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Dans la communauté Raroto'a de Tahiti, une coupe de cheveux pour devenir un homme


Tahiti le 14 août 2022 – La communauté de Raroto'a s'est réunie samedi à Punaauia pour une cérémonie de passage de petit garçon au stade de "petit homme", célébrée à l'âge de huit ans par une première coupe de cheveux, pour le jeune Ariimoana.
 
Depuis samedi, Ariimoana est entré dans la cour des grands. Il est désormais "un petit homme". En effet, à Raroto'a comme en Nouvelle-Zélande, la tradition veut qu'on attende que les garçons aient atteints l'âge de huit ans pour leur couper, et ce pour la première fois, les cheveux. Une grande cérémonie est alors organisée à cette occasion. Samedi à Punaauia, une partie de la famille de Nouvelle-Zélande d'Ariimoana avait fait le voyage pour être présente. C'est le cas d'un des cousins du jeune garçon, qui a d'ailleurs fait un orero pour l'occasion. "C'est important pour nous d'être là aujourd'hui, car cela fait partie de notre culture. Mon orero était basé sur la généalogie de Ariimoana, issue de Manihiki et de Rakahanga d'où sont originaires ses parents (...). Il est important de garder sa culture, car c'est ce que tu es. C'est ton identité. Et il est important également que tu saches d'où tu viens et surtout qui tu es. Maintenant, c'est un homme".
 
"Fiers de lui"
 
Samedi, Ariimoana a donc passé ce cap. Comme un roi, il a été au centre de toutes les attentions de la centaine de convives présentes. Et pour que tous repartent avec un souvenir de l'évènement, plusieurs mèches de cheveux ont été soigneusement conditionnées. Les convives n'avaient donc plus qu'à couper un bout de cheveux, sous le regard bien bienveillant de deux jeunes filles présentes pour faire en sorte que les dernières coupes soient réservées aux grands parents. Ces derniers étaient sur un nuage. "Nous sommes fiers de lui", glisse le papi d'Ariimoana, les yeux remplis de larmes. Même émotion pour Alice, la grand-mère, qui a découvert le jour même que sa fille, la maman de Ariimoana, avait fait le voyage pour être présente à cette cérémonie. "Elle m'a dit qu'elle ne pouvait être présente (...). Et quand on est arrivés, je me suis posée la question : Mais qui est cette 'blonblon' qui danse ? Et ensuite je me suis rendue compte que c'est ma fille. Heureusement que je ne suis pas cardiaque." Et Alice d'expliquer d'ailleurs que c'est son propre frère, aujourd'hui disparu, qui lui a fait promettre de perpétuer cette tradition de la coupe de cheveux à huit ans.
 
Joseph, un des oncles d'Ariimoana, explique également que lorsque les garçons atteignent l'âge de quatre ans, on les prépare déjà à cette cérémonie. Il raconte que cet évènement, lorsqu'il a lieu à Raroto'a ou en Nouvelle-Zélande, est organisé dans des proportions bien plus grandes que celles de samedi matin à Punaauia. "Chaque membre de la famille participe et il y en a qui viennent avec un cochon par exemple. Évidemment, on est moins nombreux ici qu'en Nouvelle-Zélande ou à Raroto'a". Enfin, un autre membre de la famille, Kato, explique que lorsqu'on coupe les cheveux, on donne aux jeunes hommes 50 ou 100 dollars. "Aux îles Cook, ils peuvent même avoir jusqu'à 5 000 dollars rien qu'à cette cérémonie. donc à peu près 300 000 à 400 000 Fcfp. Ils feront ce qu'ils veulent avec cet argent". L'instituteur de Ariimoana était lui-aussi présent samedi. Il assure qu'il fera un cours avec ses élèves sur cette tradition... 
 


Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Lundi 15 Août 2022 à 18:47 | Lu 5711 fois