Tahiti Infos

4 ans ferme pour le triple homicide involontaire de Papara


Tahiti, le 24 mai 2022 – Un peu plus de trois ans après un terrible accident de la route qui avait coûté la vie à une jeune femme et ses deux enfants à Papara, le conducteur du véhicule, également père et mari des victimes, a été jugé devant le tribunal correctionnel mardi. L'homme, qui conduisait ivre et sans assurance, a été condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis.
 
Le tribunal correctionnel a jugé mardi un homme de 32 ans poursuivi pour des faits d'homicides involontaires, de conduite sous l'empire d'un état alcoolique et de défaut d'assurance. Dans la soirée du 28 octobre 2019, le prévenu avait pris la route avec sa compagne et leurs deux enfants, âgés de deux mois et deux ans. Complètement ivre et sous l'emprise du paka, le père de famille avait perdu le contrôle de sa voiture qui avait percuté un rocher avant de s'écraser, à l'envers, dans un champ à Papara. Arrivés sur place, les pompiers n'avaient pu que constater l'horreur de la scène, le bébé de deux mois ayant en effet été projeté dans le capot de la voiture. Malgré les tentatives de réanimation, la mère de famille et ses deux enfants, qui ne portaient pas de ceintures, avaient été déclarés morts sur place.
 
Hospitalisé durant une semaine, le conducteur du véhicule avait finalement été présenté devant un juge d'instruction dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour homicides involontaires. Face au magistrat, le père de famille avait changé de version à plusieurs reprises en finissant par affirmer qu'il avait perdu le contrôle de sa voiture car sa concubine lui avait porté un coup au visage. Placé sous contrôle judiciaire au terme de son interrogatoire de première comparution avec l'interdiction de conduire, le prévenu avait été contrôlé quelques mois plus tard au volant d'une voiture. De ce fait, il avait été placé en détention provisoire.
 
Condamnation ferme
 
C'est donc détenu que le père de famille, qui s'est remis en couple depuis les faits, a comparu devant le tribunal correctionnel mardi. Peu loquace à la barre, l'homme a réaffirmé que son ex compagne lui avait donné un coup au visage juste avant que l'accident ne se produise. Alors que le prévenu assurait qu'il n'avait jamais frappé sa compagne, avec laquelle il entretenait une relation houleuse sur fond d'alcool, le président du tribunal lui a rappelé que leurs proches avaient, au contraire, expliqué que la victime avait souvent subi des violences de la part de son compagnon qui était un homme jaloux. Entendue à son tour, la mère et grand-mère des victimes, a exprimé le souhait que son ancien gendre soit "fermement condamné". Tel qu'elle l'a rappelé à la barre, la vieille dame s'était rendue sur les lieux de l'accident le soir du drame et avait vu sa fille "écrasée sous la voiture".
 
En défense pour les proches des victimes, Me Robin Quinquis a déploré lors de sa plaidoirie que le prévenu se soit comporté de cette manière en faisant "tout ce qu'il ne fallait pas faire". L'avocat a cependant indiqué que ses clients étaient "conscients" que le prévenu avait perdu sa compagne et ses enfants. Plus ferme à l'encontre de l'intéressé, le procureur de la République a quant à lui dénoncé les "déclarations évolutives" de ce dernier qui, en mettant sa femme en cause, avait tenté de s'"exonérer de ses responsabilités". Le représentant du ministère public a finalement requis quatre ans de prison dont un an avec sursis.
 
Dernière à prendre la parole pour défendre le père de famille, Me Eftimie-Sptiz a commenté une "affaire particulière" dans laquelle son client a perdu "toute sa famille en quelques secondes". Alors que l'homme s'était montré assez froid à la barre, l'avocate a assuré qu'elle l'avait vu, maintes fois, s'"effondrer". Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel est allé au-delà des réquisitions du procureur en condamnant le prévenu à cinq ans de prison dont un avec sursis assortis du maintien en détention.
 

La carcasse de la voiture après l'accident.
La carcasse de la voiture après l'accident.

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 24 Mai 2022 à 16:57 | Lu 2667 fois