Tahiti Infos
Tahiti Infos Tahiti Infos

TAHITI INFOS, les informations de Tahiti
Facebook
Twitter
RSS
I phone App
Androïd
Newsletter
FENUACOMMUNICATION - immeuble Tutuapare - Shell RDO Faa'a - BP 40160 98 713 Papeete Polynésie française. Tel: 40 43 49 49


"Déserteur" ou "soldat" envoyé par Abaaoud? L'heure du verdict pour Reda Hame



Paris, France | AFP | mardi 25/02/2020 - 05:21 UTC-"Déserteur" de l'Etat islamique pour ses avocats, "soldat" d'Abdelhamid Abaaoud pour le parquet antiterroriste: la cour d'assises spéciale à Paris doit rendre son verdict mardi dans le procès de Reda Hame, recruté en juin 2015 en Syrie par le coordinateur des attentats du 13-Novembre.  

"Je reconnais être parti (en Syrie, ndlr). Je le regrette profondément", a déclaré l'accusé, les traits tirés, avant que la cour se retire pour délibérer vers 13H30. "Jamais de la vie je n'aurais fait de mal à qui que ce soit", a assuré Reda Hame, un Parisien de 34 ans, cheveux coupés court et barbe de trois jours.
Il a rejoint le groupe Etat islamique (EI) en juin 2015 en Syrie. Il y est resté huit jours. Abdelhamid Abaaoud l'a formé à la kalachnikov pendant trois jours, puis l'a raccompagné à la frontière turque en lui donnant 2.000 euros et 500 dollars en liquide et une mission: commettre un attentat en Europe. Reda Hame a été arrêté en août 2015.
Le parquet national antiterroriste a requis lundi contre lui la peine maximale encourue, 20 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers. Reda Hame "rejoint la Syrie au moment où les plus acharnés, ceux qui vont frapper l'Europe, la France, partent", a déclaré la procureure. Il s'est comporté, selon elle, "comme un soldat" qui "suit les instructions".
"Pensez-vous qu'Abaaoud l'aurait choisi s'il n'avait pas perçu sa détermination?", a questionné l'avocate générale. "Devait-il lui-même participer aux attentats du 13-Novembre ?", a-t-elle interrogé. Malgré les dénégations de l'accusé, la question a plané tout au long du procès. 
"Si on te passe de quoi t'armer, est-ce que tu serais prêt à tirer dans la foule?", lui avait demandé Abdelhamid Abaaoud, d'après l'enquête. "Par exemple, imagine un concert de rock", avait ajouté "l'émir". Cinq mois plus tard, trois commandos de jihadistes, dont Abaaoud, attaquaient le Bataclan, le Stade de France et des terrasses bondées à Paris, faisant 130 morts.
 

- "Planche pourrie" -

 
L'accusé a décrit ses entraînements avec le jihadiste. "On partait tous les deux dans son pick-up, à 50 kilomètres de Raqqa" pour s'entraîner. "Ce qu'on me demandait de faire n'était pas excessivement difficile, pas très technique".
Abaaoud recherchait "l'efficacité": faire le plus de victimes possible, a expliqué l'accusé. Après trois jours de formation, Reda Hame a été jugé opérationnel. 
Mais cet ancien technicien en informatique, en détention provisoire depuis quatre ans et demi, assure avoir feint d'accepter la mission meurtrière pour pouvoir quitter "le bourbier" syrien et rentrer en France. "Quand j'ai vu ce qu'ils faisaient contre des civils, je me suis dit: +Ils sont tarés+", a-t-il déclaré lundi.
Ses avocats ont demandé le retrait de la qualification criminelle. Reda Hame est "un déserteur" de l'EI affirme son avocate, Julie Fabreguettes. "Il n'a jamais adhéré au projet criminel" de son recruteur.
A son retour à Paris, il avait été placé sous surveillance pendant plus d'un mois, mais il a repris une vie normale, sans signe particulier de radicalisation. Il vivait chez sa mère, sortait avec sa petite amie, une jeune femme non voilée travaillant dans le secteur bancaire. Il n'y a "aucune trace de communication vers l'Etat islamique", a fait valoir l'avocate. 
Reda Hame était "une planche pourrie" pour l'EI, a renchéri l'avocat Archibald Celeyron.
Son profil semble assez atypique, avec une radicalisation qui aurait été plus politique que religieuse. Il s'est décrit comme "complotiste" depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Dans sa famille et ses proches, il n'y a "aucun point de contact avec l'islam radical", a expliqué son avocate.
Titulaire d'un bac professionnel, il avait connu une ascension assez rapide, jusqu'à quitter son emploi en 2014. Il avait été signalé aux autorités après avoir prié sur son lieu de travail. 
Mais Reda Hame "ne semble pas à ce jour présenter une adhésion à une idéologie violente ou un risque de passage à l'acte", indique un rapport de détention datant de janvier.

le Mardi 25 Février 2020 à 06:46 | Lu 205 fois




Actualité de Tahiti et ses îles | Actualité de France | Actualité du Pacifique | Actualité du Monde | Actualité du Sport | Insolite | Magazine | Assistance | Appels d'offre et communiqués | Concours d'écriture - Salon du Livre 2019 | Concours d'écriture - Salon du Livre 2020 | Coronavirus