Tahiti le 4 septembre 2025.
“Sous le coup de l’émotion.” C’est la justification vainement convaincante recherchée chez les élus de l’assemblée de la Polynésie française pour comprendre un vote liberticide, la semaine dernière à Tarahoi, concernant l’importation et la consommation des produits du vapotage.
Alors oui, vapoter n’est pas bon pour la santé, les élus ont cru bien faire, bla, bla, bla. Et, tant qu’à faire, pourquoi ne pas interdire le sucre, les roulottes devant les écoles, les fast-foods, l’alcool, la religion, bli bli bli.
On constatera surtout qu’à défaut d’idées pour juguler le problème de l’usage des puffs par les mineurs, et du détournement des appareils pour consommer du cannabis ou de l’ice, les élus sont tombés dans le travers facile de l’interdiction. Après tout, c’est plus facile d’interdire aux enfants plutôt que de leur expliquer pourquoi ils ne doivent pas le faire, sauf à considérer que les électeurs ne sont pas des gosses.
Le vote de l’amendement au cœur de la loi anti-tabac sera évidemment cassé par le Conseil d’État, et les élus de tous bords confondus pourront alors reprocher à l’État laxiste de laisser faire. Du pain béni pour les futurs candidats aux municipales qui pourront clamer : “J’ai essayé ; mais l’État me l’a refusé.” Une ritournelle si souvent entendue.
Ici, il n’est pas question de la loi anti-tabac. Le problème est plus profond. Il est clairement question de démocratie et du respect des libertés sur lesquels 51 élus se sont assis sous couvert de santé publique. Et, question démocratie, les quelques pays qui ont opté pour l’interdiction totale (Sultanat de Brunei, Corée du Nord, Laos, Jordanie, Koweit, Qatar) ne sont d’ailleurs pas des modèles du genre.
Alors oui, une assemblée qui interdit pour résoudre un problème est une assemblée sans idées. La période américaine de la prohibition aurait du donner matière à réfléchir… pour peu que l’on se donne les moyens de la réflexion.
“Le droit et la faculté de contraindre sont une seule et même chose”, écrivait Kant. Alors, ces 51 élus ont-ils fait usage du droit ou du despotisme ?
Vous avez quatre heures.
Bertrand Prévost
“Sous le coup de l’émotion.” C’est la justification vainement convaincante recherchée chez les élus de l’assemblée de la Polynésie française pour comprendre un vote liberticide, la semaine dernière à Tarahoi, concernant l’importation et la consommation des produits du vapotage.
Alors oui, vapoter n’est pas bon pour la santé, les élus ont cru bien faire, bla, bla, bla. Et, tant qu’à faire, pourquoi ne pas interdire le sucre, les roulottes devant les écoles, les fast-foods, l’alcool, la religion, bli bli bli.
On constatera surtout qu’à défaut d’idées pour juguler le problème de l’usage des puffs par les mineurs, et du détournement des appareils pour consommer du cannabis ou de l’ice, les élus sont tombés dans le travers facile de l’interdiction. Après tout, c’est plus facile d’interdire aux enfants plutôt que de leur expliquer pourquoi ils ne doivent pas le faire, sauf à considérer que les électeurs ne sont pas des gosses.
Le vote de l’amendement au cœur de la loi anti-tabac sera évidemment cassé par le Conseil d’État, et les élus de tous bords confondus pourront alors reprocher à l’État laxiste de laisser faire. Du pain béni pour les futurs candidats aux municipales qui pourront clamer : “J’ai essayé ; mais l’État me l’a refusé.” Une ritournelle si souvent entendue.
Ici, il n’est pas question de la loi anti-tabac. Le problème est plus profond. Il est clairement question de démocratie et du respect des libertés sur lesquels 51 élus se sont assis sous couvert de santé publique. Et, question démocratie, les quelques pays qui ont opté pour l’interdiction totale (Sultanat de Brunei, Corée du Nord, Laos, Jordanie, Koweit, Qatar) ne sont d’ailleurs pas des modèles du genre.
Alors oui, une assemblée qui interdit pour résoudre un problème est une assemblée sans idées. La période américaine de la prohibition aurait du donner matière à réfléchir… pour peu que l’on se donne les moyens de la réflexion.
“Le droit et la faculté de contraindre sont une seule et même chose”, écrivait Kant. Alors, ces 51 élus ont-ils fait usage du droit ou du despotisme ?
Vous avez quatre heures.
Bertrand Prévost


























