Tahiti Infos

Économie : 2020 en crise, 2021 incertain au fenua


Tahiti, le 22 avril 2021 – La synthèse économique 2020 de l'IEOM brosse un panorama bien sombre des effets de la crise sur la quasi-totalité de l'économie polynésienne, et annonce une année économique 2021 “incertaine” et conditionnée au maintien des aides publiques.
 
L'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM) vient de publier sa synthèse annuelle sur l'économie de la Polynésie française en 2020. Un tableau bien sombre, dont les contours sont résumés dès les premiers propos introductifs du rapport : “Alors que la Polynésie française s’inscrivait en 2019 dans une trajectoire économique très favorable, l’irruption de la pandémie de Covid-19 sur le territoire au début du mois de mars, l’a plongée dans une crise profonde”.
 
La synthèse évoque d'abord les différents indicateurs “remettant en cause la trajectoire favorable” de l'économie locale. Au premier chef, la “forte détérioration” du climat des affaires resté au dessus de sa moyenne de longues périodes pendant ces cinq dernières années, avant une chute drastique lors du confinement de mars dernier. Une éclaircie relative néanmoins dans le marasme, l'indice des prix à la consommation est resté “stable” en 2020 (-0,1%), malgré une hausse des prix des produits alimentaires de +2,8%.
 
Le marché de l'emploi “résiste” grâce aux mesures de soutien du Pays et de l'État, note l'IEOM. L'indice de l'emploi salarié a tout de même accusé une énorme baisse au moment du confinement. “Cette baisse correspond à la suppression d’environ 2 000 emplois. Particulièrement sensible dans le secteur de l’hôtellerie (-17%, soit - 1 300 emplois), elle est bien moindre dans l’industrie (- 2%). Seul le secteur du BTP se relève rapidement du choc provoqué par le confinement et voit ses effectifs progresser de 7,1 %”, détaille l'IEOM.
 
La “chute brutale” du tourisme
 
Du côté des entreprises, le secteur tertiaire est “inégalement impacté” explique l'IEOM. Les entreprises de télécommunications ont vu leur chiffre d'affaires progresser de +2,7%, alors que le secteur des arts et spectacles paie un lourd tribut avec -38,5%. La situation des commerces est également disparate (-6,5% au global) : en légère perte pour les détaillants (-2,4%), plus marquée chez les grossistes (-8,6%) et conséquente chez les concessionnaires automobiles (-16,1%). Côté tourisme, c'est en revanche la “chute brutale” : 71% des entreprises du secteur ont enregistré une baisse d'au moins la moitié de leur chiffre d'affaires de 2019… L'industrie de son côté est au ralenti et le secteur spécifique de la perle apparaît comme la plus “grande victime de la crise”.
 
En conclusion, l'IEOM note que fin 2020, les perspectives de décrue de la Covid-19 et l’amplification de la campagne de vaccination constituaient des perspectives favorables pour les acteurs économiques polynésiens. Mais la recrudescence mondiale de la pandémie avec l’apparition de plusieurs variants “a repoussé d’autant les espoirs de reprise des secteurs les plus dépendants des flux internationaux”. Résultat, pour l'IEOM, la perspective d’un retour à une conjoncture plus favorable reste “encore incertaine”. Et dans l'attente, la préservation du tissu économique local est “largement conditionnée par le maintien des dispositifs d’aides publiques pour les secteurs les plus fragilisés et dépendra du soutien par la consommation des ménages et l’investissement des entreprises”.

 


Rédigé par Antoine Samoyeau le Jeudi 22 Avril 2021 à 19:11 | Lu 1150 fois