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35 kilos de viande de tortue découverts dans un bateau



PAPEETE, le 28 février 2019- Lors d’un contrôle samedi dernier, la direction régionale des douanes de Polynésie française a mis la main sur 35 kilos de viande de tortue congelée. Ils ont ensuite trouvé 84 litres de Komo au domicile des propriétaires de la viande de tortue.

Samedi dernier, en début d'après-midi, les agents de la brigade de surveillance douanière ont contrôlé un navire au quai des caboteurs de Motu Uta à Papeete en provenance des Tuamotu. Ils c Ils ont aussitôt identifié les propriétaires de la viande et sont ensuite allés à leur domicile.

Arrivés au logement des contrevenants, les agents des douanes découvrent 84 litres d'alcool frelaté (komo puaka) contenus dans deux fûts en plastique. Cet alcool était destiné à être vendu dans le quartier de Arue.

« Malgré les campagnes de prévention auprès du grand public et les amendes élevées que risquent les braconniers, la chasse à la tortue ne semble pas faiblir dans nos îles », regrette la Direction régionale des douanes de Polynésie française.

Pourtant, depuis 1971, le gouvernement de la Polynésie française s’est doté d’outils juridiques de protection des tortues marines. Toutes les espèces de tortues marines fréquentant les eaux polynésiennes sont désormais protégées. Depuis 1990, “sont interdits : le transport, la détention, la collecte des œufs de tortues marines, la capture à terre ou en mer, la taxidermie, la commercialisation, l’importation et l’exportation de toute tortue marine”.

La tortue verte, la plus prisée pour sa chair

La vente de la chair de tortues se fait sur le marché noir. Il est donc difficile d'évaluer réellement ce phénomène. « On manque totalement d’informations sur le braconnage. On a des témoignages qui indiquent qu'il y a encore du braconnage dans les îles éloignées mais on ne sait pas dans quelle proportion le braconnage persiste », note Matthieu Petit, responsable de la clinique des tortues de l'association Te Mana o te Moana. En 10 ans, 400 tortues sont passées par la clinique des tortues. 50 % d'entre elles avaient été blessées par l'homme.

En Polynésie française, cinq espèces de tortues marines sont présentes : la tortue caouanne, la tortue imbriquée, la tortue luth, la tortue olivâtre et la tortue verte. Les tortues vertes et les tortues imbriquées sont les plus souvent rencontrées au fenua. Mais la chair des tortues imbriquées n'est pas comestible ce sont donc les tortues vertes qui sont le plus prisées par les braconniers.


Un marché lucratif

La technique utilisée par les braconniers pour capturer leurs proies est bien rodée. Le braconnage le plus organisé a lieu sur les lieux des zones de ponte quand la tortue remonte femelle remonte à la surface. Elle est attachée à la surface de l'eau afin d'attirer les mâles et les capturer.
La viande de tortue reste très prisée des Polynésiens qui seraient prêts à débourser entre 4 000 et 9 000 Fcfp pour en acquérir un kilo, sachant qu’un animal de taille adulte peut peser jusqu’à 70 kilos. En moyenne, une seule tortue rapporterait environ 120 000 Fcfp aux braconniers.


Du sacré à la réglementation

Dans la mythologie polynésienne, la tortue marine tient une place importante dans les mythes et légendes locales. Elle est ainsi décrite comme un animal sacré créé par Tumoana - Urifa et son épouse Rifarifa, premier habitant de l’île de Raiatea, berceau de la civilisation polynésienne. Les tortues étaient considérées comme l’émanation des puissants dieux de l’océan.
La tortue, bien que sacrée, était pêchée et consommée selon des rites particuliers, et respectée de part sa fragilité. La tortue était consommée partout, mais pas par tout le monde. Aux Tuamotu, seuls les anciens y avaient droit, alors que dans les autres archipels c’était le menu des familles royales (Ari'i). Il était interdit de consommer cette chair pour les autres (tapu), sous peine de mise à mort. Cet interdit religieux a été levé par le roi Pomare V dans les années 1890, sous la pression des missionnaires et avec l’arrivée du catholicisme.
Ainsi, avec la levée du tapu, la consommation de tortue devint populaire et coutumière, répondant à l’attrait des Polynésiens pour cette viande. Devant cet accroissement de la demande, les Polynésiens ont modifié leurs techniques traditionnelles de pêche, et sont passés d’une technique à mains nues ou une tortue sur dix était pêchée, à des techniques plus productives, plus rentables. Celles- ci (fusil, appât par les femelles, braconnage des nids...) menaçant d’impacter fortement la population des tortues ont conduit à une modification de la législation.




Rédigé par () le Jeudi 28 Février 2019 à 09:42 | Lu 2407 fois





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