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Commerce - Le délai de carence dans le viseur des syndicats


Tahiti, le 10 juillet 2025 - Un nouveau préavis de grève se profile, mais dans le secteur du commerce cette fois-ci. Porté par les organisations syndicales CSTP/FO, A tia i mua, Otahi, CSIP et O oe to oe rima, celui-ci s'attaquerait, entre autres, à la suppression du délai de carence pour les arrêts maladie. Instauré depuis peu par la Direction du travail, le texte aurait été signé de manière irrégulière, selon les syndicats, et ne serait pas applicable en l'état.
 
Le sujet anime les organisations syndicales depuis plusieurs mois. En effet, le délai de carence, concernant les arrêts maladie dans le secteur du commerce, ne passe pas. Selon les syndicats, celui-ci aurait été appliqué de manière irrégulière, à l'occasion de la dernière revalorisation de la grille salariale du secteur. “Nous avons écrit, tous. On a contesté cette signature du texte”, assure Lucie Tiffenat, représentante du syndicat Otahi. “Notre représentante, qui a signé ce texte, n'avait pas reçu de mandat pour les accords conventionnels, il ne s'agissait que de traiter de la grille de salaires. Il était hors de question de permettre ce délai de carence pour une simple revalorisation de salaire de 1 000 francs. C'est la directrice du travail qui a fait publier cet accord et les patrons s'en sont emparés.”
 
Pour rappel, lors d'un arrêt maladie d'un salarié, celui-ci continue d'être payé : les trois premiers jours par son employeur et le reste par la CPS. Or, le délai de carence permet aux employeurs de ne plus payer leur salarié lors des trois premiers jours d'arrêt, lorsque ce dernier a déjà cumulé deux arrêts maladie. 
 
“L'employeur doit payer ses employés”
 
Pour Lucie Tiffenat, ce texte n'est pas applicable en l'état : “Les salariés, dans le secteur du commerce, peuvent être en arrêt à plusieurs reprises dans l'année sans être impactés. L'employeur doit payer ses employés les trois premiers jours d'arrêt non remboursés par la CPS. Tout ceci est permis par une convention collective de 1977. Ce texte n'a jamais été modifié. Seul le code du travail polynésien l'a été dans les années 1990. Aujourd'hui, tous les salariés qui ne sont pas liés par une convention collective de travail sont automatiquement assujettis au code du travail, qui, lui, pénalise les salariés à compter du troisième arrêt. Le secteur du commerce a bénéficié jusqu'à cette année d'une convention collective qui les a exemptés de ce délai de carence, jusqu'à la signature de ce texte contre l'avis de la confédération, qui pénalise aujourd'hui tous les salariés de ce secteur. C'est pour cela que nous voulons monter au créneau et faire annuler ce délai de carence.”
 
Pour autant, si cette mesure est incontestablement la priorité des cinq organisations syndicales, ces dernières assurent également défendre plusieurs autres revendications telles que l'instauration d'une indemnité de décès pour les ayants droit des salariés, la lutte contre le harcèlement et la pression au travail, la mise en place d'une prime d'assiduité ou encore une augmentation générale des salaires de 10 % pour faire face à l'inflation – pour ne citer que ces exemples. Et si leurs intentions sont claires, les syndicats rassurent également : “Ce n'est pas pour tout de suite. Nous attendrons la fin de la visite du ministre des Outre-mer, Manuel Valls, pour porter le débat devant le Pays. Et puis nous voulons qu'il y ait une distinction entre le mouvement de la Fraap et le nôtre.”
 

Rédigé par Wendy Cowan le Jeudi 10 Juillet 2025 à 18:07 | Lu 5165 fois