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Artisanat local vs importation à Arue


Tahiti, le 5 décembre 2022. La ville de Arue conjointement avec la fédération Heiura Taputea no Arue, organise cette semaine une grande exposition artisanale à la salle omnisports. 28 stands seront installés jusqu’à dimanche, l’objectif étant d’exposer aux visiteurs la qualité des produits fabriqués en Polynésie et qui bien souvent peuvent remplacer ceux importés.
 
Mettre en avant la création et la fabrication locale face aux produits importés, c’est là l’intention de la mairie de Arue et de la fédération Heiura Taputea no Arue qui organise cette semaine une grande exposition artisanale. Jusqu’à dimanche, dans les locaux de la salle omnisports, 28 stands seront installés par différents artisans et artistes polynésiens. De la confection de robes à la création de bijoux en passant par la culture de plantes locales, ils vendront leurs réalisations et promouvront leurs créations
 
L’exposition est sur le thème du patchwork” précise la chargée de l’emploi de la mairie de Arue, qui est aussi l’une des organisatrices du salon. Tiré du mot anglais du même nom, le patchwork est une pièce, initialement de tissu, composée de morceaux de plusieurs couleurs cousus les uns aux autres. C’est englobé dans ce thème très large que le salon souhaite “promouvoir tous les talents de Arue et polynésiens en général. L’objectif est vraiment de montrer aux visiteurs tout le savoir-faire que l’on a ici à Tahiti et dans le reste de la Polynésie”.
 
Les artisans ont fait le déplacement
 
Plus de 50 artisans ont fait le déplacement pour installer leur stand durant cette semaine. Au contact du public, chacun d’entre eux tentera d’insuffler cette prise de conscience en présentant leurs produits 100% polynésiens.
Parmi eux, Nolwenn, qui du haut de ses 19 ans, vend déjà ses propres chapeaux, “Je tisse des chapeaux de manière traditionnelle avec du pae’ore. C’est ma grand-mère qui m’a appris à les fabriquer de cette manière et ce salon est un bon moyen de montrer notre travail et que nous pouvons nous passer de tous ces chapeaux de paille importés”. Même son de cloche pour Wilfried Tehuitoa, qui a fait le déplacement depuis Raiatea pour faire la promotion de ses constructions faites à base de bambous polynésiens. “Le bambou est un produit trop peu travaillé en Polynésie, alors qu’il en pousse énormément de manière naturelle, surtout sur les îles Sous-le-Vent. Celui que l’on trouve dans les magasins, il vient de Thaïlande ou encore des Philippines, c’est une aberration”, souligne l’artisan, “le vrai souci c’est que maintenant, le tissage du bambou se perd, alors qu’avec on peut fabriquer des terrasses, des cloisons ou même des planchers”.
 
Réduire les importations en Polynésie
 
La Polynésie, malgré une légère baisse depuis les dix dernières années, reste très dépendante de ses importations. Le secteur du prêt-à-porter, des bijoux ou encore des plantes ne font pas exception. Avec l’organisation de ce salon, les organisateurs souhaitent faire prendre conscience au plus grand nombre qu’une alternative locale existe pour la plupart de leurs achats. Le fret maritime étant également une très grande source de pollution mondiale, cet événement s’immisce aussi dans une démarche de transition écologique. “La journée de samedi sera expressément dédiée au thème de l’environnement” nous précise Teura Iriti la maire de la ville, présente pour le lancement de l’exposition.

 

Rédigé par Thibault Segalard le Lundi 5 Décembre 2022 à 17:04 | Lu 844 fois