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Dégénérescence maculaire: sanction record contre Novartis, Roche et Genentech pour "pratiques abusives"



Paris, France | AFP | mercredi 09/09/2020 - C'est une sanction record, la plus élevée jamais infligée à des laboratoires par l'Autorité française de la concurrence: Novartis, Roche et Genentech vont devoir payer 444 millions d'euros pour des "pratiques abusives" visant à préserver les ventes d'un médicament largement prescrit en ophtalmologie au détriment d'un autre trente fois moins cher.

Le médicament en question, le Lucentis développé par l'américain Genentech et commercialisé hors des Etats-Unis par le suisse Novartis, est utilisé pour traiter la dégénérescence maculaire (DMLA), principale cause de malvoyance chez les plus de cinquante ans dans les pays industrialisés.

Toutefois, les médecins se sont rendu compte qu'un autre médicament de Genentech, l'anticancéreux Avastin, avait des effets positifs sur la DMLA et se sont mis à le prescrire bien qu'il n'ait pas d'autorisation de mise sur le marché pour cette maladie (l'AMM délivrée par les autorités de santé à la demande des laboratoires).

Or l'Avastin - qui est commercialisé par le suisse Roche hors des Etats-Unis - a un coût 30 fois moins élevé que le Lucentis: une injection du premier coûte 30 à 40 euros, contre 1.161 euros pour le second au moment des faits. Et Roche détient par ailleurs, depuis 2009, 100% du capital de... Genentech.

L'Autorité de la concurrence a estimé que pour préserver leurs intérêts, les trois laboratoires se sont entendus pour dénigrer l'usage de l'Avastin en ophtalmologie, aussi bien auprès des professionnels de santé que des pouvoirs publics, favorisant les ventes plus lucratives du Lucentis.

En outre, ces actions ont "été de nature à empêcher qu'Avastin puisse servir de comparateur pour les autorités en charge de la fixation du prix des médicaments et que son plus faible coût justifie une baisse du prix du Lucentis", précise l'Autorité.

"Ces pratiques graves ont pesé sur les comptes sociaux", a relevé la présidente de l'Autorité, Isabelle de Silva, lors d'un point presse mercredi, avec "un impact en dizaines et centaines de millions d'euros", le Lucentis étant remboursé à 100% par la Sécurité sociale.

Dans ces conditions, "il n'est pas exclu que l'Etat souhaite intenter une action indemnitaire", a -t-elle souligné. Un million de personnes environ sont concernées par la DMLA en France, et 150.000 ont été traitées pour une forme grave en 2013.

"Il s'agit de véritables politiques marketing des laboratoires"

"Avastin lovers"

Dans le détail, Novartis récolte la plus forte sanction, 385 millions d'euros. Il lui est reproché d'avoir, entre 2008 et 2013, mis en oeuvre "une campagne de communication globale et structurée" pour jeter le discrédit sur l'utilisation d'Avastin en ophtalmologie, en ciblant les médecins et les centres de soins qui le prescrivaient. 

"Les médecins qui voyaient d'un mauvais oeil des discours alarmistes vis-à-vis d'Avastin étaient qualifiés de +Avastin lovers+, et ciblés par un discours très défini", a relevé Mme de Silva.

Il est également reproché à Novartis, ainsi qu'à Roche et Genentech, d'avoir diffusé un "discours alarmiste et trompeur auprès des pouvoirs publics français".

Roche, qui commercialisait donc l'Avastin en France, a ainsi refusé durant des mois de fournir des échantillons de ce médicament à l'Autorité nationale de sécurité du médicament (ANSM), retardant la mise en place d'une étude visant à examiner son utilisation face à celle de Lucentis.

De son côté, "à partir de 2011, Genentech était systématiquement impliqué dans les échanges entre Roche et les autorités de santé, et définissait le contenu du discours à tenir", indique l'Autorité de la concurrence.

A ce titre, Roche et Genetech écopent conjointement d'une sanction de plus de 59 millions d'euros.

"Certains laboratoires ont des accords internationaux entre eux qui font que les marchés sont faussés au départ", commente Stéphane Billon, économiste de la santé et à la tête du cabinet de conseils Kamedis.

"Le plus gênant, c'est qu'il y a un doute qui est jeté sur la capacité à bien prescrire des médecins, même si c'est à la marge et que les médecins dans leur grande majorité prescrivent bien", ajoute-t-il. 

Le laboratoire Novartis a indiqué dans un courriel à l'AFP qu'il comptait faire appel de la décision. Il "réfute fermement" les accusations de l'Autorité et fait également valoir que le remboursement d'un médicament dans une indication thérapeutique non prévue par son autorisation de mise sur le marché, et ce malgré l'existence de médicaments ayant cette AMM, est "une menace pour le système établi légal et réglementaire".

De son côté, Roche s'est dit "déçu" de la décision des autorités, et indique qu'il va étudier les prochaines étapes, sans préciser s'il compte faire appel.

Contacté, Genentech n'a pas réagi dans l'immédiat.

le Mercredi 9 Septembre 2020 à 06:06 | Lu 718 fois




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