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Dix « aito » de la mécanique 2 roues en formation


Le nouveau centre de formation Auto Formation Polynésienne (Taunoa) a été officiellement inauguré le 16 janvier 2015. La toute première action du centre, une formation qualifiante niveau V en maintenance des véhicules et matériels dominante « Cycles et motocycles » se déroule du 29 septembre 2014 au 10 avril 2015. Financée par le SEFI, elle permet à dix jeunes demandeurs d’emploi de devenir des professionnels de la mécanique 2 roues.


Six mois de formation intensifs

Depuis sa création, Auto Formation Polynésienne travaille également avec les entreprises et le Fonds Paritaire de Gestion de la Formation Professionnelle pour des formations de remise à niveau pour les salariés dans tous les secteurs de la maintenance (auto, moto, bateau, camion…). Il envisage à court terme de proposer des formations spécifiques aux différents services techniques des administrations (communes et Pays).

Les 10 stagiaires participant à cette première session ont été sélectionnés parmi plus de 300 candidatures de demandeurs d’emploi inscrits au SEFI. Le cursus de formation, sur 6 mois est très complet. On y retrouve 715 heures de matières générales et techniques : mathématiques (remise à niveau et application professionnelle), informatique (fonctionnement et utilisation d’Internet et Open Office), communication (remise à niveau et relationnel client), enseignement pratique et technologie professionnelle (fonctionnement des moteurs, nomenclature, évaluation et réparation, schéma électrique…), techniques de recherche d’emploi et initiation à la création d’entreprise.
Basée sur plus de 60 % de travaux pratiques, la formation comprend 6 semaines de stages en deux sessions de 3 semaines. A l’issue, les stagiaires recevront un certificat de niveau V (niveau CAP).
Le centre est équipé d’une salle de cours (avec 10 ordinateurs et accès internet) et d’un atelier comportant tout le matériel indispensable pour réaliser des opérations de maintenance classiques tels que démonte-pneus, ponts élévateurs, servantes, perceuses sur colonnes, touret, compresseur, outillage classique et matériel pédagogique (moteurs à usage pédagogique, maquettes électriques didactiques…).
Les 2 roues, c’est l’avenir…
C’est également l’avenir de ces dix futurs spécialistes de la maintenance 2 roues qui pour la plupart bricolaient déjà leur engin. La formation est en effet un tremplin vers l’insertion professionnelle. Isaac, se sent désormais prêt à travailler : « Petit, je m’intéressais à la mécanique et je bricolais les vélos et les engins des collègues. Aujourd’hui, grâce à cette formation, je suis un professionnel. Travailler en binôme m’a permis de progresser. Dans un premier temps, je veux acquérir plus d’expérience et me faire connaître en travaillant dans un atelier.» A présent, fini le bricolage, place à la réflexion et à l’expertise comme le constate Tuarii : « J’ai toujours bricolé sur mon scooter, un peu comme un jeu de Légo, mais je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait. Je montais des pièces sans savoir à quoi elles servaient. Je m’en sortais plutôt bien, mais maintenant je suis sûr de moi. Je ne bricole plus, je répare ! » Pour Matahi, il s’agit d’une étape indispensable vers l’entreprenariat : « J’ai toujours voulu être un bon mécano. Je me suis lancé dans le domaine grâce à mon père adoptif. C’est lui qui m’a formé. Cette formation m’a permis d’acquérir des techniques et expériences supplémentaires. Je souhaite ouvrir mon entreprise. »
Vivre de sa passion
Pour tous, il s’agit d’une opportunité unique de travailler dans un domaine qui les passionne. C’est le cas de Fernand, fan de motocross : « J’ai étudié la mécanique auto. J’ai suivi cette formation 2 roues pour acquérir de l’expérience en mécanique motocycles. Je souhaite aujourd’hui intégrer un garage spécialisé en motocycles pour approfondir mes connaissances et devenir un professionnel de la maintenance deux roues. Mon rêve est d’intégrer une « écurie » de motocross.» Un rêve qui devient réalité, comme pour Tinihau : « Je suis issu du domaine agricole par ma famille. J’ai travaillé au fa’apu pendant des années. J’ai toujours aimé la mécanique, mais sans jamais penser à faire une formation. En allant au SEFI, j’ai vu cette formation et j’ai participé aux tests de sélection. C’était comme un rêve qui se réalisait ! Mon objectif est un jour de développer un atelier spécialisé dans le tuning. Je suis intéressé par l’aspect esthétique des engins, tout en respectant les normes de sécurité. A la formation, j’ai tout appris sur la sécurité. »
Place au professionnalisme
Au fur et à mesure qu’ils avancent dans la formation, les stagiaires apprennent à travailler de manière professionnelle et se prennent au jeu : chaque intervention est un défi ! Pour Philippe, qui souhaite monter son atelier dans les îles : « La formation m’a apporté énormément de connaissances techniques sur les 2 et 4 temps. Pendant la formation, un des moments les plus marquants a été de faire démarrer un moteur 125 CC sur un scooter Piaggio modèle X9. Cet engin était destiné à la casse, mon binôme et moi avons réussi à le remettre en état de marche ! ». Pour Taputu : « A chaque fois que je travaille sur une nouvelle panne, c’est un challenge et une nouvelle expérience. C’est un domaine où on apprend tous les jours. J’ai appris de nouvelles techniques et découvert des nouveaux outils, notamment en stage en entreprise. C’est une réelle opportunité de percer dans le domaine de la mécanique et de la vitesse. Attention, la vitesse ne doit pas faire oublier la sécurité et j’ai une pensée spéciale pour le « King du run ».
La sécurité en atelier constitue un aspect très important de la formation. Il est prévu une intervention des pompiers pour sensibiliser à ce thème. Pour Matairea, la maintenance est également un enjeu sécuritaire vital : « Je conseille vivement aux utilisateurs de deux roues de ne pas bricoler et de faire appel à des professionnels. Cette formation permet aux passionnés de 2 roues d’acquérir plus de connaissances techniques sur le fonctionnement des différents moteurs ainsi que l’expérience nécessaire pour travailler dans un atelier ou créer sa propre entreprise. »
Pour tous, la formation est également riche humainement, développant des amitiés et peut-être de futurs partenariats. « J’ai vraiment apprécié l’ambiance pendant la formation. J’espère qu’on se reverra et qu’on travaillera peut-être ensemble après», souhaite Paul.




Yves Jaeger, directeur du centre « Auto Formation Polynésienne »
« On peut raisonnablement penser que le deux roues a de l’avenir à Tahiti, notamment sur l’agglomération de Papeete, en raison des infrastructures autoroutière, du coût d’achat et d’entretien moindres que pour une auto, en phase avec le revenu moyen polynésien. L’avantage du scooter « moyen » est qu’il ne comporte pas encore trop d’électronique. Mon objectif est d’organiser, en partenariat avec le SEFI, plusieurs sessions de cette formation de niveau V, puis une session de perfectionnement de niveau IV (systèmes automatisés, injection électronique, multiplexage…). Aujourd’hui, le marché de la maintenance 2 roues est occupé par une majorité de personnes ayant pas ou peu de formation technique. Les besoins en formation professionnelle en maintenance mécanique moto sont importants au fenua, car l’offre y est inexistante.
A mi-parcours, je suis satisfait du recrutement opéré par le SEFI, sans qui cette formation n’aurait pas vu le jour. J’organise la progression pédagogique en fonction des stagiaires et non pas en fonction d’un calendrier imposé, comme dans l’Education Nationale d’où je suis issu.
Je tiens à préciser également que la qualité de cette formation dispensée ne serait être ce qu’elle est sans le concours d’Isabelle et de Florence qui interviennent avec beaucoup de professionnalisme dans le domaine de l’enseignement général. Elles enseignent avec beaucoup de talent le Français, les mathématiques, la connaissance de l’entreprise et bien sur les nouvelles technologies de l’informatique et de la communication (NTIC).
Ce qui fait que cette promotion devrait sortir avec un solide niveau technique, leur permettant d’intégrer le marché facilement. J’ai déjà reçu des demandes de chefs d’entreprise intéressés par l’embauche de stagiaires. Je tisse des liens forts et durables avec le monde de l’entreprise. A l’issue du premier stage en entreprise, les retours sont excellents, grâce au sérieux et compétences développés par les stagiaires.»


Sandrine POULAIN, responsable des programmes du SEFI et Caroline HAHE, en charge du suivi de la formation
« Cette formation est une première pour le SEFI. Au vu du ressenti sur le terrain, il y a un réel besoin en mécaniciens deux roues professionnels. Les méthodes pédagogiques d’Auto Formation Polynésienne nous ont séduits. Pour le moment, les dix stagiaires s’accrochent et il y a un bon esprit du groupe. Rendez-vous en avril pour le bilan final et la remise des certificats. »


Légende photo : Les 10 "aito" de la mécanique en compagnie de Yves Jaeger, directeur d'Auto Formation Polynésienne

Rédigé par Isabelle OZAN le Samedi 17 Janvier 2015 à 00:49 | Lu 1761 fois





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