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Assouplissement des restrictions sanitaires : Le variant ne change pas la donne


Tahiti, le 10 février 2021 – Le Pays et l'État le confirment, la découverte d'un premier cas "repéré et isolé" de variant britannique en Polynésie française n'est pas de nature à changer la donne sur l'assouplissement des mesures de restrictions sanitaires qui doivent être annoncées jeudi par le président du Pays et le haut-commissaire.
 
La détection d'un premier cas de variant du Covid-19 en Polynésie française est tombée mardi, à l'avant-veille de l'allocution du président du Pays et du haut-commissaire sur les prochaines mesures de restriction sanitaires applicables au fenua. Pour autant, mercredi, le Pays et l'Etat n'entendaient pas changer de cap sur les annonces prévues pour ce jeudi à 11 heures à la résidence du haut-commissaire. Le variant est "pris en compte dans la réflexion globale", confirme-t-on côté État, mais l'assouplissement des restrictions est toujours à l'ordre du jour.
 
"Pas de problème majeur"
 
Mercredi après-midi, le ministre de la Santé, Jacques Raynal, s'est exprimé sur le sujet lors du point presse de la plateforme Covid du Pays. Il a annoncé que le cas de variant du Covid-19 avait été importé par un fonctionnaire d'État polynésien arrivé le 2 février de métropole et détecté positif le 6 février grâce à son auto-test. Cette personne "habite généralement dans les îles", a indique le ministre, qui a expliqué qu'étant "arrivée récemment" elle était restée à Tahiti pour un "isolement semble-t-il respecté". Désormais placé en "isolement contrôlée", le patient a été recontrôlé et le séquençage de son test a confirmé mercredi sa contamination au variant britannique.
 
"Sur ce sujet là, il n'y a pas de problème majeur pour l'instant", a tenu à rassurer le ministre Jacques Raynal. "Ce que l'on va rechercher dans l'entourage du patient et dans le cercle des personnes qui ont voyagé avec lui, c'est si on trouve des cas de positivité." Et pour l'heure, les autorités sanitaires ont indiqué ne pas avoir suffisamment d'informations pour dire qu'il y a eu une diffusion autour de ce patient. Du reste, ces autorités maintiennent leur vigilance sur les nouveaux arrivants notamment. "Il est fort probable qu'il y ait d'autres cas qui puissent se produire. On sait que plus on détecte tôt l'introduction du variant et qu'on arrive à isoler suffisamment les personnes, plus on limite de façon suffisamment importante sa diffusion", a indiqué Jacques Raynal.
 
"On ouvre un tout petit peu"
 
Pour le ministre, cette découverte isolée d'un premier cas de variant n'est pas de nature à changer la donne dans la stratégie globale du Pays. La semaine dernière, le président Édouard Fritch avait annoncé qu'il solliciterait l'État sur un assouplissement des restrictions sanitaires. "Pour l'instant c'est toujours d'actualité", a réagi Jacques Raynal. "Nous en avons discuté ce matin en conseil des ministres. C'est toujours d'actualité avec notamment la possibilité de faire du sport dans des salles dédiées, aérées et ouvertes. La possibilité d'avoir des activités physiques dans des stades aérés. On ouvre un tout petit peu." En revanche, sur la question d'un assouplissement du couvre-feu, le ministre renvoie la patate chaude à l'État : "Le couvre-feu, c'est du domaine du haut-commissariat".
 
L'État, justement, confirmait mercredi partager la position du gouvernement. Le variant est un cas "repéré et isolé" et il est "pris en compte dans la réflexion globale, dans la synthèse". Mais pour autant il ne change pas l'orientation générale prise ces derniers jours par les autorités, compte-tenu de l'embellie confirmée de la situation sanitaire. Pour le détail des annonces, rendez-vous jeudi matin à 11 heures.
 

​Hervé Varet, directeur de l'Institut Louis Malardé : "Il s’agit d’un variant britannique"

Sait-on de quel type de variant est atteint le cas identifié ?

"On l’a techniquement séquencé et il s’agit d’un variant britannique."
 
Vous confirmez que le vaccin Pfizer distribué en Polynésie permet de résister à ce variant ?

"C’est le résultat des études que l’on a aujourd’hui. Le vaccin reste complètement adapté à l’arrivée et même à la propagation de ce variant en Polynésie. Ce qui est important, c’est qu’il faut identifier les variants et continuer à travailler sur les moyens d’isolement, tracer ces personnes et bloquer ces personnes. Pour le cas détecté, les personnes qui sont avec lui dans le foyer ont été testées et sont négatives. Elles ont été mises dans un schéma d’isolement fort."
 
Parmi les arrivants en Polynésie française qui doivent faire un test de fin de quarantaine, allez-vous rechercher également la trace de variants ?

"Oui. Sur toutes les personnes de retour de voyage, notamment les personnes en quarantaine à douze jours, on fera systématiquement sur les positifs une recherche de variants."
 
Vous prévoyez des tests aléatoires dans la population ?

"C’est à définir. Nous avons la chance inouïe d’être dans un schéma d’un arrêt des transferts d’étrangers. Le virus ne peut, a priori, venir que de l’étranger tant qu’il n’est pas détecté dans la population. Aujourd’hui, on ne l’a pas détecté en population. On le découvrirait si des foyers de contagion apparaissaient de façon épisodique et fortement. Ce n’est pas le cas actuellement. Nous sommes en ce moment dans une espèce de régression. (…)."
 
De combien de kits capables de dépister le variant dispose-t-on ?

"On est à peu près à 800 kits pour faire de la détection. Ce qui est pour l’instant extrêmement suffisant pour la quinzaine de personnes positives qu’on a par jour. Sachant que pour les personnes qui arrivent de l’étranger, parmi ces positives, on va en compter un voir deux maximum par jour actuellement. Et on aura les capacités de réapprovisionnement. Il n’y a aucun problème de tension sur ces kits. Lorsque nous avons identifié et commandé ce kit, nous l’avons reçu en cinq à six jours."
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Jeudi 11 Février 2021 à 16:11 | Lu 5717 fois