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Cuisine centrale de Papeete : les 4 500 repas sont livrés au compte-goutte



Un seul chauffeur-livreur "en CDD" effectue les livraisons dans les écoles.
Un seul chauffeur-livreur "en CDD" effectue les livraisons dans les écoles.
PAPEETE, le 23/11/2017 - Depuis 0 heure, ce jeudi, le personnel de la cuisine centrale de Papeete est en grève. Sur les 28 salariés, on compte 17 grévistes. Malgré ce mouvement, le personnel non gréviste continue son activité, mais l'acheminement des repas pose problème, surtout qu'il n'y a qu'un seul chauffeur-livreur en service.

Les grévistes de la cuisine centrale de Papeete ont installé leur chapiteau devant les grilles de leur lieu de travail. Ils sont 17 à suivre le mouvement lancé par le syndicat Csip.

Les négociations de mercredi soir n'ont pas abouti.

Cependant, les non-grévistes ont repris leur travail ce jeudi matin. Les cuisiniers aux fourneaux ont réussi à préparer les 4 900 repas journaliers. Mais, pour la livraison, c'est une autre histoire puisque seul un chauffeur-livreur est en activité. "Il est en contrat CDD, donc, nous n'avons pas voulu le prendre avec nous", explique Uirai Layton, délégué syndical de la Csip.

Si les repas sont prêts à être acheminés, il est difficile pour le livreur de répondre favorablement à la demande, en quelques heures. "Nous avons près de 4 500 enfants qui, par ce blocage, ne pourront pas avoir leur repas qui ont été préparés ce matin par le personnel de la cuisine centrale non gréviste", s'écrie Tepuanui Snow, administrateur de la cuisine centrale.

En effet, la cuisine centrale de Papeete se charge de fournir les repas des écoles de Papeete (2 500 élèves), les écoles de Arue (700 élèves), les écoles protestantes (1 602 élèves), ainsi que des centres pour personnes âgées, et handicapées, et quelques garderies.

Oui, mais voilà, le personnel en grève accepte que le chauffeur-livreur non-gréviste assure l'acheminement des repas pour les scolaires. Cependant, pas question pour eux, de laisser entrer les chauffeurs venant de l'extérieur. "Comme ça a pu être le cas de Farehau Centre, de la Fraternité, de quelques garderies et de Arue aussi", souligne Uirai Layton.

Une situation qui exaspère la direction. "Comment avec un chauffeur, on arrive à acheminer 4 900 repas, en un temps record. Les maternelles commencent à servir leur repas aux sections des tout-petits à partir de 11h15. À partir du moment, où le bureau de la cuisine centrale décide de faire acheminer ces repas, je ne vois pas pourquoi, et de quel droit ils se permettent de venir bloquer la livraison des repas aux enfants. Qu'ils se mettent en grève, c'est leur droit. Nous ne venons pas contester leur droit syndical de se mettre en grève. Mais qu'ils viennent opposer des revendications salariales à la livraison des repas, et qu'aujourd'hui 4 500 se retrouveront sans repas à midi, ce n'est pas acceptable", dit Tepuanui Snow.

"Qu'ils viennent aujourd'hui mélanger des affaires de salaire avec des repas servis, et priver les enfants en contrepartie de leur repas, ce n'est pas normal. Ils ne se rendent pas compte qu'ils sont en train de détruire leur outil de travail. C'est bien la raison pour laquelle deux écoles de Papeete (To'ata et Heitama), ont préféré par anticipation, se faire fournir leur repas aujourd'hui ailleurs, parce que nous ne voulions pas nous retrouver confronter à cette situation aujourd'hui. Donc, ça représente déjà 500 repas en moins, et d'autres écoles ont prévu de suivre le mouvement engagé par la fédération. Nous risquons de nous retrouver dans la même situation qu'à Moorea. S'ils souhaitent se retrouver sans emploi demain, ils sont bien partis", poursuit-il.

Le ton n'est donc pas au beau fixe. Surtout que les grévistes ont bien l'intention de se faire entendre. "Le premier point où on bloque c'est sur la révision de la grille salariale. Il y a aussi les primes de fin d'année qu'on estime précaire au vue des bénéfices que nous avons eus cette année, et certains contrats CDI qui n'ont pas encore été signés. Donc, pour l'instant, ils sont sans contrats…", précise Uirai Layton.

Et pas question pour eux de se laisser faire concernant surtout le reclassement du personnel. "Nous demandons ce reclassement depuis janvier 2017 et aujourd'hui, rien n'a été fait. Ils nous disent qu'il faut leur laisser un peu de temps, ça fait quand même presqu'un an qu'on attend, donc, ça suffit", rajoute le délégué syndical de la Csip.

Pour l'heure, aucune négociation n'est prévue entre les syndicalistes et la direction. Gisèle Teheiura, de la Csip, nous annonçait hier soir : "nous ferons des contre-propositions à celles présentées par la direction". Affaire à suivre…


Seul le chauffeur-livreur de la cuisine centrale est accepté par les grévistes.
Seul le chauffeur-livreur de la cuisine centrale est accepté par les grévistes.

Les chauffeurs externes à l'établissement sont obligés d'attendre en bord de route pour avoir leur repas.
Les chauffeurs externes à l'établissement sont obligés d'attendre en bord de route pour avoir leur repas.


Rédigé par Corinne Tehetia le Jeudi 23 Novembre 2017 à 12:00 | Lu 1498 fois

Tags : SOCIAL





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