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Au procès Fillon, la défense s'élève contre une accusation "simpliste"



Paris, France | AFP | mercredi 11/03/2020 - Au dernier jour du procès de l'ancien Premier ministre François Fillon et de sa femme Penelope pour des soupçons d'emplois fictifs de Mme Fillon, la défense a commencé mercredi à plaider la relaxe, soutenant que le dossier est prescrit et s'élevant contre la thèse "simpliste" de l'accusation.

Les six avocats du couple Fillon et de Marc Joulaud, ancien suppléant de François Fillon à l'Assemblée national, plaident au lendemain d'un féroce réquisitoire du parquet national financier (PNF), qui a demandé cinq ans de prison, dont deux ferme, contre un François Fillon "cynique", appâté par le "gain".
"Au fond", les débats démarrés le 24 février "étaient un peu vains", a attaqué Joris Monin de Flaugergues, l'un des avocats de M. Fillon, devant le tribunal correctionnel de Paris. "Car en tout état de cause, les faits qui vous sont soumis aujourd'hui étaient prescrits".
Aux yeux de la défense, les délits de détournement de fonds publics ou complicité reprochés aux prévenus, dans le cadre des contrats de Penelope Fillon comme assistante parlementaire entre 1998 et 2013, n'étaient pas "dissimulés" au sens de la loi puisque ces contrats étaient déclarés aux organismes sociaux et à l'Assemblée. Dès lors, le délai de prescription de trois ans commence à courir au moment de ces contrats, pas de la révélation de l'affaire par le Canard enchaîné, donc les poursuites engagées en 2017 étaient trop tardives.
De même pour l'emploi de Mme Fillon à la Revue des deux mondes du milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, dûment déclaré.
"Si on fait une instruction à l'acide sur un dossier sorti de la naphtaline, on ne fait pas pour les prévenus un procès équitable", a mis en garde l'avocat.
Pierre Cornut-Gentille, l'un des avocats de Penelope Fillon, contre qui le PNF a requis trois ans avec sursis et 375.000 euros d'amende, s'en est ensuite pris à la "thèse manichéenne, simpliste" de l'accusation "comme quoi tout ça, c'est fictif".
L'avocat s'est attaché à décrire les emplois d'assistant parlementaire pour lequel Mme Fillon a perçu 613.000 euros nets d'argent public: il s'agissait d'être "les yeux et les oreilles de son mari", "d'entretenir entre (le député Fillon) et les électeurs des cantons ruraux une relation personnelle", a-t-il assuré. "Aux yeux d'électeurs, c'est la femme du député, pas un simple collaborateur".
 

- "Mépris" -

 
Quant au courrier arrivé à leur manoir de Beaucé, "elle l'ouvre, elle le lit, elle le trie", un "gain de temps" pour un député "suroccupé", comme pour les revues de presse qu'elle rédigeait. 
"Tout homme politique important aime avoir auprès de lui quelqu'un qui ne fait pas carrière, qui est extérieur à ses ambitions politiques", a assuré l'avocat.
Pour l'accusation, Mme Fillon, bien qu'active sur les plans social et culturel, n'était que "l'épouse" du député, pas une assistante parlementaire.
Quant au "nombre réduit" de preuves matérielles du travail de Mme Fillon, brandi par l'accusation, il ne saurait constituer un élément à charge puisque les notes anciennes dont elle se prévaut n'avaient pas vocation à être conservées, assure Me Cornut-Gentille, et que des courriels plus récents relatifs au courrier apportent "la preuve de son implication".
"Chacun d'entre nous garde des documents administratifs", avait souligné Me Monin de Flaugergues. "Mais personne ne garde dans un local à archives l'intégralité d'un travail passé avec un écriteau +pour le PNF en cas de soupçons d'emplois fictifs+ !"
L'avocat de Penelope Fillon s'en est aussi pris au "mépris" de l'accusation, qui en la présentant comme la "victime consentante" des agissements de son mari lui "dénie son libre arbitre, son identité": "C'est d'une violence inouïe!"
En préambule, sa consoeur Pauline Lambouroud avait attaqué l'Assemblée nationale, seule partie civile. Invoquant les "fautes multiples" de l'institution, son "absence de contrôle sur l'utilisation par le député de son crédit collaborateur", elle a demandé le rejet de ses prétentions financières.
L'affaire, révélée par un article du Canard enchaîné en janvier 2017, avait atomisé la campagne présidentielle de François Fillon, alors donné favori. Depuis le début, M. Fillon a dénoncé une procédure "à charge" et invoqué la "séparation des pouvoirs". Son avocat Antonin Lévy devrait notamment plaider sur ce point dans l'après-midi.

le Mercredi 11 Mars 2020 à 07:01 | Lu 212 fois




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