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Burkina: 24 morts dans l'attaque d'une base militaire, l'opposition demande la démission du gouvernement



Ouagadougou, Burkina Faso | AFP | mardi 20/08/2019 - 24 morts, 7 blessés et 5 disparus: l'attaque qui a frappé une base militaire dans le nord du Burkina Faso lundi est la plus meurtrière jamais subie par l'armée burkinabè dans sa confrontation avec les groupes jihadistes depuis 2015, conduisant l'opposition à réclamer la démission du gouvernement.

L'état-major général des armées burkinabè a actualisé mardi dans un communiqué le bilan de l'attaque, attribuée à des jihadistes, qui a frappé lundi à l'aube le détachement militaire de Koutougou, dans la province du Soum. Son précédent bilan lundi faisait état d'une dizaine de militaires tués et de plusieurs blessés.
Dans sa première réaction publique, un jour et demi après l'attaque, le président burkinabè Roch Marc Christian Kabore a appelé "le peuple burkinabè à rester toujours debout dans cette lutte de longue haleine contre le terrorisme. Le Burkina Faso ne cédera pas une partie de son territoire, dussions-nous tous y laisser notre vie", dans un tweet.
Un "conseil de défense extraordinaire" s'est tenu mardi au palais présidentiel à Ouagadougou, selon une source sécuritaire. Mais rien n'a filtré.
D'après cette source, ce sont "plusieurs dizaines de terroristes à bord de motos et de pick-up" qui ont attaqué le camp. "C'est visiblement une attaque bien préparée et coordonnée par plusieurs groupes terroristes. Ils ont tiré à l'arme lourde sur le camp de base, notamment des roquettes qui ont incendié plusieurs installations, des moyens roulants et de l'armement".
Jusque-là, la plus grave attaque jihadiste perpétrée contre l'armée burkinabé avait fait 12 morts à Nassoumbou, dans la même province du Soum, en décembre 2016. Une quarantaine d'assaillants, là aussi à bord de pick-up et de motos, avaient attaqué un poste militaire situé à une trentaine de kilomètres du Mali.
L'armée burkinabè avait aussi subi un revers sans précédent en mars 2018, quand une attaque jihadiste avait dévasté son état-major général, en plein centre de la capitale Ouagadougou, faisant huit morts.
Pays sahélien pauvre d'Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso s'enfonce depuis quatre ans et demi dans une spirale de violences, attribuées à une douzaine de groupes jihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d'autres à l'Etat islamique.
Les attaques islamistes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le nord et l'est du pays, ont fait plus de 500 morts.
 

- "Gouvernement dépassé" -

 
Le principal parti d'opposition du Burkina Faso, l'Union pour le progrès et le changement (UPC), a demandé mardi la démission du gouvernement, le jugeant incapable de faire face à la situation.
"Le gouvernement Dabire a complètement échoué". "L'UPC demande la démission pure et simple du gouvernement", "et la nomination (...) d'une nouvelle équipe qui aura pour mission première la défense de l'intégrité territoriale et la sécurité des Burkinabè", a déclaré le mouvement dans un communiqué.
Selon ce parti dirigé par Zéphyrin Diabré, l'équipe gouvernementale est "dépassée par la tournure des événements" et "croise à présent les bras, attendant ce que le hasard fera d'eux et des Burkinabè".
Les forces de défense et de sécurité burkinabè, manquant de moyens, semblent incapables d'enrayer les attaques, et les jihadistes étendent leur influence sur des zones de plus en plus grandes. Ils disposeraient de plusieurs centaines de militants armés dans le pays, avait confié en mai une source militaire française à l'AFP.
Cinq Etats du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad - le G5 Sahel) ont constitué une force militaire multinationale pour lutter contre les multiples groupes jihadistes qui sévissent dans la région, mais cette force peine à monter en puissance.
La France, qui mobilise 4.500 soldats au Sahel pour son opération antijihadiste Barkhane, "condamne avec la plus grande fermeté l’attaque" de Koutougou, et "se tient aux côtés des autorités burkinabè pour les accompagner, à leur demande, dans la lutte contre le terrorisme", a réagi mardi le Quai d'Orsay.
Le nord du Burkina a été le théâtre de plusieurs attaques meurtrières ces derniers mois: 66 civils ont péri dans cinq attaques en juin et juillet, tandis que quatre militaires et trois policiers ont été tués dans deux attaques les 14 et 15 août.
Mi-juillet, les autorités burkinabè ont prorogé de six mois l'état d'urgence, en vigueur depuis décembre 2018 dans plusieurs provinces du pays.
Quelques 238.000 personnes ont dû fuir leurs foyers au Burkina en raison de ces violences, selon un bilan publié le 15 août par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

le Mercredi 21 Août 2019 à 04:02 | Lu 240 fois





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