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Des virus mangeurs de bactéries pour lutter contre la résistance aux antibiotiques



Paris, France | AFP | mercredi 24/02/2016 - Après 49 interventions et une infection nosocomiale résistante aux traitements qui ne lui laissait que l'amputation comme perspective, Christophe, a réussi à sauver sa jambe grâce à une méthode oubliée depuis l'avènement des antibiotiques : des virus mangeurs de bactéries.

Pour aboutir à ce résultat, Christophe Novou, dit Picot, 47 ans, a dû se rendre en Géorgie, l'un des très rares pays de l'ex-bloc soviétique où la phagothérapie est encore proposée.

Depuis une quinzaine d'années, cette thérapie ancienne fait pourtant l'objet d'un regain d'intérêt dans des pays comme les Etats-Unis, la Belgique ou la France, parallèlement au développement de l'antibiorésistance, c'est-à-dire la résistance croissante des microbes aux antibiotiques, un défi à l'échelle de la planète.

En novembre dernier, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que si rien n'était fait pour éviter le mauvais usage des antibiotiques ou trouver de nouvelles molécules, le monde allait se diriger vers "une ère post-antibiotique, dans lequel les infections courantes pourront recommencer à tuer".

"La phagothérapie pourrait être utilisée dans les infections qui touchent les os et les articulations, mais également dans d'autres infections, urinaires, pulmonaires, oculaires", relève le Dr Alain Dublanchet, l'un des pionniers de la réintroduction de cette thérapie en France qui a participé à un colloque sur ce thème la semaine dernière à Paris.

Découverte pendant la Première Guerre mondiale et développée dans les années 20 et 30, la phagothérapie est basée sur l'utilisation de virus mangeurs de bactéries (ou phages) qu'on trouve en très grande quantité dans la nature (eaux usées notamment) ou dans le corps humain (dans l'intestin par exemple).

Ces virus ont une activité plus limitée que les antibiotiques, ne détruisant que certaines souches d'une bactérie, mais ne provoquent pratiquement jamais d'effets secondaires graves dans l'organisme soigné, indique le Dr Dublanchet qui précise avoir "guéri" une quinzaine de patients au total ces dernières années.

Le traitement est généralement court (deux à trois semaines) et nettement moins onéreux que les antibiotiques.

-Les grands labos peu intéressés-
Mais le développement de la phagothérapie se heurte au manque d'intérêt des grands laboratoires parce que les phages sont issus de la nature et donc "non brevetables".

"Les laboratoires ont abandonné ce centre d'intérêt parce que le retour sur investissement est jugé trop faible", note l'infectiologue Jean Carlet, consultant à l'OMS.

Quelques start-ups commencent néanmoins à s'intéresser à ces bactériophages, classés comme des médicaments par l'Union Européenne (UE) depuis 2011.

Mais aucun phage n'est encore autorisé chez l'homme en raison notamment de la nécessité de procéder à des essais cliniques "qui peuvent prendre de nombreuses années et qui coûtent cher", rappelle le Dr Jean-Paul Pirnay, de l'hôpital militaire Reine Astrid à Bruxelles, l'un des rares hôpitaux qui travaille sur la phagothérapie en dehors de l'ex-bloc soviétique

Aux Etats-Unis, les seuls phages commercialisés actuellement sont destinés à protéger les aliments contre des infections bactériennes.

L'UE a lancé en 2013 un premier projet dans ce domaine, baptisé "Phagoburn" pour tester des phages contre des bactéries résistantes s'attaquant aux plaies de grands brûlés. 12 patients, recrutés en France, en Belgique et en Suisse doivent participer au total à l'essai.

Sans attendre les résultats de l'essai, l'agence française du médicament ANSM a donné sa première autorisation de traitement à titre compassionnel en novembre dernier pour un brûlé grave.

Des autorisations temporaires d'utilisation (ATU) pourraient également à l'avenir être accordées à des groupes de patients "à condition d'avoir un produit de qualité et une présomption d'efficacité", précise Caroline Semaille de l'ANSM.

"Si je ne m'étais pas battu, je ne serai plus là", note de son côté Christophe Novou qui a déboursé environ 8.000 euros au total en 2013 pour se faire soigner à Tbilissi. Des dizaines, voire des centaines d'autres Français, ont eux aussi tenté leur chance. "La plupart sont revenus améliorés, mais il faut souvent faire de la chirurgie", précise le Dr Dublanchet.

Pour l'infectiologue, aujourd'hui à la retraite, "il n'est pas question de remplacer l'antibiothérapie par la phagothérapie mais de les associer". Il plaide également la prudence en ce qui concerne l'impact éventuel d'une phagothérapie à grande échelle sur l'environnement. "On risque de changer l'environnement global de la chaîne de la vie", avertit-il.

Rédigé par () le Mercredi 24 Février 2016 à 06:21 | Lu 543 fois






1.Posté par lucie le 24/02/2016 18:01 | Alerter
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dites donc, c'est du plaggia!!! exactement le reportage sur les phages passé sur Arte!!! incroyable! Il faut croire que l'AFP se nourrit du travail des autres...

2.Posté par Fiu!!! le 24/02/2016 19:34 | Alerter
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La phagothérapie a été découverte en 1915 par un Français, émigré au Québec, Félix d'Hérelle.

Il est dommage de constater que la France a oublié une technologie médicale dont un de ses enfants est à l'origine. Les virus étant non brevetables, contrairement aux antibiotiques, les laboratoires ont sabordé cette possibilité de guérir des malades condamnés à l'amputation ou à mourir.

En France, l'hôpital militaire de Percy "expérimente" les phages sur un nombre limités de malades.

La solution, pour sortir de l'impasse consiste à réserver l'utilisation des phages aux hôpitaux publics après avoir ouvert des services spécialisés et agréés. Les laboratoires pourront continuer à faire des bénéfices substantiels en continuant à breveter leurs antibios...

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