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11 ans de prison pour le meneur des "braqueurs de supérettes"


Gustave T., le "cerveau" de la bande
Gustave T., le "cerveau" de la bande
Le mot « gang », entendu au cours de l’audience du tribunal correctionnel, n’est pas tout à fait adéquat. Les quatre prévenus jugés ce mardi formaient une bande désorganisée, mais suffisamment décidée pour commettre 4 braquages, dont 3 à main armée, dans des épiceries et supérettes de Papeete et Pirae, en juin 2010, pour un dérisoire butin de quelques dizaines de milliers de francs.

Au total, 4 épiceries auront été les victimes de cette bande, à quelques jours d’intervalle, à la mi-juin 2010 : le magasin Léogite à Pirae le 11, Chez Roger Sienne le 15, et enfin les épiceries Loti et Vaiaa le 17. Trois attaques sur 4 ont été perpétrées avec un pistolet à grenaille. Et les braqueurs n’ont pas hésité à s’en servir : ils ont fait feu sur un épicier qui refusait de leur livrer le contenu de sa caisse, le blessant à deux reprises.

« Si au lieu d’être armés d’un pistolet à grenaille… imaginez les dégâts si ça avait été un calibre 12 ! » a insisté l’avocat de la partie civile, avant de détailler l’impact de cette attaque sur deux de ses clients, les propriétaires de l’épicerie Loti, âgés de 78 ans. « Ils ont peur. Ils souffrent du syndrome de l’employé de banque, l’image est de circonstance ».

L’avocat a longuement insisté sur « l’extrême gravité » des faits. « Il ne s’agit pas bien sûr de braqueurs de banque, mais bien de voyous de quartiers » a appuyé l’avocat de la partie civile, en référence au hold-up de deux agences bancaires qui a marqué l’actualité du Fenua la semaine dernière. Des « voyous » qui ont visé une de leurs victimes au thorax…


Evadé, Gustave a vécu près de deux mois à l'hôtel Tahiti Nui

11 ans de prison pour le meneur des "braqueurs de supérettes"
A l’origine de cette attaque, un homme de 29 ans, Gustave T. Manipulateur, « dangereux » selon les mots du procureur, il su convaincre ses complices de revenir sur leur version des faits afin de le dédouaner de toute responsabilité. Pourtant, tout l’accable. Les témoignages des victimes, qui ont reconnu son visage, ou sa silhouette. Les caméras de vidéosurveillance, qui révèlent une tâche sur le mollet gauche. Or Gustave est tatoué. Ou encore son casier judiciaire : il a déjà purgé une peine de 8 ans de prison ferme pour viol.

Depuis son arrestation, Gustave s’est en outre « illustré » à plusieurs reprises. En grande partie à cause de son évasion et de sa cavale qui aura duré 51 jours. Alors qu’il était entendu en garde à vue à la DSP, il avait réussi à déjouer la surveillance des policiers, était sorti en courant de la DSP et s’était caché pendant près de deux mois. Mais « pas dans les bois » ironise la présidente du tribunal, qui rappelle que Gustave avait pris une chambre à l’hôtel Tahiti Nui, avenue du Prince Hinoi.

Malgré les dénégations de ses complices, le Parquet voit en Gustave le « cerveau » de l’affaire. « Il dicte encore la loi, on le voit », résume le procureur de la République, qui a requis une peine de 11 ans de prison à son encontre. Il a demandé des peines allant de 2 à 6 ans d’enfermement envers ses complices, Joseph P., Glenn T. et Manarii R. Tous présentent des profils similaires à plusieurs égards : déscolarisés - certains depuis la 6ème -, oisifs, consommateurs d’alcool et de cannabis, ils semblent résignés sur leur sort. Le plus jeune n’a que 18 ans.

Mise à jour mardi 15H30 : Gustave T. a été condamné à 11 ans de prison pour ces braquages, et à un an pour son évasion. Joseph P. écope d'une peine de 6 ans de prison ferme. Les deux hommes sont également tenus de verser conjointement la somme de 800 000F à chacune des deux parties civiles. Enfin le tribunal a condamné Glenn T. et Manarii R. à une peine de 3 ans d'incarcération, dont 18 fermes, assortie de deux ans de mise à l'épreuve.

le Mardi 10 Janvier 2012 à 13:07 | Lu 2142 fois