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Au tribunal, le calvaire d'un nourrisson martyrisé


Tahiti, le 3 février 2026 – Un homme de 32 ans a été condamné mardi en correctionnelle à quatre ans de prison ferme assortis d'un mandat de dépôt pour des violences commises sur son nourrisson qui avait eu de nombreuses fractures. Sa compagne, poursuivie pour privation de soins, a écopé de deux ans de prison dont un avec sursis.
 
Fémurs fracturés, fractures au crâne, au tibia et aux côtes, “lésions traumatiques récentes”, lésions intracrâniennes : Le tribunal correctionnel s'est penché mardi sur le cas d'un bébé battu durant les quatre premiers mois de sa vie et qui vit désormais en sécurité après avoir été adopté.
 
Les faits avaient été révélés en avril 2019 lors de la visite médicale du quatrième mois de l'enfant, une petite fille née en décembre 2018. Le médecin avait alors remarqué que la cuisse gauche du nourrisson, qui semblait “inconsolable”, était gonflée. Les examens pratiqués à l'hôpital avaient permis de déterminer que la petite avait subi de “graves maltraitances” avec des “lésions d'âges différents” permettant d'établir que les violences avaient été répétées. Entendu, le père de la fillette avait reconnu les violences quand la mère avait nié toute implication en assurant que la cuisse de son enfant était gonflée à cause d'une piqûre de cent-pieds.
 
Une prévenue déjà condamnée
 
À la barre du tribunal mardi, le prévenu a reconnu les faits du bout des lèvres en affirmant qu'il n'était “plus lui-même” et qu'il ne savait pas comment expliquer ses actes. “Je n'étais pas énervé. Je ne sais pas ce qui m'a pris mais, pourtant, je l'aimais vraiment”, a-t-il assuré avant de concéder qu'il avait mis des gifles à la petite victime.
 
Interrogée à son tour, la mère a difficilement pu expliquer la raison pour laquelle elle ne s'était pas aperçue des violences. Le président du tribunal lui a alors rappelé qu'elle avait déjà été condamnée pour maltraitances sur son aîné, un enfant qu'elle avait gardé, selon ses déclarations à la barre, “juste pour faire chier son père”, l'un de ses ex-compagnons.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le père de l'enfant à quatre ans de prison ferme assortis d'un mandat de dépôt et sa compagne à deux ans de prison dont un avec sursis.
 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 3 Février 2026 à 14:58 | Lu 1015 fois