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Biden salue les "bonnes nouvelles" pour l'emploi, malgré une situation en demi-teinte


Washington, Etats-Unis | AFP | vendredi 04/06/2021 - Joe Biden a salué vendredi les "bonnes nouvelles" pour le marché du travail aux Etats-Unis, qui a connu une petite amélioration en mai, tout en mettant en avant la nécessité d'adopter ses deux plans d'investissements censés créer des millions d'emplois supplémentaires.

Le président américain a loué les "progrès historiques" accomplis depuis son arrivée au pouvoir en janvier: "aucune économie majeure dans le monde ne crée des emplois aussi rapidement que nous".

"L'Amérique est de nouveau en mouvement", a-t-il lancé.

Pour soutenir la reprise, et créer des millions d'emplois "bien payés", Joe Biden compte sur deux gigantesques plan d'investissements, pour les familles américaines (1.800 milliards de dollars) et dans les infrastructures (négociations sur un montant allant de 1.000 à 1.700 milliards).

"Nous devons réaliser ces investissements aujourd'hui pour pouvoir continuer à réussir", a-t-il plaidé.

Le président démocrate négocie actuellement âprement avec l'opposition républicaine, et une nouvelle rencontre est prévue dans la journée. Mais il s'est dit prêt à repousser son projet de hausse de l'impôt sur les sociétés américaines pour conclure un accord.

7,6 millions d'emplois manquants

L'économie américaine a créé 559.000 emplois en mai, avait annoncé plus tôt le département du Travail. C'est deux fois plus qu'en avril, signe que la reprise s'accélère, mais c'est moins que ce qui était attendu par les analystes.

La bonne nouvelle est que près de la moitié de ces nouveaux emplois ont été créés par des entreprises des secteurs des loisirs, de la restauration, de l'hôtellerie, celles qui ont été les plus durement touchées par la crise.

Pour autant, il manque toujours 7,6 millions d'emplois par rapport à février 2020, avant que l'économie américaine ne soit frappée de plein fouet par les mesures de confinement destinées à enrayer la progression du Covid-19.

Le taux de chômage est, lui, reparti en baisse, après avoir augmenté le mois dernier pour la première fois depuis un an, pour s'établir à 5,8% (-0,3 point).

Mais "la croissance de l'emploi reste étonnamment lente dans une économie qui n'est plus confrontée à des contraintes de capacité", constate Rubeela Farooqi, cheffe économiste pour HFE.

Plus de la moitié de la population américaine est désormais vaccinée contre le Covid, ce qui permet aux bars, complexes de loisirs, parcs d'attraction, de rouvrir à plein régime.

Difficile d'attirer les candidats

Mais pour l'heure, les employeurs peinent à convaincre certains travailleurs de revenir, particulièrement dans les emplois les moins bien rémunérés.

Des craintes liées au Covid persistent en effet et, surtout, les écoles ne sont pas toutes rouvertes à temps plein, posant des problèmes de garde. De plus, les postes offerts ne correspondent pas toujours aux compétences des demandeurs d'emploi.

Et les allocations chômage, plus généreuses, accessibles aux indépendants et à ceux qui ont épuisé leurs droits, n'incitent pas à retourner au travail, déplorent les républicains. Ils vont d'ailleurs, dans la plupart des Etats qu'ils gouvernent, réduire ou supprimer ces aides supplémentaires dans les prochaines semaines.

Cela marquera le retour au régime habituel d'allocations qui varie selon les Etats. Et sur les 15 millions de personnes qui perçoivent toujours actuellement une allocation chômage, 2,3 millions ne toucheront alors plus rien, a calculé Nancy Vanden Houten, analyste pour Oxford Economics.

Cette pénurie de main d'oeuvre empêche de nombreuses entreprises de reprendre leur activité à plein régime. Pour séduire les candidats, il leur faut donc proposer plus: des salaires plus élevés, des congés payés ou encore la possibilité de télétravailler lorsque cela est possible.

"Les données des deux derniers mois suggèrent que la demande croissante de main-d'œuvre associée à la reprise après la pandémie pourrait avoir exercé une pression à la hausse sur les salaires", souligne le département du Travail.

"La leçon ici semble être que les employeurs doivent soit payer plus - et peut-être beaucoup plus - pour attirer les (travailleurs), soit attendre que s'estompent les facteurs potentiellement responsables de l'éloignement des gens du marché travail", a commenté Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics.

le Vendredi 4 Juin 2021 à 07:11 | Lu 160 fois