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Deux ans ferme pour le braqueur de banque de Taapuna


Le 25 mars 2020, à la mi-journée, le prévenu s'est présenté à cette agence.
Le 25 mars 2020, à la mi-journée, le prévenu s'est présenté à cette agence.
Tahiti, le 8 novembre 2021 - L'homme qui avait braqué, en mars 2020, l'agence de la Banque de Polynésie, à Taapuna, a été condamné, ce lundi, à quatre ans de prison, dont deux ans ferme. Le prévenu avait montré la crosse de son pistolet à plomb à la directrice adjointe de l'agence. Cette dernière lui a ensuite remis la somme de 2,1 millions de Fcfp. 

Après l'affaire du braquage raté du magasin Libre service, de Puurai, traitée la semaine dernière au Palais de justice, un autre dossier de vol à main armée était étudié au tribunal correctionnel de Papeete, ce lundi. Un homme de 45 ans était en effet renvoyé à la barre pour avoir braqué, le 25 mars 2020, avec son pistolet à plomb, l'agence de la Banque de Polynésie, de Taapuna.

Le jour des faits, le prévenu, qui venait de perdre son emploi à cause de la crise sanitaire, a été reçu par la directrice adjointe de l'agence. Il lui a demandé alors s'il était possible d'effectuer un retrait. Elle refusa et l'homme lui montra la crosse de son pistolet à plomb, qu'il cachait dans un sac à dos, pour la forcer à lui remettre de l'argent. Le quadragénaire est finalement reparti de l'agence avec 2,1 millions de Fcfp en espèces.

650 000 Fcpf ont été ensuite dépensés pour de l'ice, utilisé comme calmant pour ses douleurs au dos, mais également pour des denrées alimentaires ou encore pour des réparations du véhicule de son ex-compagne. Le reste de l'argent a été caché dans des pieds de table à son domicile.

“Je pensais qu'il y avait 10 000 ou 20 000 Fcfp”

A l'audience, le prévenu, qui comparaissait libre, n'a pas nié les faits. A la barre, l'intéressé, très calme et posé, s'est clairement exprimé tout au long de son procès. “Je venais de perdre mon emploi à cause du Covid. J'étais sous l'effet de l'ice et de l'alcool ce jour-là. Au départ je voulais braquer un magasin pour voler des trucs à manger et nourrir ma famille”, a déclaré le quadragénaire. 

A la suite de ce “semi-braquage”, la directrice adjointe de l'agence qui a souffert d'un choc post-traumatique et était absente à l'audience, a déclaré auprès de la gendarmerie que “l’homme m'a dit qu'il ne me ferait pas de mal”. “Je n'ai pas insisté pour avoir de l'argent”, s'est expliqué le prévenu. “J’allais repartir et elle m'a remis des sacoches. Je ne pensais pas qu'il y aurait autant d'argent. Je pensais qu'il y avait 10 000 ou 20 000 Fcpf.” 

Des justifications pas vraiment du goût du procureur, Robert Danielson. “Ne vous laissez pas amadouer”, a insisté le représentant du parquet. “Les occasions où il aurait pu faire demi-tour et tout arrêter, il les a eu. Mais il a quand même continué. Et puis le point de non-retour a été franchi lorsqu'il a décidé de montrer la crosse de son arme.” Le procureur a requis cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, assorti d'un mandat de dépôt. 

“On est loin des images de film où il y a parfois des massacres”, a plaidé pour sa part, Me Rebeyrol, avocate du prévenu. “C’est un braquage en version allégée. Il n'y a jamais eu aucune menace verbale, aucune intention de faire mal et aucune violence, si ce n'est montrer son arme”, a ajouté le conseil en demandant l'indulgence du tribunal. 

Après en avoir délibéré, le prévenu a été condamné par le tribunal à quatre ans de prison, dont deux ans ferme. Il devra également s'acquitter de la somme de 650 000 Fcpf auprès de la Banque de Polynésie, et verser à la victime 500 000 Fcfp au titre de son préjudice moral. 

Rédigé par Désiré Teivao le Lundi 8 Novembre 2021 à 16:30 | Lu 1114 fois