Tahiti, le 1er septembre 2026 – Premier test pour l’opposition désormais majoritaire à Tarahoi. Mardi, Tavini, Tapura et A Here ia Porinetia ont voulu supprimer 53 créations de postes permanents et deux non permanents du collectif budgétaire n°3, faute de justifications suffisantes à leurs yeux. Mais à l’issue de près de deux heures de débats et une défense pied à pied des ministres, les lignes ont bougé. Le Tavini puis le Tapura ont annoncé qu’ils s’abstiendraient, avant que Nicole Sanquer ne retire finalement l’amendement. Un revirement qui n’aura pas fait école : sur le suivant, les trois groupes ont cette fois fait bloc et réuni 42 voix.
Après une nuit et une matinée laissées au gouvernement pour travailler à l’équilibre du collectif au regard des amendements préparés par l’opposition, les élus ont repris leurs travaux mardi à 14 heures. Le volet recettes a d’abord été adopté, non sans un arrêt sur l’“indemnité transactionnelle” de 35 millions de francs destinée à solder le différend entre le Pays et l’entreprise Boyer autour du parking silo de Papeete. Nuihau Laurey s’est notamment interrogé sur la “médiation rapide” autour de cette transaction concernant un ouvrage de 1,5 milliard de francs dont une dizaine des quelque 100 pieux avaient été jugés défectueux.
Le volet recettes adopté, les élus sont alors entrés dans le vif des dépenses avec l’article 3 consacré aux effectifs du Pays. Nicole Sanquer a défendu le premier amendement commun au Tavini, Tapura et Ahip. Leur proposition : ne conserver que les créations de postes jugées suffisamment justifiées, notamment pour le Smur du Sud, la santé, l’accompagnement des élèves en situation de handicap, le contrôle du travail illégal ou la biosécurité, et supprimer 53 emplois permanents et deux non permanents. Parmi eux, 48 postes techniques de catégorie D, mais aussi quatre postes de catégorie A, dont un ingénieur chargé de la mobilité active, un juriste à la DDC et un poste lié à la prévention des addictions. Leur examen pourrait être renvoyé au budget 2027, une fois les besoins précisément établis.
Nicole Sanquer a surtout replacé cet amendement dans la nouvelle donne politique à Tarahoi. “Le stylo magique, il existe toujours”, a-t-elle lancé, avant d’avertir le gouvernement : “Ce que vous n’avez peut-être pas compris [...], c’est le fait de ne pas avoir de majorité. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on est beaucoup plus regardant.”
Les communes font monter le ton
La création d’un poste de juriste à la Délégation pour le développement des communes (DDC) a surtout fait bondir Lana Tetuanui. La sénatrice, candidate à sa succession, a ramené le débat sur l’application de l’article 43-2 du statut, qui permet aux communes d’intervenir dans certaines compétences du Pays. Elle reproche à Moetai Brotherson d’en avoir freiné la mise en œuvre par une circulaire, allant selon elle jusqu’à agiter le risque de remise en cause de certains financements de l’État. “Comment on peut aller faire du chantage sur le meilleur socle du gouvernement qu’on appelle les communes ?”, a-t-elle lancé, jugeant dès lors incohérent de demander aux élus de renforcer la DDC. “C’est un scandale !”
Vannina Crolas a ensuite précisé que ce poste de juriste devait justement permettre de “renforcer l’accompagnement juridique” des communes face à la complexité croissante des dossiers avec les évolutions statutaires. Plus largement, la ministre de la Fonction publique a rappelé que le collectif prévoit 391 créations pour 338 suppressions de postes, dont 42 seulement nécessitent des crédits supplémentaires, à hauteur de 199 millions de francs. “Tout le reste est compensé par les suppressions. Il n’y a pas d’impact financier”, a-t-elle insisté.
Les ministres concernés sont ensuite venus, chacun à leur tour, défendre leurs besoins : Raihei Ansquer pour les postes de la santé, Vanina Pommier pour celui consacré à la prévention auprès des jeunes et Taivini Teai pour les effectifs notamment dans l’agriculture et la filière bois. Vannina Crolas a fini par détailler les 48 postes techniques qui disparaîtraient en cas d’adoption de l’amendement, de l’aviation civile à l’agriculture, en passant par la biosécurité et la santé.
Les explications font bouger les lignes
Lana Tetuanui avait prévenu qu’elle demanderait à son groupe de s’abstenir si le gouvernement lui garantissait que le poste de la DDC servirait bien à “soutenir et non pas défoncer les communes”. Maurea Maamaatuaiahutapu avait d’ailleurs ouvert la voie un peu plus tôt, en se disant prête à renoncer à soutenir l’amendement si les ministres parvenaient à la convaincre de la nécessité des recrutements. Après leurs explications, l’élue du Tavini a tranché : “Notre groupe va s’abstenir sur l’amendement, bien que je sois cosignataire.”
Après avoir d’abord décidé de maintenir son amendement, Nicole Sanquer a finalement changé d’avis au terme des explications des ministres : “Plus détaillé, on ne pouvait pas. Donc merci à tous les ministres de nous avoir éclairés sur les créations de ces postes. Et donc je retire l’amendement.”
Au suivant, les 42 voix font bloc
Le retrait n’a pas pour autant calmé les débats. À l’article 4, Teumere Atger a présenté un deuxième amendement commun portant notamment sur plusieurs subventions et le logement étudiant. Après une heure de suspension, les travaux ont repris à 18 heures passées sur un ton nettement plus vif. Après un long plaidoyer du ministre du Logement, Tony Géros l’a sèchement repris, reprochant à l’exécutif d’avoir eu toute la nuit pour travailler sur les propositions des élus avant de revenir les contester point par point : “C’est invraisemblable ça, c’est pas possible.”
Lana Tetuanui a alors proposé une porte de sortie : accepter les modifications défendues par le gouvernement, mais sous forme de sous-amendement au texte des élus. “Il est hors de question pour moi de cautionner un détricotage du travail”, a-t-elle prévenu. Maurea Maamaatuaiahutapu a abondé, rappelant les heures passées par les trois groupes, jusque durant le week-end, à retravailler le collectif et leurs amendements.
Tepuaraurii Teriitahi a finalement résumé le nouveau rapport de force : “La majorité, elle est constituée par les oppositions. Gouverner sans majorité, c’est impossible.” L’amendement du gouvernement a été retiré et celui des trois groupes adopté par 42 voix.
Après une nuit et une matinée laissées au gouvernement pour travailler à l’équilibre du collectif au regard des amendements préparés par l’opposition, les élus ont repris leurs travaux mardi à 14 heures. Le volet recettes a d’abord été adopté, non sans un arrêt sur l’“indemnité transactionnelle” de 35 millions de francs destinée à solder le différend entre le Pays et l’entreprise Boyer autour du parking silo de Papeete. Nuihau Laurey s’est notamment interrogé sur la “médiation rapide” autour de cette transaction concernant un ouvrage de 1,5 milliard de francs dont une dizaine des quelque 100 pieux avaient été jugés défectueux.
Le volet recettes adopté, les élus sont alors entrés dans le vif des dépenses avec l’article 3 consacré aux effectifs du Pays. Nicole Sanquer a défendu le premier amendement commun au Tavini, Tapura et Ahip. Leur proposition : ne conserver que les créations de postes jugées suffisamment justifiées, notamment pour le Smur du Sud, la santé, l’accompagnement des élèves en situation de handicap, le contrôle du travail illégal ou la biosécurité, et supprimer 53 emplois permanents et deux non permanents. Parmi eux, 48 postes techniques de catégorie D, mais aussi quatre postes de catégorie A, dont un ingénieur chargé de la mobilité active, un juriste à la DDC et un poste lié à la prévention des addictions. Leur examen pourrait être renvoyé au budget 2027, une fois les besoins précisément établis.
Nicole Sanquer a surtout replacé cet amendement dans la nouvelle donne politique à Tarahoi. “Le stylo magique, il existe toujours”, a-t-elle lancé, avant d’avertir le gouvernement : “Ce que vous n’avez peut-être pas compris [...], c’est le fait de ne pas avoir de majorité. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on est beaucoup plus regardant.”
Les communes font monter le ton
La création d’un poste de juriste à la Délégation pour le développement des communes (DDC) a surtout fait bondir Lana Tetuanui. La sénatrice, candidate à sa succession, a ramené le débat sur l’application de l’article 43-2 du statut, qui permet aux communes d’intervenir dans certaines compétences du Pays. Elle reproche à Moetai Brotherson d’en avoir freiné la mise en œuvre par une circulaire, allant selon elle jusqu’à agiter le risque de remise en cause de certains financements de l’État. “Comment on peut aller faire du chantage sur le meilleur socle du gouvernement qu’on appelle les communes ?”, a-t-elle lancé, jugeant dès lors incohérent de demander aux élus de renforcer la DDC. “C’est un scandale !”
Vannina Crolas a ensuite précisé que ce poste de juriste devait justement permettre de “renforcer l’accompagnement juridique” des communes face à la complexité croissante des dossiers avec les évolutions statutaires. Plus largement, la ministre de la Fonction publique a rappelé que le collectif prévoit 391 créations pour 338 suppressions de postes, dont 42 seulement nécessitent des crédits supplémentaires, à hauteur de 199 millions de francs. “Tout le reste est compensé par les suppressions. Il n’y a pas d’impact financier”, a-t-elle insisté.
Les ministres concernés sont ensuite venus, chacun à leur tour, défendre leurs besoins : Raihei Ansquer pour les postes de la santé, Vanina Pommier pour celui consacré à la prévention auprès des jeunes et Taivini Teai pour les effectifs notamment dans l’agriculture et la filière bois. Vannina Crolas a fini par détailler les 48 postes techniques qui disparaîtraient en cas d’adoption de l’amendement, de l’aviation civile à l’agriculture, en passant par la biosécurité et la santé.
Les explications font bouger les lignes
Lana Tetuanui avait prévenu qu’elle demanderait à son groupe de s’abstenir si le gouvernement lui garantissait que le poste de la DDC servirait bien à “soutenir et non pas défoncer les communes”. Maurea Maamaatuaiahutapu avait d’ailleurs ouvert la voie un peu plus tôt, en se disant prête à renoncer à soutenir l’amendement si les ministres parvenaient à la convaincre de la nécessité des recrutements. Après leurs explications, l’élue du Tavini a tranché : “Notre groupe va s’abstenir sur l’amendement, bien que je sois cosignataire.”
Après avoir d’abord décidé de maintenir son amendement, Nicole Sanquer a finalement changé d’avis au terme des explications des ministres : “Plus détaillé, on ne pouvait pas. Donc merci à tous les ministres de nous avoir éclairés sur les créations de ces postes. Et donc je retire l’amendement.”
Au suivant, les 42 voix font bloc
Le retrait n’a pas pour autant calmé les débats. À l’article 4, Teumere Atger a présenté un deuxième amendement commun portant notamment sur plusieurs subventions et le logement étudiant. Après une heure de suspension, les travaux ont repris à 18 heures passées sur un ton nettement plus vif. Après un long plaidoyer du ministre du Logement, Tony Géros l’a sèchement repris, reprochant à l’exécutif d’avoir eu toute la nuit pour travailler sur les propositions des élus avant de revenir les contester point par point : “C’est invraisemblable ça, c’est pas possible.”
Lana Tetuanui a alors proposé une porte de sortie : accepter les modifications défendues par le gouvernement, mais sous forme de sous-amendement au texte des élus. “Il est hors de question pour moi de cautionner un détricotage du travail”, a-t-elle prévenu. Maurea Maamaatuaiahutapu a abondé, rappelant les heures passées par les trois groupes, jusque durant le week-end, à retravailler le collectif et leurs amendements.
Tepuaraurii Teriitahi a finalement résumé le nouveau rapport de force : “La majorité, elle est constituée par les oppositions. Gouverner sans majorité, c’est impossible.” L’amendement du gouvernement a été retiré et celui des trois groupes adopté par 42 voix.
































