Tahiti, le 12 février 2026 - Le tribunal correctionnel de Papeete a jugé un homme de 27 ans poursuivi pour plusieurs vols et vols aggravés en récidive. Son père est également poursuivi pour complicité. Le fils a finalement été condamné à trois ans de prison ferme. Le père a été relaxé.
Natif de Tahiti, le prévenu, placé en détention provisoire depuis le 6 janvier dernier, était déjà bien connu des services judiciaires avec 14 condamnations à son casier. Il se trouvait sous sursis probatoire depuis sa sortie de prison en décembre 2025. Les investigations ont révélé un mode opératoire similaire : il volait des femmes âgées d’une soixantaine d’années, souvent isolées.
Le 6 janvier, à Faa’a, il arrache la chaîne d'une femme, assise à un arrêt de bus, à côté de vendeurs de fleurs. Après les faits, il prend la fuite au volant d’un véhicule, adoptant une conduite dangereuse. Il “conduisait de façon dangereuse, dépassait à droite et à gauche. Quand les gendarmes l’ont aperçu à Punaauia, il a effectué une marche arrière périlleuse. C’est au terme d’une course-poursuite qu’il a été interpellé. C’est un refus de s’arrêter malgré les injonctions des gendarmes”, a rappelé Gérard Joly, président du tribunal de Papeete, jeudi en comparution immédiate.
Trois jours plus tôt, le 3 janvier, il avait dérobé des bijoux dans une boutique de perles du centre-ville de Papeete. Vêtu de noir et portant des lunettes sombres, il était difficilement identifiable. La demande d’indemnisation de la bijouterie, qui réclamait quatre millions de francs, a toutefois été jugée irrecevable à l’audience.
Le 16 décembre, une autre victime avait été volée à Papeete. Souffrant de 21 jours d’incapacité totale de travail, elle réclamait un million de francs en dédommagement du vol d'un Louis d’Or, “donné par son grand-père”, et du préjudice moral.
Lors d’un autre larcin, filmée par les caméras d’un immeuble, le prévenu avait suivi une femme dans un ascenseur pour lui arracher sa chaîne avant de partir en courant.
Des objets vite revendus pour s’acheter de l’ice
Systématiquement, les objets volés étaient rapidement revendus pour acheter de l’ice. À la barre, ce voleur récidiviste a reconnu sa consommation importante de méthamphétamine, affirmant en prendre jusqu’à un gramme par jour. Son avocat, Me Sylvain Fromaigeat, a insisté sur l’état de dépendance de son client depuis près de dix ans. “C’est un malade qui n’a pas été pris en charge, un toxicomane. Je suis heureux que mon client ait été arrêté. Il va enfin pouvoir être pris en charge.”
Il a été reconnu grâce à plusieurs éléments, notamment des vidéos de surveillance d’immeubles et l’identification formelle des victimes. Lors de l’audience, jeudi, il a reconnu la totalité des faits qui lui sont reprochés.
Le prévenu a présenté ses excuses à l’audience et demandé la clémence du tribunal. Quant à son père, il était poursuivi pour complicité, soupçonné d’avoir conduit son fils sur les lieux d’un vol et de l’avoir récupéré ensuite. À la barre, il a nié toute implication : “Je l’ai emmené au magasin, c’est tout. Je n’avais rien vu de particulier dans sa main.” Le fils a confirmé qu’il avait dissimulé la chaîne dans sa poche, affirmant que son père n’était pas au courant. La défense a plaidé la relaxe, soulignant qu’il avait simplement cédé à la demande de son fils sans connaître ses intentions. Le tribunal a finalement relaxé le père.
“Ce sont des vieilles dames qui ne courent pas vite. Ce n’est pas un grand courageux”, a ironisé la vice-procureur Monique Rouzaud, qui a requis quatre ans d’emprisonnement contre ce serial-voleur.
Le tribunal a condamné le jeune homme à deux ans d’emprisonnement avec maintien en détention, assortis de la révocation d’un an de sursis prononcé antérieurement. Il devra donc purger un total de trois ans de prison ferme. Quant à la victime du vol d’un Louis d’Or, elle a obtenu un million de francs de dommages et intérêts.






























