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Chailloux claque la porte d’A Fano Ti’a et charge Brotherson


crédit photo APF
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Tahiti, le 1er septembre 2026 - C’est désormais officiel : Steve Chailloux quitte A Fano Ti’a. Dans une lettre adressée au président du groupe, Tematai Le Gayic, l’élu règle surtout ses comptes avec Moetai Brotherson. Il lui reproche d’avoir vidé le nouveau parti de sa colonne vertébrale indépendantiste, mais dénonce aussi son attitude “continuellement méprisante et dédaigneuse” à l’égard des élus de Tarahoi. Une “véritable rupture de confiance” qui s’est nourrie au fil des derniers mois, de l’échec de la réconciliation avec Antony Géros à la découverte des statuts du parti.

 
La rupture est cette fois consommée. Après avoir quitté le Tavini avec les autres élus qui ont constitué A Fano Ti’a, Steve Chailloux quitte désormais le groupe présidé par Tematai Le Gayic. Une décision qu’il rattache directement aux événements qui se sont succédé depuis la scission et à la création du parti politique A Fano Ti’a présidé par Moetai Brotherson.
 
Premier grief : l’échec de la tentative de réconciliation lancée en juin par Oscar Temaru entre Antony Géros et Moetai Brotherson. Steve Chailloux rappelle que les élus d’A Fano Ti’a s’étaient dits prêts à rencontrer le leader historique du Tavini et avaient choisi de laisser le processus suivre son cours. Mais il conteste frontalement la version donnée depuis par le président du parti.
 
“Selon les déclarations de M. Moetai Brotherson, la responsabilité de cet échec incomberait, une fois encore, entièrement et exclusivement à M. Antony Géros, sans que le président de votre parti ne semble jamais envisager la moindre part de responsabilité personnelle dans cet échec. La réalité est pourtant, à mes yeux, beaucoup plus nuancée”, écrit-il, soulignant avoir décidé de “répondre favorablement à cet appel à la réconciliation” du président du Tavini.
  
Mais le cœur de sa rupture avec Moetai Brotherson se trouve surtout dans la création du parti A Fano Ti’a et ses statuts. Steve Chailloux raconte les avoir signés en pleine séance à Tarahoi, dans des conditions pour le moins expéditives. “Alors même que nous participions aux débats au sein de l’hémicycle de l’assemblée de la Polynésie française, nous étions appelés, l’un après l’autre, à quitter la séance afin d’apposer notre signature.”
 
Des statuts signés à la va-vite
 
Ce n’est que plus de trois semaines plus tard, après “plusieurs demandes et relances”, que les élus obtiennent la nouvelle version des statuts. Steve Chailloux découvre alors que “l’ossature idéologique” du parti repose sur les seules “souverainetés économique, alimentaire et énergétique” : “À aucun moment la souveraineté politique ni le droit à l’autodétermination du peuple mā’ohi ne sont érigés en fondements idéologiques d’un parti qui se présente pourtant comme indépendantiste”. Une “véritable rupture de confiance”, écrit-il.
 
“Je demeure profondément indépendantiste et je continuerai à défendre, avec la même détermination, la souveraineté politique ainsi que le droit du peuple mā’ohi à l’autodétermination. Mes convictions politiques sont demeurées intactes”, insiste-t-il, estimant que l’orientation prise par A Fano Ti’a s’écarte désormais des “principes essentiels du combat pour l’indépendance de notre pays”  au cœur de l’ADN du Tavini. Moetai Brotherson tenait d’ailleurs déjà son retour au Tavini pour acquis samedi depuis Palau : “S’il a décidé de partir et de retourner au Tavini (...), c’est son choix”, déclarait-il à TNTV, avant de fermer la porte à tout retour vers A Fano Ti’a : “C’est un aller simple.”
 
Et Steve Chailloux garde sa charge la plus sévère contre Moetai Brotherson pour la fin de son courrier. Il évoque des consultations “qui relevaient davantage de la façade que d’une réelle concertation”, avant d’élargir son reproche à l’ensemble de Tarahoi : “Je ne peux plus passer sous silence l’attitude continuellement méprisante et dédaigneuse que le président Brotherson a constamment manifestée à l’égard des élus de l’assemblée de la Polynésie française”.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Mardi 1 Septembre 2026 à 14:08 | Lu 1172 fois