Tahiti, le 2 novembre 2026 - Ce lundi matin, les prix à la pompe ont augmenté de dix francs. Une décision inéluctable prise par le gouvernement face à des cours pétroliers devenus complètement fous depuis le début du conflit irano-américain et le blocage du détroit d’Ormuz. Sa divulgation dimanche soir n’a pas été du goût du président du Pays dont la réaction sur les réseaux sociaux masque difficilement les excuses dans lesquelles il s’est embourbé.
Annoncé par Radio 1, repris par Tahiti Infos dimanche soir après vérification, la révélation de cette information sur l’augmentation des prix à la pompe n’a pas été du goût du président du Pays, Moetai Brotherson, qui, en adepte des réseaux sociaux qu’il est, s’est laissé aller en publiant un message pour le moins déplaisant : "C’est au mieux de l’incompétence et plus sûrement un mensonge. Aucune hausse n’a été actée mercredi dernier. Que des réajustements soient étudiés est normal vu le contexte mondial. Mais il ne faut pas affirmer une chose qui n’a pas eu lieu. Surtout quand on insinue que le gouvernement "cache des choses"".
Mettons donc les choses au clair. Tahiti Infos concèdera sur ce dossier une erreur. La décision de cette augmentation du prix de l’essence n’a pas été arrêtée, au sens acte exécutif, en conseil des ministres mercredi dernier. C’est un fait. Aucune signature ni aucune publication au Journal officiel en atteste. Cette décision a pourtant bien été au menu des discussions de ce même conseil des ministres. Cela a peut-être échappé au président avant de partir à Hawaiki Nui va’a.
Annoncé par Radio 1, repris par Tahiti Infos dimanche soir après vérification, la révélation de cette information sur l’augmentation des prix à la pompe n’a pas été du goût du président du Pays, Moetai Brotherson, qui, en adepte des réseaux sociaux qu’il est, s’est laissé aller en publiant un message pour le moins déplaisant : "C’est au mieux de l’incompétence et plus sûrement un mensonge. Aucune hausse n’a été actée mercredi dernier. Que des réajustements soient étudiés est normal vu le contexte mondial. Mais il ne faut pas affirmer une chose qui n’a pas eu lieu. Surtout quand on insinue que le gouvernement "cache des choses"".
Mettons donc les choses au clair. Tahiti Infos concèdera sur ce dossier une erreur. La décision de cette augmentation du prix de l’essence n’a pas été arrêtée, au sens acte exécutif, en conseil des ministres mercredi dernier. C’est un fait. Aucune signature ni aucune publication au Journal officiel en atteste. Cette décision a pourtant bien été au menu des discussions de ce même conseil des ministres. Cela a peut-être échappé au président avant de partir à Hawaiki Nui va’a.
Une date hypothétique
Cependant, le lendemain du conseil des ministres, jeudi dernier, le 29 octobre, un courrier signé par un représentant de la DGAE (Direction des affaires économiques) était envoyé aux fournisseurs d’hydrocarbures en Polynésie française. "Face à la hausse continue des prix du pétrole, le Conseil des ministres se réunira (sans mentionner la date, ndlr.) afin de décider d’une seconde revalorisation des prix des hydrocarbures pour l’année 2026", explique le courrier. "Cette revalorisation sera applicable dès le lundi 2 novembre à 00h00, afin d’éviter que la population ne se précipite dans les stations-services et vide les stocks disponibles."
A ce stade, nous avons donc un employé de la DGAE qui informe les professionnels des hydrocarbures de procéder à une augmentation alors même qu’aucun arrêté n’a été signé, et que la date de sa signature est encore hypothétique. C’est soit la marque que les services vont trop vite et décident à la place du gouvernement, soit celle d’une consigne passée par sa hiérarchie… en l’occurrence, le gouvernement lui-même.
Poursuivons… "Pour cette raison, il est demandé de faire preuve d’un maximum de discrétion dans la mesure du possible", demande toujours le courrier envoyé jeudi dernier.
A ce stade, nous avons donc un employé de la DGAE qui informe les professionnels des hydrocarbures de procéder à une augmentation alors même qu’aucun arrêté n’a été signé, et que la date de sa signature est encore hypothétique. C’est soit la marque que les services vont trop vite et décident à la place du gouvernement, soit celle d’une consigne passée par sa hiérarchie… en l’occurrence, le gouvernement lui-même.
Poursuivons… "Pour cette raison, il est demandé de faire preuve d’un maximum de discrétion dans la mesure du possible", demande toujours le courrier envoyé jeudi dernier.
Une information sourcée
Donc, quand Tahiti Infos affirme ce lundi que "consigne a été passée auprès des pétroliers pour ne pas divulguer l’information", ce n’est rien de moins qu’une information sourcée, et non un mensonge comme le laisse entendre le président du Pays.
Le courrier se conclut par "la structure des prix des hydrocarbures applicables à compter du lundi 2 novembre 2026." Une structure des prix donc, qui n’était pas actée par le conseil des ministres jusqu’à sa mise en œuvre puisque ce n’est que ce lundi matin, 9 heures, que le conseil des ministres s’est retrouvé pour prendre cet arrêté qui rend applicable, a posteriori, les prix à la pompe. Un arrêté pris à 9 heures du matin, pour acter des prix à la pompe mis en œuvre 9 heures plus tôt, et sans annonce officielle, une première au Fenua.
Car oui, l’absence d’annonce des augmentations de prix à la pompe est devenue une marque de fabrique du président du Pays. Sans le travail de la presse, l’annonce de la dernière augmentation de 15 francs de juin 2026 aurait été découverte par la population le 22 juin, date de sa mise en œuvre et celle d’aujourd’hui de la même façon.
Par le passé, l’augmentation de 5 francs au 1er avril 2021 avait été annoncée le 26 mars. Celle de 10 francs du 1er novembre 2021 avait été annoncée le 20 octobre. Celle de 5 francs au 1er février 2022 avait été annoncée le 25 janvier et la forte augmentation qui avait placé l’essence à un prix record de 181 francs et le gazole à 183 francs avait été annoncée le 26 juin pour une mise en œuvre le 1er juillet. Le tout en créant quelques queues dans les stations-service, mais sans jamais "vider les stocks disponibles", comme semble le craindre la DGAE dans son courrier de jeudi dernier.
Le courrier se conclut par "la structure des prix des hydrocarbures applicables à compter du lundi 2 novembre 2026." Une structure des prix donc, qui n’était pas actée par le conseil des ministres jusqu’à sa mise en œuvre puisque ce n’est que ce lundi matin, 9 heures, que le conseil des ministres s’est retrouvé pour prendre cet arrêté qui rend applicable, a posteriori, les prix à la pompe. Un arrêté pris à 9 heures du matin, pour acter des prix à la pompe mis en œuvre 9 heures plus tôt, et sans annonce officielle, une première au Fenua.
Car oui, l’absence d’annonce des augmentations de prix à la pompe est devenue une marque de fabrique du président du Pays. Sans le travail de la presse, l’annonce de la dernière augmentation de 15 francs de juin 2026 aurait été découverte par la population le 22 juin, date de sa mise en œuvre et celle d’aujourd’hui de la même façon.
Par le passé, l’augmentation de 5 francs au 1er avril 2021 avait été annoncée le 26 mars. Celle de 10 francs du 1er novembre 2021 avait été annoncée le 20 octobre. Celle de 5 francs au 1er février 2022 avait été annoncée le 25 janvier et la forte augmentation qui avait placé l’essence à un prix record de 181 francs et le gazole à 183 francs avait été annoncée le 26 juin pour une mise en œuvre le 1er juillet. Le tout en créant quelques queues dans les stations-service, mais sans jamais "vider les stocks disponibles", comme semble le craindre la DGAE dans son courrier de jeudi dernier.
Pas de "yakafokon"
A une question d’un Polynésien sur le pourquoi de cette annonce tardive sous la publication du président, Moetai Brotherson lui répond : "C’est aussi une question de responsabilité. Si tu annonces les hausses deux semaines avant tu provoques un rush dans les stations qui provoque du désordre et peut conduire à une pénurie inutile. Quand tu seras aux responsabilités du Pays tu verras que c’est moins simple que « yakafokon".
A Tahiti Infos, on donne les faits, et la vérité. Pas du « yakafokon ».
Dans une dernière publication, alors que nous rédigions ces lignes, le président du Pays a commis une nouvelle publication : "Gouverner, c’est décider. Mais décider, ça se fait dans les règles. Certains annoncent depuis hier une hausse du carburant "déjà actée" depuis mercredi. Elle ne l’était pas. Dans notre Pays, les décisions comme celles-ci se débattent et se tranchent en Conseil des ministres. Elles ne se prennent pas en coulisses, ni dans les médias. C’est ce que nous avons fait ce matin, en séance extraordinaire où nous avons pris la décision difficile, mais responsable et nécessaire, d'augmenter le coût des carburants à la pompe de +10 F CFP/litre."
Les non-abonnés à la page Facebook du président du Pays apprécieront la forme "officielle" de l’annonce.
A Tahiti Infos, on donne les faits, et la vérité. Pas du « yakafokon ».
Dans une dernière publication, alors que nous rédigions ces lignes, le président du Pays a commis une nouvelle publication : "Gouverner, c’est décider. Mais décider, ça se fait dans les règles. Certains annoncent depuis hier une hausse du carburant "déjà actée" depuis mercredi. Elle ne l’était pas. Dans notre Pays, les décisions comme celles-ci se débattent et se tranchent en Conseil des ministres. Elles ne se prennent pas en coulisses, ni dans les médias. C’est ce que nous avons fait ce matin, en séance extraordinaire où nous avons pris la décision difficile, mais responsable et nécessaire, d'augmenter le coût des carburants à la pompe de +10 F CFP/litre."
Les non-abonnés à la page Facebook du président du Pays apprécieront la forme "officielle" de l’annonce.
Une augmentation inévitable
Pour conclure sur ce chapitre, laissons les dernières explications au président du Pays pour expliquer le pourquoi il était devenu nécessaire au gouvernement de procéder à cette augmentation qui fait mal aux portefeuilles des Polynésiens, mais qui, pragmatiquement, devenait inévitable. "Depuis le début de la crise au Moyen-Orient, le Pays a fait bloc pour protéger les Polynésiens. 3,5 milliards de F CFP ont été injectés dans le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH) et 3,8 milliards de F CFP de taxes sur ces mêmes hydrocarbures ont été suspendues jusqu'à la fin de l'année. C'est donc plus de 7 milliards de F CFP qui ont été investis pour amortir le choc, pendant que d'autres Pays subissaient des hausses de plein fouet. Mais gouverner, ce n’est pas seulement faire plaisir aujourd’hui. C’est aussi préparer demain. Un FRPH vide, c’est un Pays désarmé et des Polynésiens sans protection face à la prochaine crise. La facilité aurait été de ne rien faire et de laisser le problème aux suivants. Ce n’est pas ma conception de la responsabilité. La responsabilité, c'est aussi la manière d'appliquer ces décisions. C'est éviter le désordre que pourrait provoquer la ruée vers les stations et éviter, parfois, des pénuries qui viendraient aggraver la situation. Cela n'enlève rien à la transparence de nos décisions, qui sont toutes accessibles, publiquement, sur Lexpol."
A midi ce lundi, l’arrêté n’était toujours pas publié sur Lexpol… Les prix eux, sont pourtant bien appliqués.
A midi ce lundi, l’arrêté n’était toujours pas publié sur Lexpol… Les prix eux, sont pourtant bien appliqués.






























