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Au parc Vairai, le sport traditionnel attire athlètes et curieux


Cette année, on compte plus de 100 athlètes lors du concours de pātia fā.
Cette année, on compte plus de 100 athlètes lors du concours de pātia fā.
TAHITI, le 12 juillet 2025- Malgré un soleil écrasant, le public est venu en nombre ce samedi après-midi au parc Vairai, admirer les exploits des athlètes du Tū’aro Mā’ohi 2025. Du 12 au 14 juillet, Tahiti fait battre le cœur de la culture polynésienne à travers ses sports traditionnels.
 
Les concours de pātia fā (lancer de javelot), de pa’aro ha’ari (coprah), d’amora‘a ‘ōfa‘i (lever de pierre) ou encore de lutte traditionnelle : chaque discipline raconte un héritage transmis de génération en génération.
 
« C’est la première fois qu’on vient », admet Sébastien, pourtant résident à Tahiti depuis sept ans. « On ne connaissait pas, mais c’est impressionnant », raconte-t-il, les yeux rivés sur les javelots lancés dans les airs en direction de la coco. « La cible est petite et c’est loin. Et je ne pensais pas qu’une coco pouvait tenir autant», plaisante-t-il, entouré de sa femme Angélique et de leur fils Valentino.

Sur le terrain, 103 athlètes se relaient, concentrés. Pour rappel, le pātia fā consiste à planter des javelots de bois dans une noix de coco perchée à 9,50 m de hauteur pour les hommes, et à 6,10 m pour les vahine et les ‘ui ‘api. Venus des Tuamotu, de Bora Bora ou encore de Anaa, les compétiteurs perpétuent des gestes hérités des anciens.
 
« Mon tāne est en train de jouer avec son frère. On est venu des Tuamotu exprès pour le concours. À Anaa, on joue beaucoup. Je croise les doigts », glisse Herehia, 31 ans. Dans les tribunes, le suspense monte. Pour Kama Reorau, 19 ans, le lancer est une affaire de famille : « Je pratique depuis petit. C’est mon grand-père qui m’a appris. » Le jeune homme espère briller en équipe, ce dimanche peut-être.
 
L’enthousiasme pour les sports traditionnels semble croître d’année en année, attirant toujours plus de participants et de curieux. « Même au niveau des athlètes, il y a un engouement », constate Raveino Inatio, vice-président de la fédération de pātia fā. « Mais tout le monde n’est pas venu à cause de la crainte des grèves », regrette-t-il.


« C’est surprenant ! »
 
Quelques mètres plus loin, le lever de pierre, autre épreuve emblématique, attire aussi. Chez les femmes, il s’agit de soulever et stabiliser 60 kg sur les épaules. Chez les hommes, plusieurs catégories s’affrontent, de 80 à 120 kg. « C’est pour mon mari que je me suis lancée », dit Marie, avec un sourire. À ses côtés, Samuel assure : « Moi je suis habitué du sport traditionnel en général ». C’est d’ailleurs avec une facilité déconcertante qu’il soulève la pierre, tout en faisant coucou à sa femme en train de le filmer. 
Si l’engouement est là, c’est aussi grâce à la participation des étrangers, estime le couple venu de Rurutu. « Ça attire les concurrents. Et les gens comprennent que c’est leur culture », notent Marie et Samuel.
 
Parmi les spectateurs, l’ambiance est bon enfant, partagée entre soutien familial et simple découverte. « C’est surprenant, captivant. Surtout le javelot », commentent Sophie et Anaïs, deux touristes. « Il y a une bonne ambiance », confirment Eleana, 42 ans, et sa belle-mère Noeline, 68 ans, qui ajoute : « Mais il faut des jeunes, pour assurer la relève. »
 
Le Heiva Tū’aro Mā’ohi 2025 se poursuit ce dimanche au parc Vairai et ce lundi sur l’avenue Pouvanaa’a a Oopa, avec les courses de porteurs de fruits. 


Rédigé par Darianna Myszka le Samedi 12 Juillet 2025 à 17:21 | Lu 1500 fois