Tahiti, le 2 février 2026 - Adoptée mardi après-midi en commission à l’assemblée, la nouvelle convention Santé État–Polynésie française marque un changement de format : après une convention triennale, le partenariat est désormais fixé pour cinq ans, de 2026 à 2030. Si le texte était attendu pour sécuriser certains financements, il laisse en suspens les deux dossiers les plus explosifs : les molécules onéreuses et les évacuations sanitaires urgentes. Pour la députée et élue Ahip Nicole Sanquer, présente lors des débats, l’urgence a primé sur la clarté.
Après une première convention santé triennale signée pour la période 2021-2023, puis prorogée jusqu’en 2025, un nouveau texte vient désormais fixer le cadre de coopération entre l’État et la Polynésie française pour cinq ans. Déposée sur le bureau de l’assemblée depuis le 19 décembre dernier, cette convention a pourtant été évoquée par le président Brotherson à Paris la semaine dernière. Entouré de son ministre de la Santé et de la députée Mereana Reid Arbelot, il a multiplié les échanges avec les conseillers de l’Élysée et mis en avant deux revendications récurrentes : la prise en charge des molécules onéreuses, notamment en oncologie, et le financement des évacuations sanitaires urgentes.
Ces deux sujets, lourds financièrement et politiquement sensibles, ne sont ni nouveaux ni ignorés par les services de l’État. Ils ont été au cœur des négociations menées localement après l’arrivée du nouveau haut-commissaire. Ils n’apparaissent toutefois dans la convention qu’au détour de son préambule, sans traduction opérationnelle. L’État y “accompagne” la Polynésie dans la “recherche de solutions optimales en matière de molécules onéreuses au profit des patients atteints de cancer et d'évacuations sanitaires urgentes”. Pas davantage.
Une “boîte à outils pour financer le SOS”
Autrement dit, rien n’a été tranché, rien n’a été garanti, et aucun engagement chiffré n’apparaît. La convention fixe un cadre, une méthode, des axes de travail, mais elle ne règle pas les points de friction majeurs.
“C’est une nouvelle convention qui nous décrit un cadre général sur cinq ans. Mais ça nous enlève une visibilité sur les vrais montants alloués. Avant, on était sur 1,4 milliard. Là, il y a un défléchage différent”, nous a expliqué Nicole Sanquer au sortir de la commission. Pour l’élue Ahip, le texte relève davantage d’un cadre méthodologique que d’un engagement financier clair. Elle reprend d’ailleurs les termes employés par le ministre, qui présente cette convention comme “une boîte à outils pour financer le schéma d’organisation sanitaire“, alors même que ce SOS n’a pas encore été examiné. Un décalage qui interroge les représentants, appelés à valider un cadre avant même d’avoir débattu du fond. “On valide un cadre général sans connaître le schéma d’organisation sanitaire. C’est compliqué”, résume Nicole Sanquer, qui souligne que les discussions ont largement porté sur les deux “points bloquants” que sont les évacuations sanitaires et les molécules onéreuses.
Sur ces dossiers, ni l’État ni le Pays ne semblent aujourd’hui en mesure d’apporter des garanties. “J’ai posé la question : ni l’État ni le Pays ne savent. Ils mettent en avant un budget très compliqué de l’État. Le dossier est ouvert, mais on n’a pas les raisons des blocages”, rapporte l’élue. En filigrane, la réponse serait avant tout budgétaire, l’État craignant de ne pas pouvoir maîtriser le coût potentiel de ces prises en charge, notamment celui des évasans, dont le volume pourrait atteindre plusieurs milliards de francs chaque année.
“Il y avait urgence”
Pour autant, la convention devait être signée. “Il y avait une urgence. Des crédits concernent les ressources humaines, notamment le financement des internes. Il fallait absolument un cadre”, explique-t-elle. La nouvelle architecture retenue par l’État repose désormais sur le financement d’actions de santé ciblées, adossées au futur schéma d’organisation sanitaire, et non plus sur la protection sociale généralisée. Rappelons en effet que l’État ne finance désormais plus la PSG, mais uniquement des actions de santé ciblées.
Un choix qui limite, de fait, la portée immédiate de la convention. “On n’a aucune action détaillée, aucun projet précis. Pour cette année, la convention va surtout servir à payer les internes. Pour l’investissement, ce sera plus tard”, regrette l’élue, qui redoute “déjà un an de perdu” avant l’entrée en vigueur réelle des projets structurants.
En dépit de ces réserves, la commission a validé le texte, faute d’alternative. “On ne peut pas vraiment évaluer si c’est bien ou pas, puisqu’on n’a pas de détail. Mais il fallait signer”, conclut Nicole Sanquer. Elle a néanmoins tenu à alerter le ministre sur le risque d’un désengagement progressif de l’État, rappelant le précédent du RSPF, dont le financement avait été retiré une fois le dispositif équilibré. Une inquiétude nourrie, selon elle, par les réformes en cours – notamment celle relative à l’affiliation au régime des non-salariés (RNS), entrée en vigueur ce lundi – et par le poids croissant des dépenses de santé sur les finances du Pays.
Après une première convention santé triennale signée pour la période 2021-2023, puis prorogée jusqu’en 2025, un nouveau texte vient désormais fixer le cadre de coopération entre l’État et la Polynésie française pour cinq ans. Déposée sur le bureau de l’assemblée depuis le 19 décembre dernier, cette convention a pourtant été évoquée par le président Brotherson à Paris la semaine dernière. Entouré de son ministre de la Santé et de la députée Mereana Reid Arbelot, il a multiplié les échanges avec les conseillers de l’Élysée et mis en avant deux revendications récurrentes : la prise en charge des molécules onéreuses, notamment en oncologie, et le financement des évacuations sanitaires urgentes.
Ces deux sujets, lourds financièrement et politiquement sensibles, ne sont ni nouveaux ni ignorés par les services de l’État. Ils ont été au cœur des négociations menées localement après l’arrivée du nouveau haut-commissaire. Ils n’apparaissent toutefois dans la convention qu’au détour de son préambule, sans traduction opérationnelle. L’État y “accompagne” la Polynésie dans la “recherche de solutions optimales en matière de molécules onéreuses au profit des patients atteints de cancer et d'évacuations sanitaires urgentes”. Pas davantage.
Une “boîte à outils pour financer le SOS”
Autrement dit, rien n’a été tranché, rien n’a été garanti, et aucun engagement chiffré n’apparaît. La convention fixe un cadre, une méthode, des axes de travail, mais elle ne règle pas les points de friction majeurs.
“C’est une nouvelle convention qui nous décrit un cadre général sur cinq ans. Mais ça nous enlève une visibilité sur les vrais montants alloués. Avant, on était sur 1,4 milliard. Là, il y a un défléchage différent”, nous a expliqué Nicole Sanquer au sortir de la commission. Pour l’élue Ahip, le texte relève davantage d’un cadre méthodologique que d’un engagement financier clair. Elle reprend d’ailleurs les termes employés par le ministre, qui présente cette convention comme “une boîte à outils pour financer le schéma d’organisation sanitaire“, alors même que ce SOS n’a pas encore été examiné. Un décalage qui interroge les représentants, appelés à valider un cadre avant même d’avoir débattu du fond. “On valide un cadre général sans connaître le schéma d’organisation sanitaire. C’est compliqué”, résume Nicole Sanquer, qui souligne que les discussions ont largement porté sur les deux “points bloquants” que sont les évacuations sanitaires et les molécules onéreuses.
Sur ces dossiers, ni l’État ni le Pays ne semblent aujourd’hui en mesure d’apporter des garanties. “J’ai posé la question : ni l’État ni le Pays ne savent. Ils mettent en avant un budget très compliqué de l’État. Le dossier est ouvert, mais on n’a pas les raisons des blocages”, rapporte l’élue. En filigrane, la réponse serait avant tout budgétaire, l’État craignant de ne pas pouvoir maîtriser le coût potentiel de ces prises en charge, notamment celui des évasans, dont le volume pourrait atteindre plusieurs milliards de francs chaque année.
“Il y avait urgence”
Pour autant, la convention devait être signée. “Il y avait une urgence. Des crédits concernent les ressources humaines, notamment le financement des internes. Il fallait absolument un cadre”, explique-t-elle. La nouvelle architecture retenue par l’État repose désormais sur le financement d’actions de santé ciblées, adossées au futur schéma d’organisation sanitaire, et non plus sur la protection sociale généralisée. Rappelons en effet que l’État ne finance désormais plus la PSG, mais uniquement des actions de santé ciblées.
Un choix qui limite, de fait, la portée immédiate de la convention. “On n’a aucune action détaillée, aucun projet précis. Pour cette année, la convention va surtout servir à payer les internes. Pour l’investissement, ce sera plus tard”, regrette l’élue, qui redoute “déjà un an de perdu” avant l’entrée en vigueur réelle des projets structurants.
En dépit de ces réserves, la commission a validé le texte, faute d’alternative. “On ne peut pas vraiment évaluer si c’est bien ou pas, puisqu’on n’a pas de détail. Mais il fallait signer”, conclut Nicole Sanquer. Elle a néanmoins tenu à alerter le ministre sur le risque d’un désengagement progressif de l’État, rappelant le précédent du RSPF, dont le financement avait été retiré une fois le dispositif équilibré. Une inquiétude nourrie, selon elle, par les réformes en cours – notamment celle relative à l’affiliation au régime des non-salariés (RNS), entrée en vigueur ce lundi – et par le poids croissant des dépenses de santé sur les finances du Pays.
Quid de la participation financière de l’État
Dans le cadre de la convention État–Polynésie française pour la période 2026-2030, l’État confirme un engagement financier important en faveur de notre système de santé. Il mobilisera chaque année 4 millions d’euros, soit environ 477,3 millions de francs, destinés à financer des investissements et des actions de fonctionnement dans les domaines hospitalier, sanitaire et médico-social, hors évacuations sanitaires.
À ce soutien s’ajoute un appui annuel de 2 millions d’euros ( 238,6 millions de francs) sous forme de coopération, d’expertise et d’actions d’accompagnement, notamment pour la formation des professionnels de santé, la structuration des filières de soins et le développement de la télésanté.
Par ailleurs, l’État contribue au contrat de développement et de transformation à hauteur de 22,3 millions d’euros ( 2,665 milliards de francs) afin de financer des équipements structurants, en particulier dans les îles les plus éloignées.
Dans le cadre de la convention État–Polynésie française pour la période 2026-2030, l’État confirme un engagement financier important en faveur de notre système de santé. Il mobilisera chaque année 4 millions d’euros, soit environ 477,3 millions de francs, destinés à financer des investissements et des actions de fonctionnement dans les domaines hospitalier, sanitaire et médico-social, hors évacuations sanitaires.
À ce soutien s’ajoute un appui annuel de 2 millions d’euros ( 238,6 millions de francs) sous forme de coopération, d’expertise et d’actions d’accompagnement, notamment pour la formation des professionnels de santé, la structuration des filières de soins et le développement de la télésanté.
Par ailleurs, l’État contribue au contrat de développement et de transformation à hauteur de 22,3 millions d’euros ( 2,665 milliards de francs) afin de financer des équipements structurants, en particulier dans les îles les plus éloignées.





























