Les chantiers qui ont fait l’objet d’échanges avec la mairesse sont de vieux chantiers. Le projet de quai à Herehetue doit dater d’il y a quatre ou cinq ans.

Qu’est-ce qui a fait que ça prenne autant de temps ?
Le montant était un problème. Ce quai est estimé entre 400 et 500 millions ce qui est énorme surtout pour 56 personnes. C’est beaucoup. Économiquement ce n’est pas défendable, mais c’est un besoin urgent. Là, il s’agit de priorités politiques pour Hereheretue et puis de conditions de vie quotidienne.

On a les sous aujourd’hui ?
Aujourd’hui on peut avoir les sous, mais je crois qu’aujourd’hui, il faut réparer cette injustice. Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette affaire. Lorsqu’on voit le débarquement des passagers et des marchandises de Hereheretue avec une espèce de quai sur le récif et ensuite le transfert vers la plage dans une eau qui fait 50 cm à marée basse… Ils n’ont même pas la possibilité de transporter par bateau les biens du quai à la terre. Il y a un vrai problème.
Je ne parle pas des personnes âgées et des enfants qui doivent prendre le bateau pour voyager puisqu’il n’y a pas de piste d’aviation. C’est une injustice de retrouver des îles encore aujourd’hui où il n’y a pas d’infrastructures dignes de ce nom.


La population de Herehetue n’a pas accès à l’électricité sans groupe électrogène…
Il y a aussi le problème de l’électrification. Je sais que le conseil municipal de Hao s’en inquiète depuis quelque temps. Malheureusement on n’a pas beaucoup de chance avec les prestataires qui ont été choisis d’abord pour faire l’état des lieux, et ensuite lancer un projet digne de ce nom. La Délégation au développement des communes a des crédits qui peuvent venir soutenir la commune et des modes de financements allant jusqu’à 80 % : c’est un problème technique qui bloque l’avancée ; mais je sens qu’il y a une vraie volonté du maire de Hao et de la mairesse déléguée qui aujourd’hui se permet de rêver, puisqu’elle pense que si on construit ce quai et qu’on électrifie le village vraisemblablement d’autres personnes originaires de Hereheretue reviendront vivre sur l’atoll.

Ces visites vous permettent de vous reconnecter aux vrais besoins de la population ?
Les besoins de la population, d’une manière générale, nous les connaissons : ils sont énormes. Il faut beaucoup d’argent et beaucoup de moyens. La difficulté est de prioriser ces besoins. On peut les répartir dans le temps pour alléger la charge. La vraie difficulté pour les décideurs est de sentir l’essentiel de ces besoins et ensuite de prendre la décision qui est celle de la priorité à donner à certains chantiers plutôt qu’à d’autres.

Rédigé par Marie Caroline Carrère le Samedi 11 Août 2018 à 19:02 | Lu 2207 fois





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