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Branscombe Richmond : « Je veux aider les polynésiens ! »



Branscombe Richmond en compagnie de deux de ses fils : Fairai, à gauche et Terangi.
Branscombe Richmond en compagnie de deux de ses fils : Fairai, à gauche et Terangi.
PAPARA, le 17 décembre 2014 - Après un premier séjour il y a un mois et demi, l’acteur hollywoodien d’origine tahitienne Branscombe Richmond surtout connu pour son rôle de Bobby Six killers dans la série « Le rebelle », est à nouveau sur le fenua. Ce retour pour trois semaines est un moment privilégié pour le comédien puisqu’il souhaite partager son expérience d’une trentaine d’années dans les affaires avec les polynésiens « car je suis tahitien également et je ne l’ai jamais oublié ! ». Il nous a reçus dans une demeure familiale, perchée sur les hauteurs de Papara.

Tahiti Infos : Quel est le but de votre visite à Tahiti ?

Branscombe Richmond : Tout d’abord, je suis tahitien aussi. De plus, je suis arrivé à un moment de ma vie où mon objectif n’est pas de devenir riche. Je ne veux pas mourir en ayant eu le plus d’argent possible. En revanche, j’aimerai partager mes erreurs et mon expérience avec les miens. Vous savez, rester humble dans l’industrie du cinéma ou de la télévision n’est pas chose facile mais cela rend meilleur.

Mon père Léo Richmond me disait que pour réussir, il faut : du temps, de la chance, une bonne étoile, de la persévérance puis du talent. En clair, si tu as du temps, tu verras forcément la chance apparaître un moment ou un autre et delà, tu peux avancer. Le talent vient envelopper tout cela et à Tahiti, ce n’est pas ce qui manque.

Je vais vous donner l’exemple d’une classe du lycée Samuel Raapoto, 43 élèves qui ont été invités à Hawaii, sur l’île de Maui, pour rencontrer des camarades du Kamehameha School et être en immersion pendant une semaine. Ils seront accompagnés d’une dizaine d’enseignants. Pourquoi est-ce important ? Parce qu’il faut voir autrement les choses, avoir une vision plus large du monde et augmenter ses connaissances pour aller plus loin dans la vie.

Un de mes cousins enseigne dans ce lycée. Un jour, il m’a appellé et m’a demandé : « Peux-tu nous aider à donner toutes les chances possibles à nos élèves ?» et je lui ai dit : « Absolument ! » et me voici. Ma carrière d’acteur-réalisateur-producteur ne s’arrête pas, mais j’ai voulu venir à Tahiti pour aider la jeunesse, avec mes moyens, à voir un avenir plus positif que ce que l’on voit actuellement. Lorsque 50 % de la population polynésienne a moins de 25 ans, ça me parle.

Tahiti infos : Avez-vous une solution ?

B.R : Soit on les laisse traîner en bordure de route, soit on essaie de les guider vers un chemin positif ; les former, et surtout croire en eux. Et si je peux changer un seul jeune, alors j’aurai accompli ma mission. Je n’ai pas besoin de changer 43 jeunes (à propos de la classe du lycée Samuel Raapoto) mais en changeant un seul d’entre eux, il changera à son tour un autre puis un autre encore et ainsi de suite, là j’aurai vraiment rendu service mon île.

Dans notre métier d’acteur, il faut s’accrocher. Branscombe Richmond, c’est son être tout entier qui vit pour ce travail, mais c’est pareil pour tous ces jeunes. S’il y a effectivement 50 % de jeunes en Polynésie, que vont-ils devenir, donc il faut leur montrer d’autres voies.

Tahiti-infos : Les jeunes polynésiens sont intéresses par la télévision ou le cinéma, pensez-vous qu’il puisse exister un jour une réelle industrie du cinéma à Tahiti ?

B.R : C’est possible mais je vois que ce n’est pas encore une priorité, et pourtant, nul besoin d’être un scientifique pour créer du divertissement. Vous avez tout ce qu’il faut en ressources humaines, ce n’est pas ce qui manque. Tahiti a de très beaux sites. Mais il manque l’élément clé qui fera que cette industrie pourra exister et se développer ici.

Aux Etats-unis, nous avons ce qu’on appelle la « tax credit »(crédit d’impôts) pour le cinéma dans certains états. Ce dispositif créé de l’emploi. Si cela peut se faire ici, il y aura moins de jeunes en bordure de route et aussi moins de délinquance, car ils auront du travail.

Pour moi, je pense que l’avenir c’est la télévision car le cinéma comporte trop de risques, mais parcontre la rentabilité peut être énorme. Les téléfilms romantiques remportent toujours un franc succès. Il y a également les films d’horreur sans oublier l’éternel film d’action que le monde entier comprend et appréciera toujours car c’est culturel.

Je reprendrai l’exemple du film « Blue Water Sailor » tourné à Maui par une société de production allemande. Ils sont venus car nous avions tout sur place : équipements, services, traiteurs et acteurs. De plus, pour un million de dollar de dépensé, la production a bénéficié du crédit d’impôt, à hauteur de 25%. Tous les techniciens, ainsi que les figurants et l’acteur principal qui est mon fils, Marouo Richmond, sont hawaïens. Cela a fourni de l’emploi pendant deux mois.

A Tahiti, on peut faire beaucoup avec très peu de moyens. J’encourage par exemple le Vini film festival où l’on utilise son téléphone portable. Les résultats sont incroyables ; donc il y a des possibilités. Utilisez Youtube pour vous faire connaître. Ce pourrait être là la première étape avant de franchir la suivante.

Tahiti infos : donc, vous croyez en un avenir positif pour toute cette jeunesse polynésienne ?

B.R : J’y crois entièrement, mais pour cela il nous faut déjà récolter des éléments qui leur serviront demain et qui feront qu’ils évolueront. Il se peut même qu’ils puissent partir ailleurs, pour revenir avec des moyens et d’autres acquis. Pourquoi pas ? Je ne dépends pas de Tahiti, mais je veux partager toutes ces choses avec nos jeunes. Je peux être une sorte d’ambassadeur de la Polynésie, du « Ia ora na », de l’avenir du fenua. Je peux, par ma notoriété, aider à être mieux connu.

Tahiti infos : un message à l’adresse des polynésiens ?

B.R : Oui, continuez à rechercher le bon changement. N’oubliez pas que tout dépend de vous.

Photo tirée du film "Inquisitor" produit par Branscombe Richmond.
Photo tirée du film "Inquisitor" produit par Branscombe Richmond.
Branscombe Richmond vient de produire un film d’horreur intitulé « The inquisitor » (l’inquisiteur) où l’on retrouve également ses deux derniers fils, Fairai et Terangi Richmond. Ce long métrage d’une heure trente et tourné en six semaines à Hawaii sortira sur les écrans de cinéma dans le courant de 2015.

L’histoire : un millionnaire, perturbé, aux tendances masochistes se rend dans la jungle péruvienne à la recherche d’un artiste reclus. Il se retrouve bientôt victime d’un esprit diabolique responsable de la décimation de l’empire Inca. Branscombe Richmond qui a produit le film, y incarne le rôle de Shiniki.

TP

Rédigé par TP le Mardi 16 Décembre 2014 à 22:42 | Lu 3576 fois





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