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Au VAI, des pistes pour manger bon et sain demain


TAHITI, le 31 mars 2022 - Le Village de l’alimentation et de l’innovation a ouvert ses portes ce jeudi matin à la Maison de la culture. Les espaces, nombreux, ont été pris d’assaut par les classes. De nombreuses activités les attendaient. Mais ce village est ouvert à tous. Le programme, dense, a aussi été pensé pour le grand public.

Dès l’ouverture du Village de l’alimentation et de l’innovation (VAI) ce jeudi matin à la Maison de la culture, les allées se sont emplis de visiteurs. Pour la plupart, des scolaires dont le programme était déjà arrêté. Ils ont visité les stands d’information ainsi que ceux du marché des saveurs, participé à des ateliers et fait des expériences. Ils ont pu aussi profiter de projections d'émissions et de documentaires et assister à des conférences.

Cette troisième édition du VAI interroge le consommateur sur la façon dont il perçoit et conçoit l’avenir de son alimentation. Qu’y aura-t-il dans nos assiettes demain et comment le produirons-nous ? Faut-il réinventer notre façon de nous nourrir ? Et si oui, qui doit être le fer de lance du changement ? Cette manifestation s’appuie sur quatre mots clés : "Comprendre, découvrir, partager et respecter"; il entend promouvoir une alimentation saine, locale, durable mais aussi gourmande et savoureuse.

Nouvelles perspectives

Plus précisément, le VAI est l’occasion de comprendre un peu mieux le monde et la société dans laquelle nous vivons, de découvrir de nouvelles perspectives, de nouvelles façons de voir et de penser le monde, de partager et d’échanger avec des personnes passionnées, engagées, inspirantes et inspirées, et de se rappeler qu’il est essentiel de respecter la vie qui nous entoure, de respecter et d’apprécier la richesse des différences entre individus, mais également entre cultures, et surtout de se respecter soi-même.

L’idée est d’amener le visiteur à prendre conscience que l’avenir de notre alimentation est de la responsabilité de tout un chacun. En tant que village pédagogique, il a pour vocation : d’informer en vulgarisant des connaissances scientifiques récentes en matière d’alimentation et/ou de comportements alimentaires, de former des professionnels locaux et créer des échanges entre acteurs et porteurs de projets, de transmettre aux jeunes générations des savoir-faire et des savoir-être.

L’entrée du village est libre. La manifestation va durer jusqu’à dimanche.

Trouver des alternatives

La crise Covid a révélé des dysfonctionnements. Des épisodes de pénurie de certaines denrées alimentaires importés sont survenus. Le riz notamment a disparu des rayons, alors qu’il est l’une des denrées les plus prisées au fenua. Pour faire face à de nouvelles insuffisances, la Direction de l’agriculture et ses partenaires cherchent des alternatives. Pour remplacer le riz, ils se son intéressés à la banane verte qui semble être le candidat parfait en raisons de son abondance, sa facilité de transformation et de son goût assez neutre se rapprochant de la pomme de terre.

Pour réaliser 500 g de riz de banane, prenez dix bananes vertes variété Rio), 1 casserole d’eau bouillante, du sel, du poivre et du persil (selon goût).
- Plongez les bananes avec leur peau dans l’eau bouillante pendant 12 à 15 minutes.
- Égouttez-les et passez-les sous l’eau tiède. Après 2 à 3 minutes, épluchez-les et râpez-les sur une râpe à gros grains.
- Assaisonnez-les.

Expérience sensorielle
  • Expérience sensorielle
  • Des expériences et ateliers
  • Sensibiliser les plus jeunes
Sensibiliser et prévenir

Plusieurs classes de tous niveaux ont sillonné les allées du village, suivant un programme adapté : expériences sensorielles, jeu de l’oie sur les fruits locaux, expériences sur le changement d’habitude où il est possible de goûter des algues, des insectes… "L’idée est de sensibiliser à l’alimentation de demain, s’interroger ensemble sur ce que l’on va pouvoir manger demain de sain et équilibré, redécouvrir les produits locaux. Les enfants sont la première cible quand il s’agit de prévenir les maladies comme l’obésité. C’est important."


Kala’i Selam, le président de Apis Porinetia et Luoise Frogier, apicultrice.
Kala’i Selam, le président de Apis Porinetia et Luoise Frogier, apicultrice.
(Re)découvrir les produits du territoire

L’association Apis Porinetia tient un stand. Kala’i Selam, le président, rappelle que pour certains produits, inutile d’attendre demain. "L’apiculture est la seule filière d’élevage qui répond aujourd’hui 100% à la demande." Il y a 10 ans, l’interdiction d’importation de miel a été brusque et la filière n’étant pas encore assez développée, elle ne répondait pas à toute la demande. Aujourd’hui, "il n’y a plus de pénurie".

Le stand est l’occasion de mieux connaître la filière, les abeilles, mais aussi les produits variés : vinaigres de riz, propolis, miels aromatisés, cosmétique. D’ici quelques jours, du miel cristallisé va arriver sur les étales. "Nous tenons à dire que le miel cristallisé n’est pas édulcoré, au contraire, il est très riche d’un point de vu nutritif. Arrêtons d’aller sur Facebook pour s’informer. Les réseaux ont un intérêt mais pour comprendre, il faut aller voir directement les producteurs", insiste Louise Frogier, productrice.


Réouverture du marché bio

La filière bio a divers représentants au village. Elle est une solution au mieux manger durablement. Le SPG Bio Fetia tient un stand ainsi que le marché Bio de Arue. Ce dernier a dû fermer un mois, en raison notamment d’un remaniement de la coopérative. Il a rouvert ses portes en février.


Cooking class
  • Cooking class
  • Ismael Maraiauria, élève de 3e du collège de Teva i Uta.
  • Cooking class
Ateliers culinaires : Promouvoir le fait-maison

Durant toute la durée de l’événement, des ateliers culinaires sont organisés. Des élèves du collège de Teva i Uta ont démarré jeudi matin. Ils étaient 28. Sylvie Falchetto les a accompagné dans une préparation de cordon bleu d’aubergine pour remplacer le poulet et une salade de crudité accompagnée d’un assaisonnement à base de noix de coco, de citron et de sel pour remplacer la vinaigrette. "C’est très sain", a-t-elle résumé et "l’occasion de découvrir des aliments qu’ils n’ont pas l’habitude de consommer chez eux comme le pota, le chou vert, le potiron. Nous nous sommes aperçu que lorsque les enfants cuisinent eux-mêmes ils ont plus de facilité à manger des légumes."

Ismaël Maraiauria a 15 ans, il est en 3e. Il a l’habitude de cuisiner des petits pois avec du poulet ou du poulet avec de la sauce. Il a râpé de la coco au cours de l’atelier, découvert des légumes qu’il envisage de faire entrer chez lui.

Nathalie Perez, enseignante, explique qu’elle a inscrit sa classe au concours audiovisuel du VAI sur le thème de la cuisine anti gaspillage. Elle espère "pouvoir trouver d’autres recettes à l’occasion du VAI".



Pratique

Le programme complet est en ligne.
FB : Village de l’Alimentation et de l’Innovation

Rédigé par Delphine Barrais le Jeudi 31 Mars 2022 à 15:41 | Lu 1659 fois