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Bogota, la ville très or…



PAPEETE, le 13 septembre 2019 - Durant des décennies au XVI et XVII siècle, les conquistadores espagnols cherchèrent avec avidité un pays imaginaire baptisé "El Dorado", devenu l'Eldorado (littéralement « le Doré »). Ce royaume était supposé regorger d'or. Derrière la légende, il y avait une réalité, celle de la richesse des cultures andines de l'actuelle Colombie. Bienvenue au "Museo del Oro" de Bogota, unique au monde.
 
Une pièce unique, trouvée à Pasca en 1969, la représentation en or massif du fameux radeau d'or sur lequel un roi (le zipa de Bacata) se déplaçait chaque année, couvert d'or. Il se jetait au milieu d'un lac pour se débarrasser de sa parure et assurer la prospérité de son royaume. Les Espagnols n'ont jamais réussi à vider le lac, malgré des travaux titanesques.
Une pièce unique, trouvée à Pasca en 1969, la représentation en or massif du fameux radeau d'or sur lequel un roi (le zipa de Bacata) se déplaçait chaque année, couvert d'or. Il se jetait au milieu d'un lac pour se débarrasser de sa parure et assurer la prospérité de son royaume. Les Espagnols n'ont jamais réussi à vider le lac, malgré des travaux titanesques.

Les nouvelles salles du musée son très dépouillées, mais certaines, où toute photo est interdite, croulent littéralement sous le poids des pièces en or.
Les nouvelles salles du musée son très dépouillées, mais certaines, où toute photo est interdite, croulent littéralement sous le poids des pièces en or.
Depuis 2008, le Museo del Oro (Musée de l’or) de la Banco de la Republica de Colombia a fait peau neuve. Géré par Banrepcultural, il offre au public, depuis onze ans, cinq salles d'exposition permanentes (au lieu de deux précédemment) où sont mises en valeur des milliers de pièces, pour un grand nombre d'entre elles, en or massif.
 

Sauver les trésors de la fonte

Un masque de la culture Tierradentro délicatement nettoyé avant d'être exposé.
Un masque de la culture Tierradentro délicatement nettoyé avant d'être exposé.
C'est à la fin des années trente, à une époque où les mots patrimoine, culture, passé n'avaient encore que fort peu de sens en Colombie, que la banque de la République de Colombie décida de collecter des pièces en or qui circulaient en abondance alors, les pilleurs de tombes exerçant une activité prospère.
En 1939, fort de ses « récoltes », la banque ouvrait le premier musée de l’or (Museo de Oro) et, en décembre de la même année, achetait le fameux Poporo Quimbaya, pièce emblématique (voir photo) ; elle se lançait également dans une collecte systématique de tous les trésors archéologiques en circulation dans le pays, avec un double but : d’abord éviter que les pièces ne soient fondues pour être revendues au poids de l'or sur le marché local et empêcher leur exportation en fraude vers les Etats-Unis et l’Europe où les collectionneurs étaient nombreux.
Petit à petit, la banque parvint à acquérir des collections privées extraordinaires, et, dès 1946, s'intéressa aussi aux autres trouvailles archéologiques : poteries, céramiques, sculptures…
 

50 000 objets

Difficile de quantifier avec précision ses collections (tout n’est pas montré, loin de là) mais les chiffres officiels font état de 50 000 objets la plupart en or, 13 000 céramiques et 3 000 sculptures. Plus de 6 000 pièces en or, de taille très variable, toutes plus spectaculaires les unes que les autres, parfaitement mises en scène dans les salles du musée, sont exposées au public.
En 1968, un nouveau bâtiment avait été inauguré et en 2008, c'est une refonte complète de la structure qui a été mise en chantier, refonte qui a abouti à l'ouverture d'un ensemble de deux buildings ultra modernes.
Tahiti Infos est bien sûr allé "farfouiller" (si l’on ose le mot...) dans les trésors du Museo del Oro et en est ressorti ébloui, fasciné, subjugué par la richesse fabuleuse de ses collections.
Certaines salles sont couvertes d'or littéralement du sol au plafond et les nouveaux locaux mettent encore plus en avant la richesse de la métallurgie précolombienne de cette région nord des Andes.
Les photos étant strictement interdites (pour des raisons de sécurité), nous avons profité d'un accès exceptionnel accordé à un confrère colombien travaillant à l'Agence France Presse pour vous offrir une petite escapade illustrée au cœur même de ce trésor national colombien.
Si vous passez par Bogota, ne résistez pas au plaisir de pénétrer au cœur de l'Eldorado, le vrai !
 
L'extraordinaire variété des formes et des techniques révèle la richesse du travail de l'or dans les Andes précolombiennes.
L'extraordinaire variété des formes et des techniques révèle la richesse du travail de l'or dans les Andes précolombiennes.

Les cultures de l'or

Le légendaire Poporo quimbaya, de la culture du même nom. Sans doute un des symboles de la Colombie.
Le légendaire Poporo quimbaya, de la culture du même nom. Sans doute un des symboles de la Colombie.
Abondant dans les Andes colombiennes, l'or a été travaillé magnifiquement par différentes cultures : Sinu, Tairona, Uraba, Muisca, Quimbaya, Calima, Cauca, Narino, Tumaco, Tolima, San Agustin, Tierradentro, Malagana. Ce sont elles qui donnèrent naissance au mythe de l'El Dorado, ayant abouti au massacre de millions d'Indiens par des Espagnols littéralement consumés par la fièvre de l'or.
Outre de l’or, les collections du musée regorgent de pièces faites en différents autres métaux, en céramique, en pierre, en coquille d’œuf, en coquillage, en bois, ainsi que des textiles et des momies. Les collections couvrent une période s’étendant de - 500 av JC à 1 600 ap JC
 

Six autres musées de l’or

Les Indiens Tolima maniaient l'abstraction avec beaucoup de créativité.
Les Indiens Tolima maniaient l'abstraction avec beaucoup de créativité.
Banrepcultural ne gère pas que le Musée de l’Or de Bogota. L’organisme gère également six autres musées de l’or régionaux, plus petits, certes, mais fort intéressants : à Santa Marta, Cartagène, Armenia, Cali, Pasto ainsi qu’à Leticia (le Musée ethnographique). Au plan international, Banrepcultural a organisé plus de deux cents expositions dans le monde entier pour présenter les plus belles pièces de ses inestimables collections.
 

Le Museo del Oro pratique

Raffinement absolu avec cette série de divinités Tairona.
Raffinement absolu avec cette série de divinités Tairona.
Pour aller en Colombie
- Vols Papeete-Los Angeles-Bogota (Air France ou Air Tahiti Nui, puis Avianca ou United Airlines)
- Vols Papeete-Santiago- Bogota (via Latam)
 
Peut-on aller en Colombie ?
La "violencia", cette guerre civile qui a ravagé le pays pendant des décennies, rendait tout voyage problématique. Jusqu’à récemment, les Farc, les narcos, l'armée, les paramilitaires, tout le monde s'affrontait dans la jungle et même dans les villes. La situation s’est aujourd’hui à peu près normalisée, mais il convient de rester prudemment sur les circuits touristiques. À Bogota, le jour, on ne risque, en principe, pas grand-chose si l'on évite de circuler déguisé en touriste bling bling.
 
Quand y aller ?
Proche de l’équateur, la Colombie connaît deux saisons chacune coupées en deux, l’été correspondant à la saison sèche (décembre-janvier et juillet-août) et l’hiver à la saison des pluies (avril-mai et octobre-novembre).
 
Pour loger à Bogota
Une infinité de possibilités ; notre hôtel préféré :
Le Tequendama, building emblématique inauguré en mai 1957 (et classé au titre des Monuments nationaux de la Colombie) avec ses 537 chambres, à deux pas du musée de l’or.
Very smart :
Le Four Seasons Hotel Casa Medina, spectaculaire (décor somptueux), en briques, dans le nouveau quartier des affaires.
Bons plans :
Dans le quartier colonial ancien de la Candelaria, Hotel de la Opera dans un magnifique bâtiment restauré et Abadia Colonial (belle adresse gourmande).
 
Pour visiter le musée
Ouvert tous les jours sauf le lundi
Mardi au samedi : 9h-18h00
Dimanche : 10h-16h00
Fouille minutieuse à l'entrée (et gardiens lourdement armés).
Photos interdites pour ne pas dévoiler les systèmes de sécurité.
Audio guide recommandé.
 
En prime
Gardez-vous un peu de temps pour visiter le Musée d’art moderne, le MAMBO (souvent surnommé le Musée Zea, du nom de sa directrice, Gloria Zea, décédée en mars 2019), ne serait-ce que pour sa collection de peintures de Fernando Botero.
 

La culture Tairona a fourni des pièces d'une remarquable facture, mêlant différentes techniques métallurgiques, comme le procédé de moulage à la cire perdue.
La culture Tairona a fourni des pièces d'une remarquable facture, mêlant différentes techniques métallurgiques, comme le procédé de moulage à la cire perdue.

Un sublime pectoral Calima.
Un sublime pectoral Calima.

Le public est fasciné par la richesse de ce musée unique au monde.
Le public est fasciné par la richesse de ce musée unique au monde.

Rédigé par Daniel Pardon le Jeudi 12 Septembre 2019 à 10:48 | Lu 916 fois





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