Moorea, le 5 octobre 2026 - Trois réunions de concertation ont été organisées mercredi et jeudi à Moorea pour préparer la stratégie touristique de la Polynésie française pour 2027-2035. Élus, habitants, associations et professionnels du tourisme ont partagé leurs difficultés et leurs attentes. Ces rencontres se font dans le cadre du ‘A Feruri Tātou, copiloté par le Pays et Tahiti Tourisme.
Depuis le mois de juillet, une délégation composée de représentants de Tahiti Tourisme et du Service du tourisme se déplace d’île en île pour ‘A Feruri Tātou. L’idée est de rencontrer les élus, les habitants, les associations et les professionnels du tourisme afin de recenser leurs attentes et entendre leurs propositions dans le but de préparer la stratégie touristique de la Polynésie française pour 2027-2035. La délégation était déplacée la semaine dernière à Moorea où elle a organisé trois réunions. Elle a rencontré les élus de l’île sœur mercredi matin à la mairie de Teavaro, puis les habitants et les associations en fin d’après-midi au débarcadère de Paopao. Jeudi soir, c’était au tour du comité du tourisme de Moorea et des professionnels de s’exprimer, toujours au débarcadère de Paopao.
“Quel tourisme, à quelles conditions”
Pour Bruno Jordan, chef du Service du tourisme, il est nécessaire d’entendre les différents publics, car leurs attentes sont différentes. “Chaque île a ses problématiques et on ne peut pas adapter une politique touristique à toute la Polynésie. Ce n’est pas possible. Chacun a ses spécificités”, explique-t-il. La stratégie du tourisme en préparation entend tenir compte des besoins locaux, tout en poursuivant les efforts de préservation de l’environnement et de valorisation de la culture. “Aujourd’hui, la question ce n’est plus de savoir comment on veut développer davantage le tourisme. C’est de définir quel tourisme on veut, à quelles conditions et à quel rythme”, poursuit-t-il.
Lors de la rencontre avec les élus, les échanges ont notamment porté sur la gestion de la fréquentation des sites touristiques terrestres et maritimes, les équipements, la préservation des espaces et le suivi des activités touristiques. Il a également été question d’un développement maîtrisé et adapté aux réalités de Moorea. Mercredi soir, les habitants et les associations, dont des référents culturels et des membres de l’association PGEM, ont signalé plusieurs problèmes. Selon eux, plusieurs prestataires connaissent mal les règles du PGEM, dépassent sans cesse les vitesses autorisées dans les aires marines protégées et ne respectent pas les ressources marines.
Liste de doléances
Les participants ont aussi regretté le trop grand nombre de prestataires autour des deux motu de Tiahura. Ils ont indiqué que certains guides connaissent mal les légendes de Moorea, voire inventent des histoires. Enfin, ils ont dénoncé les grandes constructions en béton, des structures d’accueil touristiques notamment, qui dénaturent les paysages, ainsi que le manque de terrains pour la population.
Jeudi soir, un atelier a permis aux professionnels du tourisme de discuter des difficultés rencontrées dans leurs activités. Concernant la sécurité du Belvédère, à Opunohu, les participants ont signalé le trop grand nombre de véhicules, le manque de places pour les prestataires et les risques d’accident ou de chute. Les conditions d’accès au site ont également été discutées. Les participants ont en outre souligné le manque de trottoirs, de passages piétons et d’éclairage public, causant un danger pour les touristes et les habitants, notamment le soir. Le manque de sanitaires dans les lieux publics a aussi été pointé. Les échanges ont ensuite porté sur la régulation des activités touristiques, notamment sur le lagon. Certains participants ont estimé que trop de licences étaient accordées aux prestataires. Les professionnels ont aussi évoqué les lenteurs administratives pour obtenir les licences et les aides nécessaires à leurs activités.
Dans l’hôtellerie, ils ont fait état d’une pénurie de main-d’œuvre et du manque de logements pour les salariés venant de l’extérieur de Moorea. La formation des jeunes Polynésiens aux métiers du tourisme et la labellisation des guides locaux ont également été discutées.
À l’issue de cet atelier, les acteurs touristiques ont retenu trois enjeux prioritaires : la sécurité, l’amélioration des infrastructures et des services, et la préservation de Moorea. Ces priorités doivent servir à orienter les actions proposées pour l’île dans la nouvelle stratégie. Selon Bruno Jordan, plusieurs préoccupations exprimées par les professionnels rejoignent celles des élus : “On peut dire qu’en fonction des concertations, que ce soit avec les élus et les acteurs, la plupart des orientations et des besoins se rejoignent. Il y a la sécurité ainsi que la régulation des activités sur l’eau et sur la terre”, constate-t-il. Interrogé sur les problèmes qui persistent depuis plusieurs années et qui ont visiblement agacé certains acteurs touristiques durant les échanges, le chef du Service du tourisme assure qu’ils ont été pris en compte. “L’idée de cette nouvelle stratégie, c’est de solutionner les problématiques existantes. On constate qu’en numéro un, c’est effectivement la sécurité sur les sites touristiques, le Belvédère notamment, en termes d’accès routier, de sécurité, etc.”, note-t-il. “Il va y avoir un plan d’action concernant la sécurité des sites touristiques, qui va être sur Opunohu, mais peut-être sur d’autres sites. L’idée, c’est de trouver des solutions pour régler toutes ces problématiques de sécurité.”
Les mesures qui seront retenues doivent être présentées lors d’une restitution. La nouvelle stratégie est attendue avant la fin de l’année, pour une mise en œuvre des actions dès 2027. Bruno Jordan rappelle enfin que le développement du secteur doit tenir compte de l’environnement et des habitants : “Quand on est en tourisme durable, il faut trouver l’équilibre entre le développement touristique et la préservation de l’environnement. C’est important. Et surtout, mettre la population au centre de ce développement.”
Depuis le mois de juillet, une délégation composée de représentants de Tahiti Tourisme et du Service du tourisme se déplace d’île en île pour ‘A Feruri Tātou. L’idée est de rencontrer les élus, les habitants, les associations et les professionnels du tourisme afin de recenser leurs attentes et entendre leurs propositions dans le but de préparer la stratégie touristique de la Polynésie française pour 2027-2035. La délégation était déplacée la semaine dernière à Moorea où elle a organisé trois réunions. Elle a rencontré les élus de l’île sœur mercredi matin à la mairie de Teavaro, puis les habitants et les associations en fin d’après-midi au débarcadère de Paopao. Jeudi soir, c’était au tour du comité du tourisme de Moorea et des professionnels de s’exprimer, toujours au débarcadère de Paopao.
“Quel tourisme, à quelles conditions”
Pour Bruno Jordan, chef du Service du tourisme, il est nécessaire d’entendre les différents publics, car leurs attentes sont différentes. “Chaque île a ses problématiques et on ne peut pas adapter une politique touristique à toute la Polynésie. Ce n’est pas possible. Chacun a ses spécificités”, explique-t-il. La stratégie du tourisme en préparation entend tenir compte des besoins locaux, tout en poursuivant les efforts de préservation de l’environnement et de valorisation de la culture. “Aujourd’hui, la question ce n’est plus de savoir comment on veut développer davantage le tourisme. C’est de définir quel tourisme on veut, à quelles conditions et à quel rythme”, poursuit-t-il.
Lors de la rencontre avec les élus, les échanges ont notamment porté sur la gestion de la fréquentation des sites touristiques terrestres et maritimes, les équipements, la préservation des espaces et le suivi des activités touristiques. Il a également été question d’un développement maîtrisé et adapté aux réalités de Moorea. Mercredi soir, les habitants et les associations, dont des référents culturels et des membres de l’association PGEM, ont signalé plusieurs problèmes. Selon eux, plusieurs prestataires connaissent mal les règles du PGEM, dépassent sans cesse les vitesses autorisées dans les aires marines protégées et ne respectent pas les ressources marines.
Liste de doléances
Les participants ont aussi regretté le trop grand nombre de prestataires autour des deux motu de Tiahura. Ils ont indiqué que certains guides connaissent mal les légendes de Moorea, voire inventent des histoires. Enfin, ils ont dénoncé les grandes constructions en béton, des structures d’accueil touristiques notamment, qui dénaturent les paysages, ainsi que le manque de terrains pour la population.
Jeudi soir, un atelier a permis aux professionnels du tourisme de discuter des difficultés rencontrées dans leurs activités. Concernant la sécurité du Belvédère, à Opunohu, les participants ont signalé le trop grand nombre de véhicules, le manque de places pour les prestataires et les risques d’accident ou de chute. Les conditions d’accès au site ont également été discutées. Les participants ont en outre souligné le manque de trottoirs, de passages piétons et d’éclairage public, causant un danger pour les touristes et les habitants, notamment le soir. Le manque de sanitaires dans les lieux publics a aussi été pointé. Les échanges ont ensuite porté sur la régulation des activités touristiques, notamment sur le lagon. Certains participants ont estimé que trop de licences étaient accordées aux prestataires. Les professionnels ont aussi évoqué les lenteurs administratives pour obtenir les licences et les aides nécessaires à leurs activités.
Dans l’hôtellerie, ils ont fait état d’une pénurie de main-d’œuvre et du manque de logements pour les salariés venant de l’extérieur de Moorea. La formation des jeunes Polynésiens aux métiers du tourisme et la labellisation des guides locaux ont également été discutées.
À l’issue de cet atelier, les acteurs touristiques ont retenu trois enjeux prioritaires : la sécurité, l’amélioration des infrastructures et des services, et la préservation de Moorea. Ces priorités doivent servir à orienter les actions proposées pour l’île dans la nouvelle stratégie. Selon Bruno Jordan, plusieurs préoccupations exprimées par les professionnels rejoignent celles des élus : “On peut dire qu’en fonction des concertations, que ce soit avec les élus et les acteurs, la plupart des orientations et des besoins se rejoignent. Il y a la sécurité ainsi que la régulation des activités sur l’eau et sur la terre”, constate-t-il. Interrogé sur les problèmes qui persistent depuis plusieurs années et qui ont visiblement agacé certains acteurs touristiques durant les échanges, le chef du Service du tourisme assure qu’ils ont été pris en compte. “L’idée de cette nouvelle stratégie, c’est de solutionner les problématiques existantes. On constate qu’en numéro un, c’est effectivement la sécurité sur les sites touristiques, le Belvédère notamment, en termes d’accès routier, de sécurité, etc.”, note-t-il. “Il va y avoir un plan d’action concernant la sécurité des sites touristiques, qui va être sur Opunohu, mais peut-être sur d’autres sites. L’idée, c’est de trouver des solutions pour régler toutes ces problématiques de sécurité.”
Les mesures qui seront retenues doivent être présentées lors d’une restitution. La nouvelle stratégie est attendue avant la fin de l’année, pour une mise en œuvre des actions dès 2027. Bruno Jordan rappelle enfin que le développement du secteur doit tenir compte de l’environnement et des habitants : “Quand on est en tourisme durable, il faut trouver l’équilibre entre le développement touristique et la préservation de l’environnement. C’est important. Et surtout, mettre la population au centre de ce développement.”

































